Teroua, amitié et épouse : le Zohar sur le Shofar
Le Zohar fait de la teroua du Shofar la marque de l'amitié entre Dieu et Israël, son épouse.
Rav Yoël Benharrouche
Ensuite : Israël, premier-né de la pensée divine, 54 min
En bref
Le Rav Yoël Benharrouche explique le sens de la teroua, le son du shofar à Roch Hachana, qu'il présente comme la marque de l'amitié et du lien intime entre le Créateur et le peuple d'Israël. Il développe à partir du Tehillim 89 et du Zohar que ce lien se vit pleinement sur la terre d'Israël, dont l'air transmet une sagesse liée à la lumière divine. Il montre enfin que Roch Hachana renouvelle la structure de l'année entière, et que l'homme y est associé à l'achèvement de la création.
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Continuons donc notre cours. Étant donné que nous sommes dans la période de Roch Hachana, il est très important de poursuivre notre développement, bien entendu en restant fidèles au caractère kabbalistique de la fête. Parlons justement de Roch Hachana, qui est au cœur du sujet, puisqu'il s'agit de la matrice de l'année.
Cette matrice contient et comporte toute l'année. Il est donc important de savoir comment se comporter pendant cette matrice, qui va durer 48 heures. Nous avons un texte du roi David qui nous concerne, parce qu'il traite de ce qui se passe lors de la mitsva du jour.
C'est le shofar. Nous avons une mitsva ce jour-là: entendre le shofar, et comprendre la profondeur de ce qui se passe au moment de la sonnerie. Je vous rappelle que c'est la seule mitsva de la Torah pour cette journée: la mitsva du jour, c'est le shofar. Pour comprendre un peu plus les choses de l'intérieur, nous allons reprendre le verset du Tehillim de David, concernant ce passage du Zohar, qui va développer tout ce dont nous sommes en train de parler concernant la techouva et la teroua d'une manière générale.
Le son du shofar dans la Torah, concernant Roch Hachana, s'appelle teroua. Une fois, il s'appelle Zikhron teroua, souvenir de la teroua, souvenir actif. Et une autre fois, il s'appelle Yom teroua, c'est-à-dire le jour même où l'on va manifester cette teroua. La teroua est donc un synonyme intérieur, secret. Il faut d'abord savoir la traduire. Que veut dire le mot teroua ? Au-delà de toutes les traductions que vous avez sûrement entendues, je vous propose une nouvelle traduction, celle du Zohar.
Dans le Zohar, la teroua parle de l'amitié entre HaKadosh Baroukh Hou et le peuple d'Israël. Ma'an achai ver re'ai, re'out. Re'out veut dire l'amitié, comme dans un mariage. Ahava, vachva, shalom, ver re'out. Re'out, donc teroua. La teroua n'est donc pas un son superficiel, avec la sonorité que nous connaissons, mais en plus de cela, elle est la marque du lien d'amitié entre le Créateur et le peuple d'Israël, censé recevoir ce flux. Il y a ici une marque d'amitié, une preuve d'amitié par la teroua.
Dans notre cours, la teroua va donc se traduire comme la fraternité. Achai veréhai, mes frères et mes amis, par rapport à ce lien qui nous unit à l'infini.
Le cours s'appelle Ashrei ha'am yod'é teroua. D'un côté, on peut traduire: « Heureux soit le peuple qui se connecte et qui connaît la teroua », c'est-à-dire qui connaît cette amitié, qui reconnaît le lien entre lui et le Créateur. D'un autre côté, je peux traduire ashrei comme « celui qui met à chair », c'est-à-dire « celui qui certifie ». Le peuple certifie donc la connaissance de la teroua. Nous sommes le peuple qui certifie, par son être, par sa vie, le lien avec l'infini. Tout simplement parce que nous vivons de cet infini.
Le fait de vivre de cet infini est la plus grande des preuves que nous réalisons cet infini, par notre propre vie. Je ne parle pas de connaissance, je ne parle pas d'intelligence, je parle de quelque chose de très primitif: la vie. Je vis de son être, donc je le certifie par mon être. Et il y a là quelque chose de plus. Le peuple reçoit le divin et le certifie, mais il connaît aussi, yod'é, au sens d'une connaissance. Pas seulement une connaissance extérieure, même si celle-ci est vraie aussi, mais une connaissance au sens biblique, c'est-à-dire une connexion intime.
Nous sommes donc dans cet acte intime, où l'Infini béni soit-Il fait entrer en nous de la vie qui va circuler, en nous et à travers nous, sur le monde entier. Ce que nous faisons à Roch Hachana ne touche pas seulement Israël, mais les nations tout entières. Et pas seulement les nations: le monde animal, le monde végétal, toute la création, jusqu'aux minéraux. Le peuple d'Israël est donc tout sauf un peuple égoïste.
À Roch Hachana, pendant la matrice du temps telle que nous l'avons définie tout à l'heure, on se préoccupe de renouveler le lien entre Dieu et toute Sa création. Cela se fait toutes les années. Le peuple d'Israël a la connaissance de ce secret, de ce lien, qui a lieu d'une manière très précise, à des heures bien connues d'Israël: on sait que Roch Hachana va rentrer vers 6h45 à peu près, et sortir vers 7h, deux jours plus tard. Un jour prolongé.
Il y a ici quelque chose de très précis, qui vient d'un monde où le temps, l'espace et toutes les notions qui concernent notre monde ne sont pas effectifs, puisque chez Lui le temps n'existe pas. Pourtant, lorsqu'il se dévoile dans notre monde, ce dévoilement s'habille dans les notions de notre monde. Cela, c'est déjà en soi quelque chose d'extraordinaire: ce qui est au-delà du temps s'habille dans le temps.
Il y a donc des moments qui sont le temps terrestre, et qui sont comme des points de rendez-vous, comme des points de contact avec des valeurs infinies. À ces moments-là, l'infini et le fini se touchent, par ces instants, par ces points temporels, par ces points au niveau du territoire, et par ces points au niveau de l'âme, en l'occurrence l'âme d'Israël, qui est au courant de ce qui se passe à ce moment-là. Et qui va donc partager ces moments avec le monde entier, puisque nous sommes là en train de remettre en place la structure d'une année, une nouvelle année.
Je commence donc la lecture dans le Tehillim 89.
Au verset 16, le roi David nous dit que nous sommes le peuple qui connaît le secret de la teroua. Nous certifions donc cette teroua, cette amitié, comme je l'ai traduit tout à l'heure. Nous sommes dans la connaissance biblique de cette terminologie. La teroua est donc en nous.
Il y a d'ailleurs un verset qui dit que la teroua est en nous. Je ne l'ai pas mentionné ici, mais je peux vous le dire par cœur: Adonaï Elohav imo, Dieu éternel est avec lui, avec Israël; oumi'roua melekh bo, et la teroua du Roi, de l'univers, est en lui, dans le peuple d'Israël.
Le peuple d'Israël est donc, par conséquent, le chofar de Dieu. Dieu souffle dans le chofar qu'est Israël pour véhiculer dans le monde la vie pour une année supplémentaire. C'est clair ? Nous sommes le chofar de Dieu dans tous les sens du terme. Dieu souffle dans les narines de la nation d'Israël, le message qui donne la vie, qui diffuse la vie, qui diffuse l'amour, qui diffuse en fait le complément dont le monde a besoin pour se parfaire.
Je vous rappelle que nous sommes là pour compléter et achever la création. Dieu a laissé volontairement des parcelles non achevées, pour que l'homme devienne associé à cette action divine. L'homme, par définition le peuple d'Israël, a compris ce message. C'est d'ailleurs ce que nous sommes en train de diffuser. Nous nous mettons donc en condition pour être les meilleurs associés dans cette complétude de l'univers. Complétude qui sous-entend que nous voulons remplir notre monde, qui est vide, de la parole …
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