Conscience et techouva : ne pas désespérer en chemin
Le Rav Kook console celui qui découvre ses manquements : la conscience s'éveille quand on avance, et la patience est de mise.
Rav Yaakov Nahon
Ensuite : La faute de la terre dans la création selon le Rav Kook, 52 min
En bref
Le Rav Yaakov Nahon commente la fin du Pericrète d'Orot HaTechouva du Rav Kook : la conscience morale se réveille chez celui qui revient à la Torah, et met à nu ses fautes, ce qui peut conduire au découragement. Il explique que la techouva passe d'abord par la correction des actes (maasav) puis des sentiments (rikshotav), et que la patience et la confiance en Hachem permettent d'avancer. Il insiste aussi sur la dimension collective de l'âme juive et sur l'idée que Hakadosh Baroukh Hou donne à celui qui se repent véritablement la possibilité de se régénérer.
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Je vous propose, si vous voulez, la fin du Péricrète. Le dernier paragraphe. Tu te sens la force de lire, Ariel ? Vas-y. Shalom Shimon. Ouh, quelle belle surprise. Vas-y Ariel, commence.
— Je vous remercie.
— Mais parce que le pouvoir de l'Esprit se réveille immédiatement au niveau de la lumière de l'Esprit, et que la lumière vérifie sa vie et sa mort chez lui, et qu'il voit toutes ses épreuves, et que l'Esprit est proche de lui, avec une grande fierté, la puissance de son vieillissement et la puissance de sa vieillissement. Mais, à ce moment-là, il apprend à l'Esprit que cette vision et la prochaine vision avec lui sont les meilleurs signes.
Avant de rentrer dans le texte, maintenant je vous propose, et j'insiste, je le dis encore: si vous avez le courage d'acheter le livre et de le garder jusqu'à 150 ans, faites-le. Et marquez dessus vos notes, et vous les montrerez à vos enfants et à vos petits-enfants.
Je ne pense pas que ce soit très cher. Il doit être réédité ici, il y a 40 chèques. Vous pouvez écrire dessus, et c'est un grand compagnon. Je vais raconter que j'étais avec le Rav Lao, quand j'avais fait le service militaire. Vous avez entendu parler, pas du Rav Lao, du Rav Tao, pardon, Tsui Tao, qui était le grand élève de Sud. Et on était ensemble.
Et à un moment donné, j'ai vu qu'il y avait un livre d'Orot HaTechouva qui était dans le Prozor, qui était oublié là-bas. Et j'ai compris ensuite qu'il n'était pas tellement oublié. Et il a fait ça plusieurs fois. C'est un livre qui est capable de parler même à des gens qui n'ont pas de kippa sur la tête, mais qui sont simplement engagés dans la vie en Erets Israël, par exemple à l'armée.
Je vais revenir un tout petit peu sur ce paragraphe.
D'abord, résumer un peu le message. Je pense que cela concerne une partie de ceux qui sont ici, certainement. À un moment donné, quand la vie avance, on s'engage dans l'adolescence, on passe un peu, on devient de plus en plus adulte. Et on se dit: bon, on va prendre les choses au sérieux. Je vais essayer de voir dans mon monde…
Ceux qui ont fait l'école juive — je ne l'ai pas faite moi-même, j'ai fait l'école française — je ne sais pas dans quelle mesure on a toujours l'occasion de faire face au thème du problème moral selon le point de vue du judaïsme, à l'intérieur des classes. Mais quand ça arrive, disons que c'est à l'extérieur de l'école que ça arrive, et qu'on commence à penser…
Au début on se dit: bon, voyons. Et on voit un certain nombre de traits d'engagement qui sont certainement à corriger, et on est capable de les voir. On sent qu'il y a quelque chose. Seulement, quand on commence à se lancer dans ce monde-là, toute une sensibilité se réveille. Et il faut savoir que notre structure spirituelle contient, au fond, des dimensions extrêmement puissantes, mais cachées. Il faut les laisser apparaître. Mais il n'est pas du tout évident qu'elles apparaissent tout de suite dans notre monde quand on a grandi à l'extérieur de la Torah, surtout qu'une grande partie de la société dans laquelle on vit s'arrange pour cacher cette voix.
Mais en réalité, c'est une voix extrêmement consciente. C'est notre conscience. Et cette conscience est une partie du message divin qui est en nous. Et dans le cas d'Israël, c'est beaucoup plus fort et beaucoup plus exigeant qu'ailleurs. Ce qui est dur, ça dépend des époques que vous avez vécues: il y a des sociétés dans lesquelles on ne considère pas le juif, il y en a d'autres dans lesquelles le juif est considéré comme il le mérite. Et ça dépend beaucoup du milieu culturel dans lequel on grandit.
La même chose vaut pour les valeurs juives. Par exemple, quelqu'un engage une techouva autour du thème de sa relation avec son prochain. Il a dit un mot mal dit. Mais quand il essaie d'engager sa techouva en tant que juif, tout un monde apparaît autour de cela: il y a la Kashrout, il y a Chabbat, il y a les yeux — ça veut dire beaucoup de choses, les yeux.
Et quand on commence à prendre les choses au sérieux, on se rend compte que si on veut vraiment approcher le thème de la techouva sérieusement, c'est un monde. Et c'est un monde qui, à la limite, demande de s'arrêter.
Et de se dire: bon, maintenant, je ne fais que ça. C'était un de mes propres problèmes, à un moment donné, quand j'ai commencé à connaître le judaïsme. C'était pour moi extrêmement difficile, parce que j'étais au milieu de mes études, et je me rendais compte que je n'arrivais pas à faire face vraiment à l'exigence qui sortait du fond de moi-même. Ça risque même — on va voir le texte — de mener au désespoir: je m'engage dans quelque chose qui est insurmontable.
Le texte du Rav vient beaucoup aider dans ce contexte-là. Entre le moment où la personne veut commencer à faire des choses, et le moment où elle commence à s'engager et où apparaît devant elle un monde d'exigence, on peut passer par un moment très, très difficile. Nous qui sommes ici, en Israël, à Yerouchalaïm…
Chacun fait son chemin, déjà. On n'en est pas au début. On est à un certain début, mais on a déjà fait beaucoup de chemin. Mais quand ça commence dans un lieu, dans un milieu culturel qui est trop loin de ce qu'on devrait, en réalité, trouver, ça peut être extrêmement dur et difficile. C'est vrai qu'une des premières solutions, c'est de changer d'endroit.
Ce n'est pas ce que le Rav dit dans ce texte-là, mais ce que je vous dis, que vous dites à ceux qui vous poseront la question: il faut dire à tous ces juifs qui commencent à prendre conscience de leur judaïsme que ça se passe autrement ici que là-bas. Très autrement. C'est autre chose. Il y a une dimension de patience dans l'air. Dans cette terre, il y a une capacité de goûter le Kodesh qui n'existe pas du tout ailleurs, et qui aide énormément.
C'est sûr que quelqu'un qui commence une techouva en France, et qui, à mon sens, a toutes les chances — beaucoup de chances — d'être vraiment dans le désarroi, en venant ici, ça devient autre chose. Ça devient humain. Mais je rentre dans notre texte.
La chouvre, Beit Chouva, Shlema. Donc, Keshéolé HaLibosh HaLadam: quand on monte dans cette zone de la conscience, que l'on peut appeler notre cœur, la chouvre, Beit Chouva, Shlema, doit faire une chouva, et on se dit: bon, cette fois, je fais vraiment de la chouva. Il y a des mots clés dans ce texte-là, qu'il faut comprendre, pourquoi le Rav dit ce qu'il dit. Parce qu'il s'agit de quelqu'un qui va faire Chouva, Shlema.
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