Aimer le travail, fuir le pouvoir : la Michna 3 de Pirké Avot
Comment se tenir face aux autorités : nécessité du rapport, vigilance, et écoute de sa propre conscience.
Rav Shaoul David Botschko
Ensuite : Pirké Avot 1, 11 : le danger des paroles, 45 min
En bref
Le Rav Shaoul David Botschko commente la Michna des Avot (chapitre 2, mishna 4 et suivantes) : il faut être prudent envers les autorités, dont on ne peut pourtant se passer, et les respecter pour leur fonction. Il explique le principe « fais Sa volonté comme la tienne » : il ne suffit pas d'accomplir les mitsvot, il faut faire en sorte que la volonté d'Hachem devienne la nôtre, à travers l'étude et la conscience, comme le fit à l'inverse Bil'am. Il développe enfin l'importance de ne pas se séparer de la communauté, notamment dans la prière, et l'idée que l'étude de la Torah avance avec nous jusqu'au dernier jour.
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Mettez déjà la Michna, comme ça ça va commencer sur les… sur les ouvrages. Voilà. En montant, c'est bon ? Voilà. Alors d'abord, excusez-moi de ce retard: l'ordinateur n'a pas voulu fonctionner, on en a trouvé un autre. Voilà. Alors on était au deuxième chapitre, troisième Michna.
Havou zehirin baRachout, she'éin mekarvin lo la'adam éla litsrakhéhem, nir'im kéohavim bish'at hana'ato, ve'éin omdim lo la'adam bish'at dohkko. Le mot Rachout veut dire autorisation. Rachout, ce sont les autorités qui ont l'autorisation, l'avenir sur la population. Et il faut être très prudent avec eux.
Voilà, ils s'approchent de l'homme, mais ils s'approchent de l'homme pour leur propre intérêt. Il semble, comme s'ils vous aimaient, parce qu'ils ont besoin de vous. Mais un homme dit: quand il est dans la difficulté, ils ne sont pas là pour l'aider.
Cette Michna vient juste après la Michna 2, où on avait vu: Vekhol hamélakhim ima tsibour yihyou lishem Shamayim. Tous ceux qui s'occupent de la communauté doivent le faire pour l'amour du Ciel. Effectivement, les politiques, c'est ça, Rachout, ce sont les hommes politiques. On a besoin des hommes politiques. Un pays ne peut pas vivre sans Rachout. Maintenant, lorsque ces hommes politiques travaillent pour le Ciel, c'est formidable. Mais lorsqu'ils travaillent pour eux…
Eh bien, ils s'approchent de vous lorsqu'ils ont besoin de vous. Comme on dit, avant les élections, les murs parlent; et après les élections, vous parlez aux murs. Ils ne sont plus là. Pas tous sont comme ça, mais nos commentateurs l'ont déjà ressenti.
Le Bartenoura explique que cette Michna s'applique à ceux qui s'occupent de la communauté. Ils sont bien obligés d'avoir un rapport avec les autorités, parce qu'on a besoin des autorités pour des budgets, pour ceci, pour cela, etc. Alors il dit: soyez prudents.
Le Tossefot Yom Tov, un peu plus loin, dit… Le Bartenoura écrit: bien que vous ayez besoin d'avoir un rapport avec les autorités, Zé kiyém sheb'ze amar Shmaya, dans ce cas-là, c'est une grande mitsva d'avoir un rapport avec eux. Il faut faire attention, mais c'est une nécessité.
Le Maharal … Mardoché, bien sûr, a dû avoir des rapports avec les autorités de l'époque, avec Assuérus, pour sauver les enfants d'Israël. Les commentateurs ont compris qu'on ne peut pas prendre une Michna, une phrase isolée, et la prendre de manière absolue. Il n'y a pas d'absolu. C'est un élément. Faites attention.
Ce n'est pas marqué qu'il ne faut pas avoir de rapport avec le Rachout. Ouvdou hirin, soyez prudents. Ne croyez pas toutes leurs promesses, parce que parfois ils promettent, mais ils ne se sont pas engagés à respecter leurs promesses. Donc il faut faire attention. Mais ça ne veut pas dire qu'il ne faut pas avoir de rapport avec eux, parce que c'est une nécessité.
Maintenant, on va dire quand même quelque chose pour ces personnes-là. Les Rachoutim, finalement, ce sont aussi des personnes, ouskim betsorekh tsibour, qui s'occupent des besoins de la communauté. Et d'une certaine manière, on doit aussi les respecter.
La Guemara nous enseigne: il y avait un roi, Akhav, qui était très, très méchant. Et le prophète Eliyahou devait le respecter, parce qu'il représentait l'autorité. Comme quoi toute autorité est quelque chose qui est donné par HaKadosh Baroukh Hou, d'une certaine manière. Et ces gens-là ont une grande importance, parce qu'aucune société ne peut fonctionner.
Vous savez, les enfants d'Israël, au temps de Chmouel, ont demandé un roi. Ils ont demandé une autorité parce qu'ils ont compris que s'il n'y avait pas d'autorité, on allait continuer d'être des tribus qui font parfois des alliances les unes avec les autres, et parfois se combattent les unes les autres. Il n'y a pas d'unité pour pouvoir s'occuper d'un État tout entier, d'une défense, de tout ce qui est nécessaire.
Donc il faut faire très attention lorsque l'on critique les autorités. Il faut être prudent, mais d'un autre côté, il faut aussi savoir que d'après la halakha, il faut les respecter, parce que sans eux… Une autre Michna nous dira: Im éin kémah, éin kémah. Dans la Michna, on a vu plus tard: Ein kémah… Ilou la yireh'a. Quand il n'y a pas de crainte de l'autorité, un homme avalerait son prochain tout vivant.
Donc, à la fois, soyons prudents, mais à la fois, disent les commentateurs, n'exagérons rien. Mais Aya omer ? On a toujours les paroles de Rabban Gamliel, le fils de Rabbi Yehouda HaNassi. Aya omer ?
Dans la même Michna, nous avons un autre passage. Al tifrosh min hatsibour. On va tout lire, et puis ensuite on va tout traduire, ensuite on va expliquer morceau par morceau. Vehal tamin bashméka ad yomotéka. Vehal tadin ét hévéro ad shetagia limkomo. Vehal tomar davar shéyéé éfshar lishmoa, shesofo lishama.
Mal tomar lékhapan, shémaléd shéhénéhénu. Traduction. Il disait, c'est Rabban Gamliel, fils de Rabbi Yehouda HaNassi: Assé retsonó kirtsonékha. On va expliquer après: fais Sa volonté comme la tienne, afin qu'Il fasse ta volonté comme la Sienne. Qu'est-ce que ça veut dire ? On va voir. Assé retsonó kirtsonékha: annule ta volonté devant la Sienne, afin qu'Il annule la volonté des autres devant la tienne.
Hillel dit: ne te sépare pas de la communauté. Elle ne croit pas en toi jusqu'au jour de ta mort. Et ne juge pas ton prochain jusqu'à ce que tu arrives à sa place. Et ne dis pas des choses qu'il ne faut pas que les gens entendent, en secret, je te dis juste à toi. Ce qui ne peut pas être entendu, il ne faut pas le dire. Ne dis pas: lorsque j'aurai du temps, j'étudierai. Peut-être que tu n'auras jamais le temps.
Il y a énormément de choses dans cette Michna. Alors on va commencer par le commencement. Le Rav Eytan Fiszon a fait un lien entre cette Michna et la Michna précédente. Après nous avoir dit qu'il faut être méfiant par rapport aux autorités, on nous dit: Assé retsonó kirtsonékha, fais Sa volonté comme la tienne. Et puis ensuite, on nous dit: Batel retsonkha milfné retsonó, annule ta volonté devant la Sienne.
Il faut comprendre qu'il y a ici un enseignement extrêmement important. On ne nous dit pas: fais les mitsvot, et HaKadosh Baroukh Hou te donnera ce que tu veux. Si tu fais les mitsvot, eh bien, voilà, Hachem va faire ta volonté. Un bon système: moi, je vais faire kashrout, je vais faire Chabbat, je vais même être honnête, je vais faire pas mal de choses qu'il faut faire, et puis comme ça, il va faire ma volonté, j'ai envie d'avoir un bel appartement, il va me donner un bel appartement.
Ce n'est pas de ça qu'il s'agit. Il ne s'agit pas de l'acte, il s'agit de la volonté. La Michna nous dit: Assé retsonó kirtsonékha, fais que la volonté de Dieu soit ta volonté. Pas seulement tes actes. Et c'est tout le malheur qui a eu lieu avec le prophète Bilaam. Bilaam, lorsqu'on écrit le texte dans la paracha de Balak, a l'air d'être un type super religieux. Il dit: je ne ferai que ce que Dieu …
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