Pirké Avot 1:5 : ne pas trop parler avec la femme
Le Rav explique la mishna sur la parole avec l'épouse et propose une lecture alternative : éviter le badinage, non la conversation.
Rav Shaoul David Botschko
Ensuite : Mishna 2 : la tête flottante et le juste jugement, 45 min
En bref
Le Rav Shaoul David Botschko commente la Michna de Pirkei Avot (Yossi ben Yohanan) sur la conversation avec la femme : il explique que l'interdit porte sur la parole frivole (sikha) et non sur le dialogue sérieux avec son épouse, qui est le lieu naturel de confidence et de conseil. Il examine ensuite la règle « Assé lékha rav » (te donner un maître) : il faut certes un maître et une tradition, mais l'homme garde son jugement et sa responsabilité, et les avis halakhiques se nuancent entre Maïmonide et Nahmanide. Il conclut par la nécessité de juger autrui favorablement, en regardant l'ensemble d'une personne plutôt que sa seule faute.
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On était à la Michna, si je ne me trompe pas, au Vav. On était donc à la Michna au milieu. On va reprendre cette Michna.
On a fait la moitié de la Michna, on n'a pas terminé la Michna. Alors, la deuxième partie, c'est le deuxième enseignement de Yossi ben Yohanan, Ich Yerouchalayim, après avoir dit… après avoir dit…
Eh bien, la Michna nous dit: ne parle pas trop, pas trop de conversation avec la femme. On a dit cela à propos de l'épouse. Mais je ne sais pas comment mettre ça pour que je ne voie pas… ça me cache le texte, les personnes qui sont de côté. Je ne sais pas comment ranger ça. Bon.
C'est avec sa femme que ça a été dit, à plus forte raison avec la femme de son prochain. Tant que l'homme parle beaucoup avec la femme, il amène du malheur sur lui. Il s'annule à l'étude de la Torah et finalement il va aller en Guehinom.
Quelle horreur, cette Michna. Elle pose plein de questions, on va quand même en parler. Après, là, il n'a pas le droit de parler avec sa femme ? C'est vraiment très bizarre. Alors avant, on va expliquer. D'abord, on va dire ce que dit le Bartenoura, et ensuite on va ajouter, et expliquer un petit peu autrement. Ok.
Alors, d'abord, d'où sait-on que celui qui a dit ça a parlé de sa femme ? Eh bien, il y a une raison: ce n'est pas écrit Al tanbé sikhaïm ichah, mais Al tanbé sikhaïm ha-ichah. Or ha-ichah, c'est la femme. Qui ? La femme, c'est notre épouse. Alors, kakha.
Je vais dire un petit peu le Bartenoura. Il y a eu beaucoup de discussions avec la femme. Les sages ont appris à dire que tout le temps que l'homme a beaucoup de discussions avec la femme, la Guemara le dit lui-même: le tsadik est écrit. Alors, explique le Bartenoura. Je trouve que c'est une explication, mais je trouve que c'est bizarre aussi: comment il amène du mal parce qu'il a parlé avec sa femme, avec une femme ?
Que l'homme raconte à sa femme ses histoires, car il raconte. Il raconte ce qui lui est arrivé au travail: on m'a parlé comme ça, etc. Et au lieu de calmer le jeu, elle lui dit: « Quoi ? C'est comme ça qu'il t'a parlé ? Faut pas se laisser faire ! » Ouais, ouais, ouais, ok ? Comme Korah qui a raconté à Moïse qu'on avait donné du kavod à d'autres qu'à lui. Béréchit a amené son mari à la dispute.
Donc, première explication: tu ne racontes pas tout ce qui t'arrive au travail, ou tout ce qui t'arrive, parce qu'au lieu de calmer le jeu, les femmes vont exciter, et ça va être terrible.
Autre explication: celui qui raconte qu'il a été humilié, eh bien, elle aussi l'humilie. Zeh gorem, rahal et atzmo. Alors il s'amène un malheur à lui-même. Il aurait mieux fait de se taire que de raconter ce qu'on lui a fait. Et ensuite, comme il parle trop, il n'a pas le temps d'aller au Beit Hamikdach et d'étudier la Torah.
Voici l'explication du Bartenoura. Alors, déjà, la semaine dernière, j'ai fait allusion à une compréhension différente de la Michna. Parce qu'expliquer qu'on n'a pas le droit de parler avec son épouse: avec qui va-t-on parler ? Ce n'est pas avec son épouse. Son épouse, avec qui va-t-elle parler ? Si ce n'est pas avec son mari. Il faut donc faire très attention. La Michna n'a pas dit lo al tedaberim ichah, ne parle pas avec la femme.
Même avec sa femme, on peut parler autant qu'on veut. Avec les autres femmes, il faut bien entendu faire attention, garder la distance, garder la tsniout, garder la pudeur. Avec sa femme, on peut parler. Ce qu'il ne faut pas faire, c'est tarbé sikha. Sikha, j'expliquais, c'est la discussion frivole: parler de choses pas vraiment belles.
De ces choses-là, al tarbé sikha, même avec sa propre femme, il faut avoir une langue propre. Parce que si on se laisse entraîner à des paroles qui ne sont pas propres, cela nous amène des malheurs. Et c'est ainsi qu'on ne va plus étudier la Torah. On est dans le monde des bêtises.
Et c'est ainsi que cela amène des malheurs, que cela nous annule de la Torah, etc. Mais parler avec sa femme de choses sérieuses: quelqu'un qui a un souci, avec qui va-t-il le partager ? Ce n'est pas avec son épouse. Et pourquoi son épouse lui donnerait-elle un mauvais conseil ? Peut-être qu'elle va lui donner un bon conseil, elle va lui dire: « Ferme-toi, ce n'est pas si grave, on ne fait pas une histoire. » Les femmes sont souvent très intelligentes, elles comprennent ce qu'il faut faire.
La Torah nous dit que Sarah avait encore plus de prophéties qu'Abraham notre père. Et par conséquent: Chema bekolah, kol Sarah chema bekolah. Tout ce que Sarah dit, écoute sa voix. D'où l'on apprend que Sarah avait un niveau de prophétie supérieur à celui d'Abraham notre père. Alors…
Ce qui est le plus difficile pour moi dans cette Michna, c'est comme si sa femme et les autres femmes, c'était la même chose. Or ce n'est bien entendu pas la même chose. C'est la même chose, ou presque, lorsqu'on parle de paroles frivoles, et ce n'est pas bien du tout. Mais lorsqu'on parle de paroles sérieuses, avec son épouse on peut parler autant qu'on veut, et avec les autres il faut garder la distance.
Même si on a respecté les lois du yihoud, qu'on n'est pas dans une situation d'isolement, il faut éviter d'avoir une familiarité excessive avec les autres couples. On doit garder notre intimité pour nous.
Voilà ce qu'on peut dire sur cette Michna, enfin, cette deuxième partie de la Michna, que nous avions commencée la semaine dernière. Maintenant, on va passer à la Michna suivante, qui est extrêmement importante, et on va peut-être passer un peu plus de temps que ce qu'il nous faudrait normalement pour l'expliquer. Yehoshoua ben Perahia et Nittaï HaArbéli: deux grands sages qui ont reçu de leurs prédécesseurs.
Yehoshoua ben Perahia dit: Assé lekha Rav, fais-toi un maître; ouknè lekha 'haver, acquiers-toi un ami; véhavé dayan et kol haadam lekaf zekhout, et juge tout homme de manière favorable. Trois enseignements dont chacun mérite un cours entier. Alors on va commencer par Assé lekha Rav.
Assé lekha Rav, on va voir tout à l'heure, dans le partenariat et chez les commentateurs, que ce n'est pas ce que la plupart des gens comprennent. La plupart des gens comprennent: choisis-toi un Rav et puis suis-le, tout ce qu'il te dit. Il te dit de faire comme ceci pour Chabbat, comme cela pour Yom Tov, tu l'écoutes. Tu choisis un Rav,
et même si tu ne trouves pas toujours logique ce qu'il te dit, tu n'as pas à demander à quelqu'un d'autre: c'est ton Rav, on le suit, on le respecte. Et l'on rapporte un midrash de nos sages …
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