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Aharé Mot : la mort des fils d'Aaron et la brisure de la Shekhina

Le Rav relit la faute de Nadav et Avihou à la lumière de la Malchout et de la réparation du Mishkan.

1 h 02

Rav Nathaniel Sigoura

Ensuite : Emor : la mort, le Kohen et la sainteté, 1 h 02

En bref

Le Rav Sigoura part d'une question de structure : pourquoi la paracha Ahar Mot porte-t-elle le nom de la mort de Nadav et Avihou, survenue trois paracha plus tôt, alors que son contenu est le service de Kippour ? Il explique que cette mort, loin d'être une simple faute, s'inscrit dans le processus de réparation de la faute d'Adam Harishon : Nadav et Avihou, dont l'âme était liée à la Binah, ont voulu accomplir par eux-mêmes ce que Dieu n'avait pas encore ordonné, et leur don de soi a ouvert la voie à Yom Hakippourim pour tout Israël. Le cours se conclut par la promesse du prophète Jérémie d'une Torah inscrite dans le cœur.

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Tov, on continue notre étude sur l'hébreu biblique, Bé'ézrat Hachem. Cette semaine, nous sommes à la paracha d'Aharé Mot et Kedochim. Ce sont deux parachot, Aharé Mot et Kedochim. On va étudier le premier verset d'Aharé Mot. Dans ce cours, on explique souvent que le nom de la paracha, ou le premier verset de la paracha, est en quelque sorte l'âme de la paracha. Il y a parfois, souvent, des parachot dont le nom est très clair. Prenons la paracha de Terouma: Terouma, c'est le don que font les Bné Israël pour le Mishkan, c'est le thème de la paracha. Il y a donc une harmonie claire entre le nom de la paracha et son thème. Mais parfois, cette harmonie n'est pas évidente, et il faut approfondir pour révéler l'harmonie entre l'âme de la paracha, son nom, et les thèmes qui y sont abordés.

C'est le cas de notre paracha, Aharé Mot. Un des thèmes principaux abordés dans cette paracha, ce sont les lois du jour de Kippour: les lois que Hachem révèle à Moché et à Aharon pour leur indiquer le service divin le jour de Kippour. Beaucoup de choses reposent sur les épaules d'Aharon, le Kohen Gadol, ce jour-là. On aurait donc dû, a priori, appeler cette paracha du nom de Kippour, Yom HaKippourim, il y a plein de noms possibles. Et de manière très étrange, on l'appelle du nom d'un événement qui s'est déjà passé, il y a trois parachot, dans la paracha de Chemini, c'est-à-dire la mort de Nadav et Avihou.

Alors, on va rentrer dans les versets. Voilà le début: Vayedaber Adonai el Moché.

Un nouveau canal de prophéties s'ouvre, qu'on appelle le dibour, de Hachem vers Moché. Aharé mot chené bné Aharon, après la mort des deux fils d'Aharon. C'est assez étrange, parce que, techniquement, nous sommes déjà trois parachot après la mort d'Aharon. Oui, techniquement, cela se passe après, mais pourquoi est-il important de le rappeler maintenant ? On sait déjà qu'ils sont morts. On a étudié la paracha de Chemini, on a vu ce qui s'est passé là-bas. Apparemment, il est important de rappeler cela ici. Et le texte précise: bikrvam lifné Hachem vayamoutou. Le mot bikrvam vient de la racine karov, qui veut dire proche. On peut donc traduire ce mot par le fait qu'ils se sont approchés. Ils se sont approchés devant Hachem, et ils sont morts.

Moi, j'ai trois problèmes ici. Premier problème: pourquoi me le rappeler maintenant ? Si on veut en parler après, on passe complètement à autre chose: Vayomer Adonai el Moché, daber el Aharon Akhikha, puis « balevo bevigdé ha-kodech », c'est-à-dire tous les préparatifs du Kohen avant d'entrer dans le Mishkan, et après on va parler de Yom HaKippourim. Première question: qu'est-ce que cela vient faire ici ? C'est un peu un cheveu sur la soupe, cette histoire d'Aharé Mot, vraiment pas trop à sa place. Deuxièmement, apparemment, ce n'est pas juste technique: c'est tellement important qu'on nomme la paracha du nom d'Aharé Mot. D'accord ? D'ailleurs, c'est un petit peu étrange. La Torah est une Torah de vie, et Aharé Mot, c'est mettre en avant la mort.

Donc là, on ouvre un canal de prophéties. Ensuite, on nous précise les choses, et après, c'est tout. Le canal se referme, un nouveau canal s'ouvre, mais on ne nous précise pas quel a été le dialogue. Qu'est-ce que Hachem a dit à Moché ? Ce n'est pas précisé. On a donc trois questions. La première: pourquoi rappeler cet événement ? La deuxième: pourquoi nommer la paracha du nom de cet événement ? La troisième: quel a été le message de Dieu à Moché ?

Pour comprendre tout cela, il faut évidemment revenir à la source, revenir à la faute, a priori, de Nadav et Avihou. Reprenons la paracha de Chemini. Je vous rappelle le contexte: Chemini, c'est le huitième. Dans le Pchat, on parle du huitième jour d'inauguration du Mishkan.

Je vous rappelle que depuis la paracha de Terouma, il y a un processus qui s'est enclenché pour la création du Mishkan: Terouma, Tetzavé, Kitissa, Vayakhel, Pekoudé, Vayikra, Tzav, Chemini, Tazria, Metzora... pardon, jusqu'à Chemini. Le Mishkan, la résidence de Dieu sur terre, le lieu de la rencontre entre le Créateur et ses créatures. Cela a pris une, deux, trois, quatre, cinq, six parachot. Pour arriver à la confection, on a eu d'abord les dons des Bné Israël, ensuite la sélection des artisans, puis la construction effective, puis tous les détails, puis les ordonnances de Dieu dans Vayikra sur ce qu'on va faire à l'intérieur de ce Mishkan, les korbanot. Ensuite, il y a l'inauguration. À la fin de l'inauguration, donc le huitième jour, se produit un événement extraordinaire, que nous allons lire ici.

Vayavo Moché veAharon el Ohel Moèd. Moché et Aharon sont venus vers la tente de la rencontre. Je vous rappelle que Ohel Moèd ne veut pas dire « tente d'assignation », comme c'est traduit, mais Moèd vient de vaad, de ve'ida: c'est un lieu où l'on se rencontre. Le Mishkan est donc appelé ici la tente de la rencontre. Pourquoi une tente ? Parce qu'une tente, par définition, se monte et se démonte, c'est quelque chose de temporaire. Ce n'est pas un bayit, ce n'est pas le Beit Hamikdach, qui, lui, est un bayit, quelque chose de fixe. Le ohel est quelque chose de temporaire, mais dont la dimension est celle de la rencontre. Moché et Aharon entrent dans l'ohel moèd, vayetzeou, puis ils ressortent, vayévarkhou et ha'am, et ils bénissent le peuple.

À ce moment-là, vayéra kvod Adonai el kol ha'am, le Kavod de Hachem est apparu à tout le peuple. Qu'est-ce que le Kavod de Hachem ? On l'a vu dans une paracha précédente, il me semble que c'était dans Vayikra. Le Kavod de Hachem, c'est la Chekhina, la présence divine. Cela veut dire que ce processus a enfin abouti. On est arrivé à créer la résidence de Dieu sur terre, et la présence divine se révèle de nouveau sur terre. Pourquoi « de nouveau » ? Vous allez comprendre tout à l'heure. Vatetzé esh milifné Adonai vatokhal et ha-olah veet ha-helevim al ha-mizbéa'h. Un feu est sorti de devant Hachem, il a dévoré, il a consumé, il a mangé, littéralement, ce qui était sur le mizbéa'h, l'autel, c'est-à-dire la olah et les graisses.

Encore une fois, le mot korbanot ne signifie pas « sacrifices ». Je n'aime pas cette traduction, elle est fausse. Je vous rappelle que korban, en hébreu, vient de karov. On a expliqué que c'est l'inverse du sacrifice. En français, un sacrifice: je sacrifie mon temps, je sacrifie mon argent, c'est-à-dire je donne quelque chose de moi pour faire quelque chose de bien, très bien, mais j'ai une perte. Si je sacrifie quelque chose, je m'enlève quelque chose, on me le prend. Ça, c'est un sacrifice. Le korban, c'est exactement l'inverse. Je vais donner quelque chose à Dieu, un animal, de mon argent, des matières premières, et cet acte, ce don que je fais à Dieu, va m'approcher de Dieu, va me connecter à Dieu. Je ne vais donc …

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