Acte et techouva : réinterpréter son passé
Le Rav Nahon montre que le sens d'un acte passé peut changer avec le regard que l'on porte sur lui aujourd'hui.
Rav Yaakov Nahon
Ensuite : Acte et techouva : la concrétisation qui donne sens, 48 min
En bref
Le Rav Yaakov Nahon commente le début du texte « Hey » de la série Acte et Teshouva : l'acte humain n'est jamais figé, car la liberté de l'homme et sa volonté intérieure restent liées à ses actes passés. Il explique qu'une faute peut être reprise et reconsidérée grâce à un regard nouveau porté aujourd'hui sur elle, ce qui en change le sens. Il ouvre aussi sur l'idée que les bons actes ont un retour vers le Ciel, et que le repentir d'un Baal Teshouva peut atteindre une grande élévation, sans rabaisser pour autant la pureté du tsadik.
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Les textes de Hey et de Vav ne sont pas simples, et souvent je passe dessus. Mais si vous voulez, on va essayer ensemble d'entrer dans Hey et Vav. J'ai besoin de vous, et vous avez aussi besoin un peu de moi. Essayons vraiment d'entrer dans le texte ensemble. S'il y a des questions à poser, il faut les poser, pour qu'on essaie de bien comprendre.
Lisons le titre du Pérégvav. David, tu lis à la page Mem Hei. Le titre: Metsiout, c'est l'existence; Peoula, l'action; Pnimit, c'est-à-dire intérieur; Shel Techouva.
Dans la profondeur des trésors intérieurs, des secrets intérieurs de l'homme, c'est-à-dire dans le contenu essentiel de l'aventure humaine, il y a une dimension de techouva qui est profondément liée à l'aventure humaine. On en a parlé, on en reparlera encore. Il est difficile de concevoir un être aussi complexe que l'homme à qui l'on ne donnerait pas l'occasion de pouvoir se recorriger rétroactivement.
Parce que la vie humaine est une rencontre avec tellement de forces, très souvent contradictoires entre elles. Et pour pouvoir mettre en marche cette réalité-là, il faut travailler énormément sur l'expérience de la vie et se recorriger peu à peu. Je vous le dis comme un dessin qu'on veut essayer de parfaire, qu'on veut améliorer de plus en plus.
L'aventure humaine est un projet. C'est un projet divin qui commence depuis la création du monde et qui ne finit pas. Et on est dans l'espoir que, peu à peu, cet être-là va s'améliorer, et pas uniquement sur l'expérience du passé, du passé lointain, ce qu'on a reçu comme message des siècles précédents. Mais aussi énormément à travers notre propre expérience de la vie.
On nous donne le moyen, et c'est quelque chose d'extraordinaire, de pouvoir corriger, même aujourd'hui, rétroactivement, des aventures passées. C'est, en thérapie psychologique, la base de la psychologie, de la psychanalyse, si tu veux: le fait que tu peux, actuellement, revenir sur une aventure passée et en tirer des enseignements, changer les choses en conséquence.
La même chose par rapport à une aventure, on va voir le texte tout de suite: une aventure passée que tu as vécue d'une certaine façon, que tu as abordée d'une certaine façon, et dont tu as tiré, à l'époque, des conséquences d'une certaine façon. Mais le même acte et la même rencontre, je peux leur donner un autre sens en changeant mon regard sur ce passé.
Par exemple: j'ai, dans mon passé, une rencontre avec quelqu'un qui était négative. Elle s'est faite dans un certain contexte. Je peux, quelques années plus tard, rencontrer la même personne et lui dire: « Tu sais, j'ai réfléchi, et à partir d'une analyse commune de ce qui s'est passé, nous pouvons créer une amitié extrêmement profonde. » Ce qui aurait dû être fait peut se faire à travers une techouva par rapport au passé. C'est possible. On n'est pas prisonnier de nos actes passés.
Alors, on va entrer un peu dans le contexte de ce texte. David, tu vas d'abord nous lire un peu. Hey, Havaya. Tu reprends ça. Tu as déjà lu ton texte en entier ? Où t'es-tu arrêté ? Qu'est-ce que tu as lu dans le Hey ? Tu n'as rien lu encore. Alors ce que je te propose: commence à avancer dans le Hey, quelques lignes.
« L'acte individuel de l'être humain et le sens de la nature n'ont pas une seule grande dominante, qui n'est jamais établie une seule fois. L'espoir de l'être est lié à l'acte. L'acte du passé n'est pas établi à partir de l'état de la vie et de l'espoir de l'existence. »
Nous commentons un peu. Kavan, kavan she-en davar mitnatek le-garé, yesh be-yad ha-chefetz ve-adbiya zivyon meyouchad gam al ha-maasim she-am. Ve-zehou soded ha-techouva, she-bara otah ha-Kadosh Barouh Hou kodem she-bara et ha-olam. Ke-nomar, hichim et koah ha-yetsira ha-nefshit.
On s'arrête ici. La dernière phrase sera un peu la conclusion de ce qu'on va dire, comme une parabole ici. Bon. Ahavaya, c'est l'existence, la vie. La-maaseh bi-hiri she-la-adam, c'est la zone dans laquelle la liberté de l'homme existe. C'est ce que nous avons l'habitude d'appeler la zone de l'être, le nefesh de l'homme.
Ratson ha-kavoua: ce n'est pas quelque chose qui est autour de ce qu'il a choisi, mais quelque chose qui se passe au niveau de la volonté, au niveau de l'âme, au niveau de notre relation au divin. Je crois que c'est une dimension du ratson ha-kavoua. Je pense que le Rav pense ici à ce que nous avons l'habitude d'appeler le côté neshama de l'être. Ton spirituel.
Alors, inam, ce sont ces dimensions-là: l'existence, ton acte et ton âme volontaire. Inam shalchelet achat gdola. Shalchelet, c'est une chaîne, un lien, une chaîne liée, she-me-ola menan ni takim echad mi-chaviro, qui ne sont jamais séparés l'un de l'autre.
On va voir que le Rav en vient à parler, non pas uniquement de l'acte au moment où on le fait, mais surtout de la façon dont on va se référer à nos actes passés. Je pense que quelqu'un qui maîtrise un texte comme celui-là peut vraiment changer sa vie. Quelqu'un qui a un regard vers une époque de sa vie qui était négative peut complètement changer ce regard, et transformer toute cette zone de sa vie en quelque chose d'extrêmement positif et de constructif.
On va voir ce que dit le Rav. Kefetz adam ke-shebem asa. C'est-à-dire que la notion de volonté, de désir, est liée à notre acte. Je peux dire que cet acte, je l'ai fait de tout cœur, ou je l'ai fait à contrecœur. Il y a un lien entre l'acte lui-même et son impact spirituel. Le même acte, je peux le regarder d'une certaine façon, satisfait, ou je peux le regarder avec un regret ou une crainte. Et l'un est lié à l'autre.
On laisse un peu avancer le texte, mais on veut l'analyser. Gam, maintenant, ce qu'il dit maintenant, c'est le grand message, qui est l'extraordinaire de la création divine au niveau de l'aventure humaine.
Coupés, séparés: ils ne sont pas séparés, mi-mout ha-chayim, de notre propre vie et de nos désirs à la base. Notre passé est lié au monde de mon désir actuel. Ils sont liés l'un à l'autre. Et donc, comment ? Mon désir de vivre, mon désir de faire, mon acceptation de cet acte. Je suis content de cet acte, ou je le regrette, tout ça. Mais je crois que cela va s'éclairer de plus en plus.
Ke-van, she-en davar mitnatek le-gamrei. Finalement, notre monde psychologique est lié à tous nos actes, notre présent, notre passé, et les choses sont liées entre elles. Regardez ce qu'il dit: yesh be-yad ha-chefetz, il y a entre les mains du monde du désir, de ma volonté intérieure, la possibilité de marquer. Le mot leatbiya, le mot tabaat, ou matbea: c'est quelque chose qui est marqué. Il y a moyen de marquer
une apparence, un regard, gam à la maasim she-avrou, même sur les actes du passé. Il va donner un très …
Cours d'Orot veKelim
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