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Pekoudé : le bilan du Mishkan et le code « Ele

Le verset d'ouverture de Pekoudé, la racine « pekoudé » et les cinq couches du Mishkan.

1 h 03

Rav Nathaniel Sigoura

Ensuite : Pourquoi le livre s'appelle Vayikra, l'appel, 1 h 08

En bref

Le Rav Sigoura reprend le verset d'ouverture de Pekoudé, « Ele fekoudé hamishkan », en expliquant le code « Ele » (rupture ou affinement de ce qui précède) et la racine P-K-D, qui signifie souvenir, recensement, nomination d'un responsable ou mise en dépôt. Il montre comment le Mishkan, demeure portative de Hachem, préfigure le Beit Hamikdash. Il présente enfin, à partir de Rabbeinou Bekhaye et du Rav Kook, le calcul de la guématria du verset, qui donne les durées respectives du Mishkan, du premier et du deuxième Temple, et explique pourquoi le troisième Temple réunira la lumière collective et la lumière individuelle.

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Shalom, shalom.

Et donc nous avions vu que, si on peut résumer le livre de Chemot en deux grandes parties: la partie un, qui va de Chemot jusqu'à la paracha de Terouma, c'est la naissance du peuple d'Israël en Égypte, la sortie d'Égypte, le don de la Torah. Et nous avons une deuxième partie, qui va être sur le don de la Torah. Si on peut couper les micros. Suite au don de la Torah: Terouma, Tetzaveh, Kitissa, Vayakhel, Pekoudé. Tout ça, ça va être la construction.

Déjà, les ordres et la construction de la structure, de la résidence de Dieu sur terre. Voilà. Dieu aussi, lui, se construit… Vous parliez de construire des maisons en Israël. Voilà. Lui aussi, Dieu, il s'est construit une maison. Ça s'appelle le Mishkan, et qui deviendra le Beit Hamikdash. D'accord ? Je vous rappelle que le Beit Hamikdash, le Temple de Jérusalem, c'est un Mishkan fixe, et le Mishkan, c'est un Beit Hamikdash portatif. Vous savez ? C'est la même chose.

C'est exactement la même structure. Évidemment, le Beit Hamikdash est beaucoup plus grand, mais ce sont les mêmes éléments à l'intérieur, c'est structuré de la même manière, et les connexions spirituelles sont les mêmes. Donc, la paracha de la semaine dernière, Vayakhel, nous avions le début de la construction effective du Mishkan, donc de toute la structure, de tous les éléments, les ustensiles du Mishkan. Et dans la paracha de Pekoudé, on va terminer par les habits des Kohanim.

Et au début, la paracha va commencer par un verset assez étrange: Ele Pekoudé Hamishkan. Alors on va commencer à rentrer dans le verset. Comme à notre habitude, on va lire, on va expliquer chaque mot, on va ensuite se poser des questions, et, Bezrat Hachem, on va essayer d'y répondre. Alors allons-y. Ele. Bon, déjà maintenant on connaît. D'accord ? Vous vous souvenez du code: dès que vous voyez ce mot Ele ou Ve Ele, on a appris ce que c'est.

On a dit Ve Eleh, le midrash explique Mosif Ala Richonim. D'ailleurs, quand vous voyez le mot Ve Eleh, c'est un code. Vous savez que le verset qui va suivre va faire suite à ce qui a été dit précédemment. Ça, c'est Ve Eleh, avec un Vav. Lorsqu'il y a marqué Eleh, c'est notre cas ici, on avait expliqué la phrase du midrash qui dit Pasal Eta Richonim. Pasal Eta Richonim. Qu'est-ce que ça veut dire ?

Pasal. Pasal vient de la racine Pasoul, qui signifie quelque chose qui devient inapte à. Donc, première explication: Ele Fekoude Hamishkan, on vient faire maintenant une rupture avec ce qui a été dit précédemment. Deuxième explication: Pasal vient de la racine Lif Sol, en hébreu Pessel. Pessel, c'est une statue. Lif Sol, c'est tailler une statue. Maintenant, qu'est-ce qu'on fait quand on taille une statue ? On grave dans la pierre ?

On va en fait affiner. Vous avez une structure en pierre que vous allez tailler, donc vous allez enlever les scories. Donc Pasal Eta Richonim, on peut dire que ce n'est pas juste une rupture: ça vient affiner ce qui a été dit précédemment. On vient enlever des éléments qui ne correspondent plus au nouveau monde. Par exemple, Ele Toledot Noah: voici les engendrements de Noah. Pourquoi on dit Ele à ce moment-là ? Parce que Noah, Pasal Eta Richonim, vient tailler, tailler dans le gras, comme on dit, les générations précédentes. D'accord ? Qui vont d'ailleurs être détruites.

Donc, là, à chaque fois que vous voyez le mot Ele, il faut vous poser deux questions. Première question: de quelle rupture on parle ? Et deuxièmement: c'est quoi, « précédemment » ? Est-ce que ce sont les derniers versets ? Est-ce que c'est la dernière paracha ? Est-ce que c'est tout le livre ? C'est jamais clair, ça. Il faut vraiment se poser la question. Donc ça, c'est un code. Dès que vous voyez ce mot-là, ça doit réveiller en vous ces questions-là.

Pekoudé, Fekoudé. Alors, une bonne fois pour toutes, on va étudier cette racine, Pakad. Vous vous souvenez, on avait vu cette racine dans le contexte de la paracha de Kitissa, Li Fkoudehem, quand Moshé Rabbeinu voulait faire un recensement des soldats d'Israël. Et on avait dit que cette racine, Fkoudehem, a un sens de recensement, de dénombrement, de compte. Mais ce n'est pas la seule signification de cette racine. Aujourd'hui, on va voir la racine Pakad, et on va une bonne fois pour toutes essayer de comprendre dans le Tanakh: je vous ai amené tous les versets, toutes les catégories de versets qui utilisent cette racine.

Alors, première catégorie, les gens connaissent ça en général. Je vais zoomer. Cette racine est d'abord et avant tout utilisée dans un sens de souvenir. Par exemple, dans Béréchit, lorsque Dieu a promis à Abraham et à Sarah que Sarah aurait un enfant alors qu'elle était stérile, Dieu va lui ouvrir sa matrice et lui permettre d'enfanter Israël. Qu'est-ce qui est marqué quand Dieu active ce processus ?

C'est Vayifkod Hachem… « le souvenir de Sarah ». Kaasher amar, comme il a dit: Vayifkod Adonaï et Sarah, ka'asher diber, et il a fait à Sarah comme il l'avait dit. Évidemment, quand on parle de souvenir chez Dieu, comme dans tous les éléments anthropomorphiques, d'accord… Maïmonide dit dans le Guide des égarés (j'ai fait un cours entier aux membres des nations sur ce thème-là), dès que vous voyez la main de Dieu, les yeux de Dieu, Dieu se souvient, Dieu est en colère, Dieu est joyeux, tous ces attributs humains qu'on prête à Dieu,

Maïmonide dit qu'évidemment il n'y a aucune correspondance entre des sentiments humains ou des éléments physiques humains et ce qu'on prête à Dieu. D'accord ? La main de Dieu: il n'y a pas une main dans le ciel. Alors pourquoi utilise-t-on ces termes-là ? Maïmonide dit en fait que ce sont des métaphores, des forces spirituelles qu'on habille d'un langage que les hommes peuvent comprendre.

C'est ce qui est dit: Dibra Torah bilchon Bnei Adam, la Torah parle le langage des hommes. Or, le langage des anges, le langage des mondes spirituels, ce n'est pas notre langage. On n'a pas les éléments, la capacité à comprendre ces choses-là. Donc, à chaque fois que Dieu veut s'exprimer, il va habiller des dimensions spirituelles sous des formes humaines. D'accord ? Donc la main de Dieu, c'est quoi ? Ce n'est pas qu'il y a une main dans le ciel, dit-il. De la même manière que ma main à moi m'aide à agir dans le monde, il y a une main spirituelle: c'est-à-dire un outil, un ustensile spirituel qui va permettre à Dieu d'agir dans le monde. D'accord ? C'est un habit, une sorte d'uniforme que Dieu va mettre. On appelle ça une main.

Pareil pour le souvenir. Qui dit souvenir ne dit pas que Dieu a oublié, Chazvei Shalom. Il n'y a pas d'oubli chez Dieu. On le dit dans la prière pendant les fêtes de Tichré, pendant la prière de Roch Hachana: il n'y a pas d'oubli chez Dieu. Donc qu'est-ce que ça veut dire, …

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