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Volonté, Techouva et union à la volonté divine

Le Rav Kook montre comment la techouva libère la volonté profonde de l'âme et conduit à goûter la lumière divine.

47 min

Rav Yaakov Nahon

Ensuite : Volonté et techouva : la pureté du cœur, 55 min

En bref

Le Rav Yaakov Nahon commente le chapitre 8 d'Orot HaTechouva du Rav Kook, consacré à la volonté (erech HaRatzon) et à son lien avec la teshouva. Il explique que la teshouva touche la dimension profonde de l'être, l'âme, et qu'elle doit, idéalement, accompagner l'homme en permanence, comme la digestion accompagne le corps. Il développe la notion d'atzilout, la proximité avec la source divine, qui se gagne par la bonne volonté à faire ce qui est juste.

Début du cours (texte)

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Bon, nous quittons le Pérek Chet pour entrer dans le Pérek Tet de notre texte d'Orot HaTechouva. On travaille sur l'édition d'Oret Zion, et nous sommes à la page 5.000. Je vous lis le titre de ce chapitre: Erech HaRatzon, Hamid Galé, Aliedé HaTechouva. Erech HaRatzon*, c'est… peut-être traduisons par « la dimension ».

Il est évident que les dimensions de la volonté humaine sont diverses. Il y a certaines dimensions de la volonté humaine qui viennent du fond de l'être, qui sont extrêmement constantes et qui révèlent des dimensions profondes, spirituelles, puissantes de l'être. Et il y a des volontés qui sont passagères, comme un appétit ou une envie de quelque chose, qui se vivent de façon très extérieure.

Mais il est évident, on l'a vu déjà à différents endroits dans nos textes qui ont précédé, que la dimension de la volonté qui se libère à travers l'expérience de la techouva est quelque chose qui touche une dimension très profonde de l'être. C'est là que se révèle l'âme de l'homme, la neshama. La dimension de la conscience, qui est celle qui mène finalement le développement de la techouva, c'est quelque chose de l'ordre de l'expression de l'âme.

Et prenons le texte. Je commence avec notre premier paragraphe, Aleph: Kviout haMarshavach la techouva.

Il y a une dimension très spéciale dans l'avodat Hachem, dans le contexte du monde de la Torah, qui n'a pas son équivalent ailleurs. La Torah a été donnée, et les mitsvot qui ont été proposées dans la Torah sont des mitsvot dont la source est la volonté divine.

La personne qui accomplit une mitsva a le droit d'espérer, de penser, d'être consciente, et peut vivre, et il est appelée à vivre, le fait qu'elle est liée dans l'accomplissement de cette mitsva au Maître du monde, qui a révélé sa volonté. Ce n'est pas une intelligence humaine qui est en jeu. Quand tu fais ce comportement-là, c'est un comportement intelligent où tu utilises l'intelligence humaine, c'est sûr que c'est intelligent. Mais derrière cette intelligence, il y a essentiellement une volonté divine qui s'exprime, qui fait que le monde dans lequel nous vivons est un monde qui s'appelle un monde de mitsvot.

Le monde des mitsvot est en relation avec une dimension de tsivoui. Un tsivoui, c'est un ordre qui a été donné par D.ieu. Quand on accomplit une mitsva, il y a une dimension très immédiate, très puissante et très essentielle, qui est le fait que nous faisons la volonté divine. Et il y a une coïncidence entre, quand on fait les choses comme il le faut, notre propre volonté et cette dimension de la volonté divine. De là se crée une relation, une relation spirituelle qui va très loin, qui nous permet de nous unir à une dimension de l'esprit, une dimension que l'on appelle dvekout, union, à une volonté divine, à un esprit. C'est à travers ce mouvement que l'on rencontre la volonté divine.

C'est la mise en marche d'un processus dans lequel on veut accorder notre volonté avec la volonté d'en haut. Il y a toujours une relation entre celui qui donne un ordre et celui qui fait les choses, une certaine distance. Ça se trouve à tous les niveaux: au niveau de l'homme, ça se trouve au niveau animal. Quand tu parles, par exemple, de quelqu'un qui monte un cheval, tu vois un cheval qui est un pur-sang de grande qualité, extrêmement docile.

Mon père me disait, quand il était enfant, qu'il avait monté un pur-sang en Angleterre. C'était une impression extraordinaire, d'y toucher une direction, exactement ce qu'on lui disait de faire. Quelqu'un, exactement ce qu'on lui demande de faire. Tout à fait ça. Et ces dimensions-là, dans lesquelles tu fais ce qu'il faut faire, c'est là que se trouve la noblesse. La noblesse est autour du fait que tu es capable de faire ce qu'il faut faire.

Je dis ça parce que l'on va trouver cette expression-là sous la forme du mot hébreu Atsilout, qui est émanation, mais qui est aussi noblesse. Bon, je rentre dans notre toute première phrase du paragraphe.

C'est une phrase qu'on va essayer d'aborder peu à peu, avec beaucoup de messages.

Le chapitre précédent est un chapitre qui parle de la techouva comme étant quelque chose qui est absolument indispensable à l'être. Il y a un texte, j'allais dire poignant, du Rav Kook, au tout début du chapitre 5. Ouvrez-le, à la page même. Dans ce texte, on ne va pas dire grand-chose de plus que ce qui y est, mais je vous invite à le regarder, on l'a fait ensemble. Ceux qui ont suivi le cours de façon constante se souviendront de ce texte-là.

Le Rav Kook insiste sur le fait que l'expérience de la techouva est l'expérience la plus normale qui soit chez l'être humain. L'homme qui vit sa vie spirituelle devrait normalement, de façon évidente, vivre l'expérience de la techouva, qui l'accompagnerait tout autour de son aventure spirituelle.

Et le Rav compare l'expérience de la techouva à une expérience qui est on ne peut plus naturelle chez nous, et on ne peut plus indispensable, qui est la digestion. Tout le monde est d'accord qu'on ne peut pas penser à la vie d'un corps sans qu'il y ait une digestion. Quand nous connaissons les bons docteurs, les médecins généralistes, la première chose qu'ils demandent à quelqu'un, pour voir s'il va bien, c'est si sa digestion va bien, et en particulier s'il se libère de ses déchets comme il le faut. Parce qu'on sait que, il faut avoir le culot de le dire, mais c'est vrai: la mère de toutes les maladies, dans le monde du corps, c'est la constipation. Qu'est-ce que c'est que ça ? C'est une réalité, une situation dans laquelle il y a des déchets chez l'homme qui restent et ne sont pas libérés. Et ça accompagne l'homme, et ça empoisonne l'homme.

Et le Rav, dans ce texte-là, compare l'expérience de la techouva, tranquillement, simplement, à l'expérience de la digestion. Il dit que le fait de se libérer de ses déchets, dans la vie d'un corps sain, a son équivalent dans la structure du monde spirituel, de l'être spirituel: c'est la capacité qu'a l'homme qui a une vie spirituelle saine d'analyser les impressions qu'il a reçues, de savoir se libérer des impressions négatives qu'il a reçues et, en parallèle, d'assimiler et de se construire sur la base des expériences positives qu'il a vécues. C'est quelque chose qui ressemble à la digestion.

Je vous lis le texte en hébreu, à la page même, simplement pour vous signaler où cela se trouve. À la troisième ligne, le Rav nous parle, peut-être, de libérer les déchets d'un corps. C'est un grand message en hébreu, nous ne le possédons pas tous. Tous les détails de ce texte-là, pour ceux qui parlent l'hébreu facilement dans ce tsibour, c'est clair ce qui est dit. Mais le Rav met immédiatement, en parallèle, dans une analogie totale, l'expérience du fait de libérer ses déchets dans un corps et le fait de vivre l'expérience de la techouva.

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