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Emor : la mort, le Kohen et la sainteté

Pourquoi le Kohen est protégé de la mort, et ce que signifie être kadosh.

1 h 02

Rav Nathaniel Sigoura

Ensuite : Béhar Sinaï : la chemita et l'unité d'Israël, 1 h 06

En bref

Le Rav Sigoura étudie le premier verset de la paracha Emor, où la parole divine adressée aux Kohanim reste comme suspendue, sans contenu explicite. Il présente le commentaire de l'Ibn Ezra, qui relie cette parole à la kedoucha exposée dans la paracha précédente, Kedoshim. Il explique ce qu'est être kadosh (être relié à la racine de la vie) et situe la kedoucha propre aux Kohanim dans les séphirot : le Chesed, qui découle de la Chochma d'Israël.

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Boker tov à tous. On continue notre étude sur l'hébreu biblique, et nous sommes arrivés à la paracha d'Emor. Comme d'habitude, on va analyser le premier verset. En général, dans le premier verset, il y a le mot qui va être l'âme de la paracha, le nom de la paracha. Il faut donc comprendre quelle est la signification de cette Amira, de ce Emor, de cette parole divine qui est l'âme de cette paracha. On va rentrer directement dans le texte.

Vayomer Adonaï el Moshé, Emor el Hakohanim Bné Aharon. Vayomer Adonaï el Moshé: on avait expliqué que vayomer, ou vaydaber, c'est un canal de prophétie qui s'ouvre, rempli par le dévoilement de Havaya. El Moshé, vers Moshé. Quel est maintenant le contenu de la prophétie ? Qu'est-ce que Dieu va dire ? Il va dire à Moshé: Emor el Hakohanim Bné Aharon. Emor est ici à l'impératif. Tu diras aux Kohanim, littéralement « vers les Kohanim », en français « aux Kohanim », les enfants d'Aharon.

Ve'amarta aleihem, comme d'habitude: vav conversif. Je vais vite maintenant, on connaît tout ça. Amarta est au passé, « tu as dit », et le vav conversif fait passer du passé au futur: cela devient « tu diras ». Donc ve'amarta aleihem, tu leur diras. Nefesh…

Nefesh, l'intériorité de la personne. Il y a nefesh et neshama, on va dire l'intériorité de la personne. Lo yitama. On avait étudié la racine tamé, vous vous souvenez, la dernière fois: on avait dit que tamé n'est pas l'impureté. Tamé, c'est une dimension de vie qui va être bouchée. Donc là, on va parler de la plus grande des touma, qui est effectivement la mort. La mort, c'est toute la présence de vie de la personne qui va se boucher totalement. Donc à une nefesh qui est en fait morte, dont on parle ici, lo yitama: le Kohen ne devra pas être en contact avec cette tamé, cette bouchure de vie. En gros, il ne doit pas être en contact avec la mort. Béramav, « dans ses peuples », béramim, chelo. Béramav, béramim, chelo.

Ce qui m'intéresse déjà, on va l'expliquer. En gros, la parole ici, c'est de dire que le Kohen ne doit pas être en contact avec la mort. C'est pour ça que le Kohen n'a pas le droit de rentrer dans un cimetière, pas le droit d'assister à un enterrement, pas le droit d'entrer dans une pièce où il y a un mort. Par exemple, en Israël, dans certains hôpitaux, il y a un système installé avec un panneau qui s'allume lorsqu'il y a un mort dans l'hôpital. On indique ainsi au Kohen, il y a un panneau comme ça, où il y a marqué… je ne sais plus ce qu'il y a marqué par rapport au Kohen. Et donc le Kohen sait qu'il doit quitter l'hôpital parce qu'il y a un mort. Il n'a pas le droit d'être dans un endroit, une pièce ou un bâtiment où il y a un mort.

Avant de rentrer dans le texte, j'aimerais faire une petite parenthèse là-dessus. Pourquoi protège-t-on le Kohen de la mort ? Alors pas tout à fait, parce que, dans la suite des versets, on va voir qu'il a le droit d'être en contact avec la mort si ce sont des gens proches.

C'est-à-dire ses parents, ses frères et sœurs, sa femme, ses enfants, Chaz véchalom. C'est-à-dire toutes les personnes les plus proches. Il peut évidemment les enterrer, aller à l'enterrement, etc. Mais sinon, il n'en a pas le droit. Si on fait un petit récapitulatif des choses dont on protège le Kohen, vous avez une liste très intéressante. La première chose, c'est la mort: on protège le Kohen de la mort, c'est le premier interdit des Kohanim.

Le deuxième interdit concerne la cellule familiale: le Kohen n'a pas le droit de se marier avec une femme divorcée. La troisième chose, c'est que le Kohen est protégé de la difficulté et de la souffrance de la parnassa, c'est-à-dire le fait de travailler. Il ne doit pas travailler, mais il va recevoir la téroumah. La téroumah, ce sont les prélèvements que font les Bné Israël.

Le dernier point, c'est que le Kohen n'a pas de part en Erets Israël. Qu'est-ce que ça veut dire ? Chaque tribu, parmi les douze tribus, a un territoire. La tribu de Lévi n'a pas de part dans un endroit spécifique d'Israël, elle est éparpillée.

Dans tous les Bné Israël. Elle n'a donc pas d'emprise sur la terre. Les Kohanim, on l'a expliqué, la tribu de Lévi de manière générale, ont une fonction double. Un, c'est évidemment le service du Mishkan, qui deviendra ensuite le Temple. Deux, c'est un rôle d'éducateur: les Kohanim ont pour responsabilité d'éduquer les Bné Israël. C'est pour cela qu'ils sont éparpillés. Maintenant, pourquoi le Kohen est-il protégé de la mort, ne peut-il pas se marier avec une femme divorcée, et n'a-t-il pas à travailler ?

Il y a un avantage et un inconvénient. Le Kohen est consacré à Hachem, et donc on va le mettre dans une sorte de bulle qui le déconnecte de la réalité. La réalité des hommes n'est pas le monde des Bisounours: on est confronté à de grandes difficultés. Il y a trois domaines.

Les trois difficultés, les trois domaines principaux de la vie de l'homme, ce sont la mort, le mariage et la famille, et le travail. De ces trois domaines-là, on veut protéger le Kohen. La mort, c'est clair. Pourquoi une femme divorcée ? Quel est le problème ? Une femme divorcée porte en elle une sorte de traumatisme, plus ou moins grand. Il y a une sorte de brisure. Lorsqu'une femme divorce, elle reçoit de son mari ce qu'on appelle le guet. Le guet est un document, on va dire administratif, qui va briser les liens qui la lient à son mari. Dans la Torah, le guet est appelé guet pitourin. Il y a une notion de karet, une sorte de brisure, une coupure qui se crée.

C'est très bien: le mariage ne correspondait pas, elle quitte son mari maintenant, elle peut se remarier, etc. Le problème, c'est qu'il reste une sorte de trace dans l'inconscient de cette femme. Elle porte cela en elle, et on ne veut pas que le Kohen soit en contact avec cela. C'est-à-dire qu'on ne veut pas que le Kohen soit en contact avec un mariage qui a échoué. C'est pour cela qu'il ne doit pas se marier avec une femme divorcée. Donc, dans la cellule familiale, une cellule familiale qui a échoué, peu importe à cause de qui, eh bien on veut en protéger le Kohen. C'est-à-dire qu'on le fait vivre un peu dans une bulle.

Et la téroumah, évidemment, c'est subvenir à ses besoins sans la difficulté du travail. Je vous rappelle qu'en hébreu, avoda, le travail, vient de la racine oved, avdout, qui signifie l'esclavage. Il y a donc une dimension de difficulté, d'esclavage, de dépendance dans la dimension du travail, dont on veut protéger le Kohen. D'un côté, c'est extraordinaire; de l'autre, il est un peu déconnecté de la réalité. C'est pour cela que le …

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