Création, paresse et idéal dans la pensée du Rav Kook
Le Rav Nahon explique la déchéance morale par l'abandon de la Torah, puis lit Béréchit sur les arbres fruitiers et la paresse.
Rav Yaakov Nahon
Ensuite : Création et techouva selon le Rav Kook, 47 min
En bref
Le Rav Yaakov Nahon commente un passage du Rav Kook (Orot HaTechouva) sur la chute morale qui conduit à quitter la religion, en particulier dans l'Homme Israël de son époque confronté à l'assimilation. Il montre que la morale interhumaine est au cœur de la Torah et que la teshouva permet de revenir à la structure qui nous est proposée. Il s'appuie aussi sur le récit de la Création (etz peri oseh peri) pour expliquer l'écart entre l'idéal divin et sa réalisation, et la possibilité de réparation.
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Bon, dans le petit paragraphe, enfin le paragraphe d'Alef, à l'intérieur du chapitre Vav, qui dans mon édition se trouve à la page même Zayin. Le Rav parle de façon générale, et on va raccourcir un tout petit peu, du thème de ce qui se passait à son époque. Ça a commencé, c'est un peu le fait d'abandonner la religion. Et le Rav dit que cette expression de de l'humanité, ou en particulier de l'homme Israël, a tendance à…
Vous entendez comment ? Qu'on baisse la chaleur. Personnellement, non, mais si c'est dur pour vous, oui. Ça t'embête ? Moi, j'ai un torticolis, là, c'est très bien, c'est chaud, c'est bon. Je vais vous lire pour que vous sentiez à quel niveau c'est vécu chez le Rav comme quelque chose de terrible.
On va lire la première phrase de Dalet.
— Tu lèves ta voix très fort. Encore une phrase.
Il n'y a pas d'homme qui n'ait pas le pouvoir d'être en charge de la vie des amis. Il y a l'opportunité d'un homme qui s'occupe de l'homme…
Moussari baroukh, moussarit al-zeh, al-shilou yakhoush klal… yeridah moussarit, sheyesh ba zibat chuki Hachem. Aval lou mitne zeh, yaved ha davar … et, achoua, itamid, moucharat, lavou, ou yidgalot, ki amachale shel shichat haolam … Machala, kin, machala. Oui. Amachala shel shichat haolam yaoumi.
On a vu ça, mais je reviens quand même dessus, parce que je pense que c'est une bonne introduction à la suite. Mais le Rav insiste dans cette première phrase.
Donc, les fautes qui sont des fautes au niveau du comportement moral, c'est-à-dire de la conscience de notre devoir de permettre une vie collective comme il le faut. Je pense que la morale est à ce niveau-là, au niveau de la rencontre avec l'autre, le fait que chacun respecte, aide l'autre à vivre en même temps que lui, un essai de vie collective.
Et quand ce monde moral n'est pas comme il le faut, et que ça se traduit par des manques de respect, du vol, à la limite des choses de ce genre-là, même plus, enfin le manque de respect de l'autre dans toutes ses formes, à ce moment-là, ce projet, qui est le projet humain par excellence, c'est-à-dire celui de créer une vie collective réussie…
Dont le siman le plus réussi, c'est la présence divine qui vient bénir la rencontre humaine collective. Mais c'est le résultat d'un effort de chacun des éléments de ce collectif pour permettre de vivre une vie collective de qualité, qui va être bénie par une Shekhina qui va donner un sens complet à cette vie-là.
Mais le Rav dit: ab gamim hamoussarim, les fautes morales au niveau de l'interhumain. Chachor ech elahem ou ametiam yamoussarativi …
Dont la racine est finalement Nétiya. C'est quoi ? J'entends pas. J'entends mal, pardon. Non, non, c'est pas Nétiya avec un Ayin, c'est Nétiya avec un Yod. Notez. Sautez, tournez. Quelqu'un qui suit son chemin, on s'écarte, dans une voiture, tu tires sur la droite, notez Yemin. Allez, sautez, penchez. Tournez. Et ça, c'est Nétiya miyamoussar ativi, c'est le fait de s'éloigner, de s'écarter des valeurs morales que l'on porte en nous-mêmes de façon naturelle.
On en a parlé, et on en reparlera encore: c'est cette présence chez l'humain d'une âme consciente, qui s'exprime par une conscience, et cette conscience est naturelle chez l'homme.
C'est le message divin qui se trouve de façon naturelle chez l'humain, pour essayer de permettre à cette création humaine, à ce collectif, de vivre. Et ça, c'est Moussar ativi. Eh bien, le Rav nous dit que, quand on s'éloigne de cette dimension-là, que l'on la quitte…
Alors, cet éloignement, Gormim et Peoulatam aliède nétiyat moussar elokhi, ça se traduit finalement par le fait de s'éloigner, de s'écarter de la morale divine telle qu'elle nous est proposée dans le contexte de la religion. Et cet écartement de la morale divine se fait à travers… je lis la fin de la seconde ligne: nesiga me…
À quoi ça veut dire ? Nessiga, c'est quoi ? Nassog. Aller en arrière, s'éloigner. Il y a quelques dizaines d'années, on a quitté le Sinaï. Ça s'appelait, sous le nom de Nessiga, le Sinaï.
Alors, le Rav, à ce niveau-là, parle très clairement: Aziva, avel Meridah. Aziva, c'est le fait d'abandonner. Oseiv, en hébreu, c'est abandonner. Meridah, c'est…? Dire quoi, Meridah ? Mered, rébellion. Merida, révolte.
Donc, le fait d'abandonner ou de se révolter contre Hachem, mitsvot Hachem, yeridah moussarit gedolah. C'est une yeridah, c'est-à-dire une chute, une descente morale terrible. Arriver à pouvoir dire: finie la religion.
Et on y arrive. Ena Baal ha-adam… ki m'ukhad … shikou eino ra… une fois qu'on est enfoncé terriblement, begasu ha-tachayim, dans la vie, dans sa grossièreté, dans la grossièreté de la vie matérielle, qui donne uniquement place au plaisir et aux forces du yetser, et pas autre chose que ça. Et ne laisse plus de place à une conscience spirituelle intérieure.
Et pour arriver à ça, il faut vraiment une descente. Le Rav, et le Rav Kook à cette époque-là, est le témoin d'une partie du peuple d'Israël, qui se présente malheureusement à travers l'assimilation. C'est l'époque où le peuple d'Israël finit de quitter le ghetto pour s'enfoncer dans l'assimilation des différents pays, et c'était terrible.
Alors le Rav dit: cette situation dans laquelle on quitte la religion, pour un Israël, c'est quelque chose qui est peut-être supportable pendant un moment très court, mais ça ne peut pas durer une chose pareille. Yéchev charout, che-ezem mesherzman, ist'aber dor.
Je vous traduis une autre phrase, qui commence à la fin de la quatrième ligne de Dalet. Yéchev charout: il y a la possibilité, il y a lieu. Ezem mesherzman: pendant une durée de temps. Ist'aber dor: une génération. Dor, c'est une génération.
Ist'aber, s'embrouille. Le mot Ist'aber vient du mot Svar, qui veut dire un buisson: c'est s'entremêler dans les épines d'un buisson. On peut comprendre qu'une génération s'embrouille.
Bichlaloh ou bichalakav: au niveau de toute la génération, une partie des représentants de ces générations-là, bemedinot ou bemekhozot, dans des nations, dans des cantons, be-svakh ivaron, moussarikazé, dans une cécité. Le mot Ivaron vient du mot Iver, qui veut dire aveugle.
Donc be-svakh ivaron, dans un svakh, c'est encore un buisson: se coincer à l'intérieur d'une problématique pleine de cécités, au point qu'on n'arrive même plus à sentir. Khouch, c'est la faculté de sentir. Et yeridah moussarit, cette descente morale qu'il y a dans le fait de quitter cette religion.
Mais le Rav insiste sur le fait que cette valeur, qui est contenue dans notre tradition religieuse, reste toujours proposée au peuple d'Israël. Il se peut qu'à un moment donné on la quitte, par bêtise, par cécité, mais en faisant Techouva, on revient à nouveau vers toute la structure qui nous est proposée.
L'homme ne peut pas... Il n'y a pas d'adavar ve-tikvah. Ce n'est pas parce qu'on peut quitter ça, parce qu'il se peut qu'à travers une cécité malheureuse on quitte la religion, que cette religion perd sa valeur. Au …
Cours d'Orot veKelim
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