Tazria : la naissance, première leçon sur la pureté
Pourquoi la paracha commence par la naissance, et ce que la Touma et la Tahara révèlent de la femme et de l'homme.
Rav Nathaniel Sigoura
Ensuite : Aharé Mot : la mort des fils d'Aaron et la brisure de la Shekhina, 1 h 02
En bref
Le Rav Sigoura explique la paracha de Tazria à partir de la fonction des Kohanim, chargés à l'époque du Beit Hamikdash de distinguer la Touma et la Tahara. Il montre que la naissance d'un enfant entraîne une période de Touma, suivie d'un processus de Tahara qui dure plus longtemps pour une fille que pour un garçon. Il conclut par l'étude du mot Tazria, de la place de la femme dans la transmission de la vie, et du rôle de la Brit Mila.
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Shalom, shalom. Bonjour à tous. On continue notre étude sur l'hébreu biblique, et cette semaine nous sommes à la paracha de Tazria. Nous sommes dans le livre de Vayikra. Je vous rappelle que Vayikra, c'est l'appel. Nous avons construit la structure, le Mishkan, qui va être la résidence de Dieu sur terre et qui va permettre la rencontre entre le Créateur et la créature. Tout le livre est un appel, qui naît du Mishkan et qui va permettre cette rencontre.
Dans cette structure du Mishkan, nous allons avoir une tribu, la tribu de Lévi. Parmi la tribu de Lévi, la famille des Kohen, qui va avoir une responsabilité très grande: d'une part travailler, évidemment, dans le Beit Hamikdash, dans le Mishkan, mais également être responsable de l'éducation du peuple d'Israël.
N'oubliez pas que la tribu de Lévi, de manière générale, c'étaient les rabbins. Ce n'est pas comme de nos jours, où chacun peut être rabbin. Je précise: il y a une différence entre rabbin et talmid hakham. Un talmid hakham, c'est un sage de la Torah, qui peut être médecin, soldat, ingénieur, hébreu, peu importe. Rabbin, c'est une fonction, c'est-à-dire qu'il y a un rôle éducatif. À l'époque du Beit Hamikdash, la tribu responsable de l'éducation des Béné Israël, c'était la tribu de Lévi de manière générale, et parmi eux, les Kohanim.
Il y avait une troisième fonction, une spécialité des Kohanim: la spécialisation dans ce qu'on appelle le domaine de la Touma et de la Tahara. Je vais traduire pour l'instant par impureté et pureté, on verra que ce ne sont pas les bonnes traductions. Ils avaient cette capacité, cette spécialité, ces connaissances et cette expertise de savoir distinguer entre la Touma et la Tahara.
Dans le monde de la Torah, ces deux domaines, Touma et Tahara, vont s'exprimer dans différentes situations. Ça peut être la rencontre avec la mort, d'accord ? Ça peut être des maladies comme la lèpre, ça peut être plein, plein, plein de choses, comme des écoulements, d'accord ? Des semences, etc. Et les Béné Israël prenaient conseil auprès des Kohanim. C'étaient même les Kohanim qui tranchaient si, parfois, il y avait des taches sur le corps qui pouvaient ressembler à de la lèpre, à quelle phase de la lèpre cela correspondait, etc. On prenait conseil auprès des Kohanim.
Dans ce contexte, nous allons voir maintenant ce qu'on avait vu dans la paracha de la semaine dernière, Chémini, à propos de la Touma et de la Tahara qui concernent les animaux. Et là, nous allons voir la Touma et la Tahara qui concernent les hommes. De manière très étrange, on aurait pu commencer par la mort, la rencontre avec la mort. La pureté, la mort, c'est très clair. Mais, de manière très étrange, on va commencer la paracha par ce qui est, a priori, le plus éloigné de la Touma, c'est-à-dire la naissance: une maman qui va tomber enceinte et qui va donner naissance à son bébé.
Alors, on va voir le verset: Vayedabber Adonaï el Moshé lémor. C'est un verset que nous avons déjà étudié plusieurs fois, je ne vais pas revenir dessus. Il y a un canal de prophétie qui s'ouvre vers Moshé, et Dieu va prendre l'habit, il va s'habiller du tétragramme pour exprimer maintenant un message. Daber, c'est l'impératif: parle. El Béné Israël, en direction des enfants d'Israël, lémor, en disant: Ishah ki tazria. Le mot ki, on l'a déjà rencontré plusieurs fois. On avait expliqué qu'il avait plusieurs traductions possibles. Ici, cela va vouloir dire « lorsque ». Donc: une femme, lorsque tazria.
Alors là, on va s'arrêter deux minutes, parce que sur ce mot, tazria, on va le décortiquer, voir la racine et surtout la structure du verbe, parce que c'est aussi le nom de la paracha. La racine de Tazria vient de Zera. Que veut dire Zera en hébreu biblique ? Il veut dire deux choses. D'abord, la semence, la graine. Ça peut être une graine qu'on plante dans la terre pour faire pousser un arbre, mais ça peut être aussi la graine de l'homme, d'accord ? La semence de l'homme s'appelle également Zera. Ça, c'est la première signification du mot Zera. Vous vous souvenez qu'on avait expliqué que chaque mot a une ambivalence. C'est le fameux Beit de Béréchit. Et le mot Zera signifie également la descendance, une descendance. En hébreu biblique, cela se dit aussi Zera.
Je vais vous montrer maintenant dans le texte. Dans le livre de Shmuel, nous avons Hanna, qui était stérile et qui va prier pour que Dieu lui ouvre sa matrice et qu'elle puisse enfanter. Et qu'est-ce qu'elle demande ? Elle a fait un neder, c'est-à-dire qu'elle a fait un serment envers Dieu. Elle l'appelle, elle active le dévoilement de Hachem Tsevaot, le Dieu des armées: si tu vois, on va dire la souffrance, littéralement la pauvreté de ta servante, elle parle d'elle-même. Il y avait une souffrance énorme chez Hanna, qui ne pouvait pas enfanter. Ouzkharteni, tu te souviendras de moi. Vélo tichkah et amatekha, tu n'oublieras pas ta servante. Véna'tata le amatekha zera anashim, et tu donneras à ta servante zera, une descendance, anashim, de hommes.
Donc, qu'est-ce que ça veut dire ici ? Anashim, il y a plein d'explications. Il y en a qui disent qu'une descendance...
D'accord ? On dit que Shmuel était plus grand que Moshé et Aharon.
Et donc on voit ici que le mot Zera signifie descendance. Dans Béréchit, on voit que le mot Zera apparaît au moment de la création des végétaux: Vayomer Elohim, tadshé ha-aretz déshé, que la terre fasse pousser de la verdure, littéralement de l'herbe, ésev mazria zera, de la plante qui va ensemencer des semences. Vous voyez ici que le mot Zera signifie de la semence, de la graine. Ets péri oseh péri, un arbre qui donne des fruits, lemin, selon chaque espèce, acher zar'o bo, qui porte en lui sa zera, qui porte en lui sa semence. Bon. Je reviendrai plus tard sur ce verset.
Donc, on revient à notre verset: une femme, lorsque tazria. Zera, on l'a dit, c'est soit la semence, soit la descendance. On pourrait peut-être dire, si on traduit par descendance, qu'elle va enfanter. Mais enfanter, c'est yalda, c'est yalad. Et tomber enceinte, c'est harah, heriona. D'accord ? Donc la racine: yod, lamed, dalet, ça, c'est enfanter. La racine he, resh, he, ça, c'est la grossesse, tomber enceinte. Alors cette racine-là, tazria ici, c'est zayin, resh, ayin. Donc on a dit semence ou descendance. Maintenant, comment traduire ? Pour traduire, il faut voir la structure. On a vu la racine, maintenant il faut voir la structure du verbe.
Le verbe ici, c'est le troisième groupe, léhazria. Le verbe léhazria appartient au troisième groupe en hébreu, qu'on appelle le hif'il, comme léhadbik, léhazkir, léhachmia, d'accord ? Et quelle est la caractéristique du troisième groupe en hébreu ? On l'avait vu dans les cours d'hébreu: faire faire une action. Qu'est-ce que ça veut dire ?
Par exemple, le verbe lichtov, au premier groupe, signifie « écrire ». Si je prends la racine de lichtov, kaf, tav, bet, et que je la …
Cours d'Orot veKelim
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