La faute de la terre dans la création selon le Rav Kook
Le midrash lit l'arbre fruitier de la Genèse comme un arbre qui porte des fruits, et la terre n'a pas suivi l'ordre initial.
Rav Yaakov Nahon
Ensuite : Création et techouva selon le Rav Kook, 42 min
En bref
Le Rav Yaakov Nahon commente un passage de Béréchit (verset 1:11) et le texte du Rav Kook dans Orot HaTechouva : au troisième jour, la terre devait produire des arbres fruitiers dont le goût du fruit serait aussi celui de l'arbre, mais elle ne produit qu'un arbre à fruits. Il en tire une réflexion sur la difficulté de la matière à porter l'idéal spirituel. Il rappelle que la Techouva remet cet idéal en mouvement et que la paresse reste une difficulté humaine ordinaire.
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Nous nous retrouvons donc dans notre pérégrave, où je vous rappelle que nous avions insisté: nous avions pris conscience qu'il s'agit d'un chapitre dans lequel le message de la profondeur est essentiel. Nous allons prendre dans ce pérégrave, au paragraphe Zayin de cette édition d'Orot HaTechouva, qui se trouve à la page même tête.
Je voudrais que vous preniez un peu le Tanakh et que nous lisions quelque chose au tout début du Sefer Béréchit, dans la création du troisième jour. Je prends le verset Yud Alef du premier chapitre de Béréchit. Vayomer Elohim: vous voyez ça ? Verset Yud Alef, dans Sefer Béréchit. Vayomer Elohim, ta'deshé ha'arets deshé...
Je reviens sur ce texte, au verset Yud Alef.
Ta'deshé ha'arets deshé eshev. Le deshé, c'est le gazon, une étendue d'herbe. Donc ta'deshé ha'arets deshé signifie que la terre se recouvre d'herbe. Mazria zera, qui donne une semence: cela concerne les herbes. Ensuite viennent les arbres: veets peri osse peri.
Le Vayomer que Hachem a dit s'exprime en termes de etz peri osse peri. Le mot etz peri peut se traduire par un arbre fruitier qui fait des fruits, mais le mot peri est apparemment un peu en plus, surtout quand on regarde la suite. Dans le Vayomer, il est dit etz peri osse peri: que la terre fasse sortir un arbre fruitier, qui fait des fruits, selon ses différents genres. Osse zar'o bo, dans lequel la semence est à l'intérieur du fruit lui-même, comme la plupart des fruits que nous connaissons.
Vayikhen. Et dans le passage suivant, le verset Yud Bet, on nous dit ce qui est effectivement sorti de la terre: Vatotsé ha'arets. Vous voyez le texte ? Vatotsé ha'arets, la terre a fait sortir: deshé eshev mazria zera, une étendue d'herbes qui fait des semences, selon leurs différents genres, ces différentes plantes, ces différentes herbes.
Et ensuite, au niveau de l'arbre: alors que dans le Vayomer, Hachem avait dit totsé etz peri osse peri, quand on regarde le verset Yud Bet, on voit ce qui est sorti. Le texte dit etz osse peri. Dans le Vayomer, c'était etz peri osse peri; ce qui est sorti, c'est etz osse peri.
Bon, si j'interprète le mot etz peri simplement dans le sens d'un arbre fruitier, eh bien, etz peri ou etz, ce n'est pas là un jour... Mais quand même: dans le texte du Tanakh, quand je vois un détail à ce point-là, il y a un message qui passe. La terre n'a pas fait ce qu'on lui a demandé de faire. On a demandé à la terre de faire un etz peri osse peri; le résultat, c'est un etz osse peri.
C'est autour de cela que le Rav Kook va nous donner un enseignement qui s'étend sur presque une page. Je vous reprends notre texte au paragraphe Zayin, à la page même tête. Je traduis.
Il aurait été convenable, c'était l'intention de la création, que le goût de l'arbre soit lui aussi comme le goût de son fruit. Et c'est ce qui était dit dans le texte de la Torah: etz peri osse peri. C'est-à-dire que c'est la lecture qui est proposée, et le Midrash revient sur ce thème. A priori, l'arbre aurait dû être un etz peri, c'est-à-dire un arbre qui fait lui-même des fruits. Mais...
A priori, dit le Midrash, etz peri ne doit pas être lu au départ comme un arbre à fruits, mais comme un arbre qui fait lui-même des fruits. C'était l'intention du départ, mais en réalité le résultat fut un etz osse peri et non un etz peri osse peri. On en verra la raison; c'est tout le message. Le Rav développe ce thème.
« Kol ha'hemsaim ha'marzikim azo megama rou'hanit gevoa klalit, royim ayu liyot mouhashim, bechoush nishmati be'otoh ha'gova ve'yanoam, she'etsem ha'megama ha'mourgesht bo, ke'shianu metzairim utu. » Chotradvi.
« Kol ha'hemsaim, tout ce qui est censé... ha'marzikim ozo megama, qui soutiennent ce but, kisutien, abut, spirituel, megama rou'hanit gevoa, une orientation spirituelle élevée, générale. » Ces moyens qui soutiennent ce projet, ce but, Reoui aurait dû être digne d'être mouhachim, c'est-à-dire que le mot chouche, qui veut dire « sens », aurait dû être senti, be chouche nishmati, avec la sensibilité de l'âme, be otto goava ve anouam, avec la même élévation et la même agréabilité que la megama, que le projet lui-même est senti quand on se l'imagine soi-même.
C'est-à-dire: quand quelqu'un projette quelque chose dans l'avenir, a l'intention de faire quelque chose, ce projet représente un idéal, qui pour lui représente toute une joie, tout un achèvement. Quand je pense à ce but, à ce projet, je pense à quelque chose qui me donne une joie, une plénitude. Maintenant, quand je me lance dans le projet de réaliser cette chose-là, tous les moyens que j'utilise sur ce chemin devraient être dignes d'apporter eux aussi, à travers l'achèvement de ce projet, à chaque étape, un message spirituel du même ordre que le projet définitif.
Quelqu'un qui est plein d'envie de faire quelque chose, quand cette envie, cet idéal le porte, il veut arriver vers quelque chose; mais sur le chemin, dans son cœur, quand il vit cet idéal, cela devrait être ainsi tout au long du chemin, à chacune des étapes. Mais, dit le Rav: ve'hateva ha'aretz itnode duta chayim...
Et la spiritualité, quand elle se déroule dans le cadre de la spiritualité, fait que seul le goût du fruit, de la dernière étape, l'idéal principal, est senti dans l'âme et dans l'esprit. Mais les arbres, qui portent sur eux le fruit, avec toute leur expérience pour l'élevage du fruit, ont été éclatés, ont été éclatés et ont perdu leur goût. C'est...
Ḥet ha'aretz, she'ba'avouro nitkalela kishen itkalel gam ha'adam al chetou. Kol'p gam sofo letikoun. Al ken mouftachim manu be'virour, she'yavou yamim she'tashouv ha'briya lekadmouta, ve'tam ha'etz yiyeh ke'tam ha'pri, ki tashouv ha'aretz mecheta'a, ve'ochot ha'chayim ha'ma'asiyim lo yu'gormim lachots be'ad ha'noam shel ha'or ha'ideali ha'nitmach.
Le Rav avait dit au tout début qu'il y a une seconde phrase: qu'en principe, les moyens qui soutiennent ce projet, qui le font avancer, devraient eux aussi être sentis, avec un message de l'ordre du projet vers lequel on arrive.
Seulement, il y a un problème. Teva ha'aretz, la nature de la terre, du matériel. Itnode duta chayim, le mouvement qu'il y a dans la vie, l'instabilité de la vie. Ha'hout aoukhani hout, la difficulté du spirituel lorsqu'il est enfermé, emprisonné dans le corporel. Et quand on veut faire un projet, c'est le spirituel qui veut mener de l'avant un projet corporel; mais il y a une difficulté à jouer sur le corporel. Tout cela, garam, entraîne, provoque: she rak ta'moche la pri, uniquement le goût du fruit, she la megama ha'aharona, la dernière étape de ce projet, ha'ideal ha'rishon, l'idéal de départ, c'est lui seul qui est mourgache, qui est senti dans son agréabilité et dans sa beauté.
Or, dans notre vie, nous savons que les arbres, les moyens, sont anosim, aleem, appelés à porter sur eux-mêmes le fruit, …
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