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La prise de conscience de la grandeur divine selon le Rav Kook

Comment la première vague de techouva en Erets Israël ouvre à la conscience de Kvod Hachem, au centre de l'existence.

50 min

Rav Yaakov Nahon

Ensuite : Conscience et techouva : ne pas désespérer en chemin, 49 min

En bref

Le Rav Yaakov Nahon commente le texte du Rav Kook sur la teshouva en Erets Israël, qui se déploie en plusieurs vagues successives. La première est la prise de conscience de la grandeur du divin (Kvod Hachem), qui replace Hachem au centre de l'existence. Le cours montre aussi comment l'héritage de la Torah et des traditions, méprisé pendant la galout, peut retrouver sa richesse et sa vitalité sur la terre d'Israël.

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

La page est. La dernière fois, nous avons vu le paragraphe précédent de ce texte, qui insistait sur le fait que la techouva se présenterait sous différentes vagues, chacune porteuse de thèmes différents. La première de ces vagues, dit le Rav, est une vague de l'ordre de la prise de conscience du Kvod Hachem, c'est-à-dire la prise de conscience de la relation au divin.

Cela n'est pas évident lorsqu'on sait qu'au niveau de l'histoire du sionisme, par exemple, les thèmes essentiels qui étaient là n'étaient pas forcément des thèmes spirituels. Ils étaient présentés sous la forme d'idéaux socialistes, voire communistes. Mais le Rav dit que la dimension de la techouva, dans un premier temps, c'est celle de la prise de conscience de la grandeur du divin, Kvod Hachem. On a déjà vu ce thème. Ensuite, les différentes formes de techouva apparaîtront de plus en plus sous la forme d'une grande marée montante, chaque vague apportant une autre dimension dans la prise de conscience, jusqu'à arriver à une véritable plénitude. C'est ce qu'il dit dans le paragraphe que nous allons lire.

Le Rav ne décrit pas toutes ces vagues dans le texte que nous allons voir maintenant; cela rentrera davantage dans le détail. Ce sur quoi il insiste énormément, c'est que la première grande vague de prise de conscience, selon le Rav Kook, est cette prise de conscience du Kvod Hachem, c'est-à-dire de la grandeur du divin. C'est un regard sur la vie dans lequel le divin est à sa place, et non une vision athée dans laquelle Hachem n'est pas au centre, mais une vision dans laquelle le divin est au centre de l'existence.

Je lis avec vous le texte de notre paragraphe, qui commence au bas de la page:

Mitsdadim chonim tavo vetitgalé ha-techouva. Ehad meyouhad mitsdadei ha-éleh yihyé tsa'ar 'al ha-boshet shenitgalla le-einei ha-rouah ha-gadol, ha-atsour lekhol ma shenikhlou avoteinu, shéin shiour le-'uzo ou-khvodo. On a déjà vu ce passage, je m'en souviens, on peut le toucher. On revient à ce qu'on a vu. Ve-ha-rouah ha-gadol mekoro mekor haïm, ha-makor ha-Elohi ha-Elyon she-olekh ve-nimshakh mi-dor le-dor, ve-hou chemisim alav lev, halou motsim bo ha-kol: kol hemda, vekol tif'ara, ve-'ahoshekha kafrani gara le-ittalesh mi-keren ben shemen zé, ve-lét'ot me-zedot zarim she-éin bahem lechad ha-haïm. Be-yadenu klal.

Bon, je m'arrête à ce niveau-là, nous reprendrons la suite. Le Rav développe beaucoup un thème: le développement, en Erets Israël, de la conscience de la richesse de l'héritage qui nous a été transmis, qui est dans notre tradition, et à quel point cet héritage nous convient et est fait pour nous. Il développe cela en grand, dans une vision très optimiste, utopique, mais l'utopisme et l'optimisme du Rav Kook sont très réalistes. Toutes ces grandes visions se sont réalisées. C'était un grand voyant du retour sur Israël. À l'époque, les gens n'entendaient pas, n'écoutaient pas, certains même se moquaient. Mais tout cela s'est réalisé. L'optimisme du Rav Kook est plein de réalisme.

Il y a ici une vision très optimiste de la façon dont la relation au divin va évoluer en Erets Israël, en particulier cette prise de conscience de combien la Torah nous convient et apporte une richesse de vie.

Le mot tsad en hébreu veut dire côté, donc deux côtés différents, deux aspects différents. La techouva viendra et se révélera. Souvenez-vous que le mot techouva veut dire retour. Dans ce mouvement de retour que nous vivons, en tant que peuple d'Israël revenant sur sa terre, on verra avec le temps. Il faut faire la part de deux types de techouva.

Il y a une techouva qui concerne notre vie très particulière à notre époque. Nous avons chacun, en général, une vie d'entre 60 et 100 ans, si Dieu le veut. Je vous disais qu'il y a une coupe d'histoire, plus ou moins courte, et c'est ce qui se passe. Mais c'est une coupe d'histoire très courte. Lorsqu'on regarde la techouva d'Israël, c'est-à-dire le retour de notre peuple en Erets Israël actuellement, c'est quelque chose qui est un retour. Mais dans notre coupe historique à nous, nous ne sommes pas suffisamment reliés aux expériences existentielles du passé. On les connaît, on les vit par l'étude, par ce qu'on nous en a dit, mais dans notre chair, elles n'ont pas forcément été vécues.

Mais nous faisons partie de ce groupe d'Am Yisraël qui retourne vers une existence qui était la sienne. Nous revenons en Erets Israël. Notre passé a démarré quelque part, à, dans la galout, où nous sommes nés ici. Mais Am Yisraël, lorsqu'il est sorti d'Israël, il y a 2001, avait une existentialité. On a fait un tour de 2000 ans et on revient à ce même genre d'existentialité, en mieux, parce qu'on a entre-temps acquis l'expérience de ce que c'est que la galout, l'expérience de la souffrance quand on est en dehors de chez soi, qui nous rend beaucoup plus matures. C'est vraiment une techouva dans le sens du retour: on est parti de quelque chose, on quitte cet endroit, on revient sur cet endroit.

Au niveau de l'individu, ce n'est pas toujours comme cela. On ne quitte pas cet endroit, on revient sur cet endroit; mais nous faisons partie de ces maillons de la chaîne qui font une techouva totale pour Am Yisraël. Vous comprenez ce que je veux dire ? Nous sommes en train de vivre, à notre époque, un maillon de la chaîne qui vit existentiellement un retour sur cette terre, ce qui est exactement le contraire de ce qui s'est passé à un moment donné, lorsqu'on a quitté cette terre par la souffrance de l'exil. C'est un amashe, un retour.

Le Rav nous parle de différents côtés, de différents aspects. Tavo vetit'galé ha-techouva: viendra et se révélera la techouva. Ehad meyouhad mitsdadei ha-éleh: l'un des plus spécifiques, meyouhad, c'est-à-dire particulier. Mitsdadei, de ces aspects: yihyé tsa'ar 'al ha-boshet, c'est la souffrance face à la prise de conscience de la honte, ha-boshet, she-nitgalla le-einei ha-rouah ha-gadol, qui s'est révélée aux yeux de l'esprit immense, ha-atsour lekhol ma shenikhlou avoteinu, qui est contenu dans toute la tradition de nos pères. C'est le mépris dont on a méprisé cet esprit immense, ce manque de conscience des valeurs traditionnelles.

Le Rav développe ce grand message, ce grand trésor de culture, she-éin lo chiour le-'uzo ou-khvodo. Il n'y a pas de mesure à sa force et à sa grandeur. J'ai traduit kvodo par « grandeur », ce qui est une traduction assez juste.

Et cet esprit en question, qui est l'esprit du message qui passe par la tradition, ve-ha-rouah ha-gadol, ce grand esprit, mekoro, sa source, est mekor haïm, une source de vie, ha-makor ha-Elohi ha-Elyon, la source divine d'en haut, she-olekh ve-nimshakh mi-dor le-dor, qui se présente toujours à nous comme une sorte de puits de Myriam qui accompagne chaque génération, qui va et se continue de génération en génération. Ve-khé mesimim elav lev, et lorsqu'on prête cœur, lorsqu'on prête attention à ce contenu, halou motsim bo ha-kol, on y trouve tout, tout ce qui nous concerne.

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