Création et techouva selon le Rav Kook
Comment l'humanité avance vers le divin par le retour, et pourquoi la difficulté donne accès au mérite.
Rav Yaakov Nahon
Ensuite : Faute, souffrance et techouva selon le Rav Nahon, 54 min
En bref
Le Rav Yaakov Nahon commente la pensée du Rav Kook sur la Techouva comme retour de l'homme et du peuple vers leur origine, dans un mouvement d'évolution du monde vers la connaissance du divin. Il montre que la Techouva ouvre à une liberté intérieure authentique, la liberté de faire ce que l'âme veut en accord avec la volonté divine, par opposition à l'esclavage des habitudes et des idées figées. Le cours s'achève sur le passage où le Rav Kook affirme que la Techouva permet à l'homme d'espérer progresser sans cesse, y compris en réparant ses fautes passées.
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
En tout cas, on va reprendre un petit peu le guimel, si vous permettez. Le message qui est là nous fait comprendre la sensibilité du Rav Kook. Où est-ce qu'il est branché ? Il est branché dans une dimension. Ça, c'est écrit. Ça se promène peut-être avant la Première Guerre mondiale ou entre les deux guerres, mais c'est vraiment proche encore de la Première Guerre mondiale. C'est à la page Mem-Beth, si je ne me trompe pas.
J'ai fait passer un stylo. Attends, d'accord, c'est devant. Il est bien ce stylo ? Allez, Béry, en avant. Tu écris et tu passes la feuille. Les grands hommes…
Bon, donnez-moi le guimel, encore une fois. Oui, donnez-le-moi. Très bien, merci, joli. Donnez-le-moi. Non, non, non. Pas de membre.
L'humanité, entre les deux guerres, avait apparemment été alimentée de beaucoup d'espoir. Il y avait un grand optimisme, à la belle mesure. Mais le Rav exprime aussi, je crois, qu'il y a cette expression qui passe par là. Le Rav Kook est mort en 1935, il n'a pas vu les horreurs de la Seconde Guerre mondiale. Il a senti qu'il se passait quelque chose, mais il n'a pas vu ce qui se passait là-bas.
De l'autre côté, certains disent, des gens qui comprennent ce qui se passe dans le monde, que s'il n'y avait pas eu ça, il n'y aurait pas eu ça. C'est-à-dire que s'il n'y avait pas eu la Seconde Guerre mondiale, on aurait eu beaucoup de difficultés à venir ici. Mais après la Seconde Guerre mondiale, la déclaration de l'indépendance du frère était beaucoup plus acceptable par le monde entier, qui n'aime pas toujours ses frères juifs. Après la guerre, quand même, c'était tellement terrible ce qui avait été fait que l'humanité sentait qu'il fallait faire techouva quand même. Elle donnait au moins à Am Israël la chance de revenir sur sa terre.
C'est un thème dont je vous ai déjà parlé, mais c'est un thème qui réapparaît dans la mystique juive. Quand Am Israël revient sur sa terre, il y a quelque chose qui ressemble un peu à la Nessira, c'est-à-dire le fait de revenir vers une dimension plus profonde, plus sensible, différente.
Et Adam HaRichon, avant de recevoir sa femme, c'est-à-dire avant de vivre de façon totale sa rencontre avec la dimension du sentiment, portait cela en lui. Mais c'était en lui, intérieur, ce n'était pas face à lui. La Nessira d'Adam HaRichon, qui fait de lui un être double, un homme et une femme, met devant lui la femme. En mettant devant lui la femme, il met devant lui une vitalité qui était cachée en lui.
Et cette Nessira, pour se faire, passe par un moment de tardémah, il s'est fait endormir. Au moment de cette tardémah, il y a l'opération chirurgicale dans laquelle cette dimension, qui est la femme, paraît devant lui. Mais c'est aussi de façon générale ce qui se passe quand Am Israël revient sur sa terre: il revient vers sa dimension totale, avec tous ses sentiments, sa vitalité. Vous sentez ça très fort ?
Pour ceux qui montent à Kotel, il y a la différence qu'il y a, au niveau de la vitalité spirituelle, entre les Champs-Élysées et Jérusalem. Vous sentez ça un peu, quand même ? Mais ce retour vers la conscience est accompagné d'un moment un peu difficile. C'est pour ça que ce n'est pas évident, on ne peut pas dire qu'on aurait pu éviter cette Seconde Guerre mondiale. C'est un cheminement. C'est terrible, c'est difficile à dire, mais c'est à la limite du supportable.
Bon, je reviens à notre texte. Aolam mouhachou lavou liyedet tshuva shlema. C'est-à-dire qu'il y a un cheminement dans lequel on avance, il y a une évolution de l'humanité, et au niveau spirituel elle se traduit ainsi. Shalom, Rabbi Gak. Vous êtes présents: Gak, Emmanuel, Netanel.
Donc: Aolam mouhachou lavou liyedet tshuva shlema. Et c'est tshuva shlema, c'est-à-dire un retour vers son Créateur. La notion de techouva, c'est quand même le mot de revenir. Revenir à qui ? Revenir à son origine, c'est-à-dire à sa rencontre avec le Maître du monde.
Ena olam dovah romed al matsa ve'had. C'est-à-dire que le monde évolue depuis que la création est création. Il y a un axe dans lequel l'humanité avance vers une certaine dimension, qui s'appellera, ou qui s'appelle déjà, Yemot HaMachia'h, dans laquelle la rencontre avec l'Esprit divin se fait de plus en plus. Ena olam dovah romed dan matsa ve'had kim olech hou mitpateach. Le monde avance. Ce qui se passe au niveau de l'évolution biologique a son équivalent dans l'évolution spirituelle, vers la conscience du divin.
En profondeur, qu'est-ce que ça veut dire ? Dans le livre Kedoshim, la raison de la création du monde est présentée en termes de connaître les noms de HaKadosh Baroukh. C'est profond, et c'est difficile d'essayer de comprendre ce que cela veut dire. Cela veut dire qu'avant la création, HaKadosh Baroukh Hou porte un nom. Dire quoi, « porte un nom » ? Cela veut dire apparemment que la vitalité divine porte en elle-même une notion de nom, c'est-à-dire qu'une des dimensions de la vitalité, c'est d'être connue.
Cette dimension-là, de savoir que son existence dépend du fait d'être connue par les autres, il faut en parler avec beaucoup, beaucoup, beaucoup de délicatesse. Mais je crois que c'est encore plus féminin que masculin, parce qu'il est évident que la femme est consciente qu'elle existe pour être vue, pour être connue. Elle porte plus que l'homme cette nécessité d'être connue. Elle se sait, elle se sent portant la nécessité et l'obligation de se présenter sous un aspect.
Et dans Moshé Rabbénou, après le Het HaEguel, une des façons dont Moshé Rabbénou nous convainc, le Maître du monde, c'est en lui disant: « Que diront les gens ? Tu les as fait sortir d'Égypte, ensuite tu les as fait… » Il y a une dimension de vitalité qui est apparue dans le fait d'être connu. Alors le monde avance pour permettre de plus en plus à la Présence divine de se faire connaître.
Va'it pitrout ha-metit. Jusque-là, ça va, l'hébreu ? Si on ne comprend pas, on arrête. Vous êtes priés de le dire. C'est difficile, c'est délicat, parce qu'on se dit: moi, je vais parler, les autres, nous… Mais il faut le faire. Va'it pitrout ha-metit. Ha-shlema. Mouhachat li-havi lo et ha-briyout ha-gmoura. Donc, it pitrout, une évolution authentique. Le Rav dit shlema, dans toute sa plénitude.
Mouhachat est obligé d'apporter avec lui la santé dans sa totalité. Et cette santé, c'est aussi bien Gachmit, matérielle, que Rouhanit, spirituelle. Et pour que cette santé spirituelle soit vécue pleinement…
Une des vitalités spirituelles les plus essentielles, qui laisse la place à tous les espoirs, c'est le fait que la techouva est quelque chose d'accessible. L'homme a donc le droit d'espérer. On a vu des textes comme celui-là, on en reverra encore. Même s'il est construit sur un drôle de mélange, un animal lié à un ange, ou un ange lié à un animal, ça ne marche pas tellement ensemble, mais ça peut espérer s'accorder un jour, grâce …
Cours d'Orot veKelim
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