La volonté de revenir à Dieu selon le Rav Kook
Le Rav Kook fait de la volonté de techouva une force de l'âme qui oriente vers le bien et ouvre sur l'histoire de l'humanité.
Rav Yaakov Nahon
Ensuite : Le goût du fruit dans l'arbre : Orot HaTechouva, 39 min
En bref
Le Rav Yaakov Nahon commente la page cinq de Pérékh Tchouva (Orot HaTechouva du Rav Kook) : la tchouva est mise en relation avec la volonté (ratzon), dont la source la plus profonde est la neshama, l'âme, et non le simple désir sensible. Il explique que la tchouva ne se limite pas à Roch Hachana et Kippour : elle ouvre à une vie de joie et de proximité avec le divin, naturelle pour le peuple d'Israël, fils du Créateur. Il développe aussi l'idée d'un projet divin qui conduit l'histoire, y compris à travers la Shoah et les événements actuels, vers un progrès de l'humanité.
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Le titre du Pérek, je reviens dessus. C'est à la page cinq, Mem Guimel, Ererr a ratzon amilgalé al yadé a techouva. Page cinq, Mem Guimel. Emmanuel, tu vois où c'est ? Le Rav insiste ici sur la dimension de la volonté qui entre en jeu dans le processus de la techouva, et il met cela en rapport avec le mot ratzon.
Le mot ratzon en hébreu vient de quelle racine ?
— La racine rats.
— Courir.
Courir. C'est-à-dire que si une véritable dimension de la volonté apparaît, c'est quelque chose qui présente une tendance intérieure profonde à se donner dans cette direction.
Au tout début du paragraphe du chapitre du Pérek, le Rav insiste sur le fait qu'il existe toutes sortes de dimensions de la volonté, de désir. Il y a le désir de prendre du chocolat, le désir de boire un café chaud, il y a le désir de rencontrer un être humain de qualité. Il existe une dimension qui nous est offerte, qui nous est possible: c'est le fait de vivre notre relation avec le Créateur.
Ce n'est pas tout le monde, dans ce monde, qui a cette chance, cette possibilité de vivre cette aventure dans la dimension où nous la vivons: le peuple juif. C'est évident. Cela peut exister, cela a existé chez d'autres peuples aussi, chez certains mystiques, qui ont réussi à trouver un contact avec une dimension divine. Mais chez Am Israël, c'est quelque chose de naturel.
Au niveau collectif, la terre dans laquelle nous vivons, c'est une terre spéciale, qui est faite pour un peuple spécial. C'est une Erets Kodesh, une terre où le Kodesh se vit à l'intérieur, mais elle ne perd pas sa dimension de Erets. C'est une terre.
La vie qui nous est proposée à nous en Erets Israël, c'est une vie dans une terre, une vie humaine. C'est une civilisation qui prend en main toutes les dimensions de la vie, mais elle remplit cette dimension de la vie de la présence divine. Et cela, c'est nous, c'est en Erets Israël.
Cela dépend de la mesure dans laquelle on vit notre potentiel comme il le faut. Si nous vivons notre potentiel authentique, notre rencontre avec le divin est quelque chose de profondément motivé et naturel. Dans ce cadre, il est évident que l'homme, dans sa complexité, est obligé de faire des fautes. On le voit sans arrêt dans le texte d'Orot HaTechouva, dans lequel le Rav Kook insiste énormément sur le fait que le rapport à la techouva doit être un rapport naturel, qui fait partie de la vie.
De la même façon que, pour nous, la digestion est quelque chose de naturel, et que la rencontre avec la nourriture pour l'intégrer en nous-mêmes passe par la digestion, notre aventure spirituelle, notre rencontre avec la nourriture spirituelle que nous avons, doit passer par une remise en place de toutes les valeurs, par savoir les digérer comme il faut. Et la techouva tourne autour de cela.
C'est elle qui est capable de faire le tri, à travers l'immensité de la vie et la complexité de l'homme, pour permettre à l'homme d'aller de l'avant constamment, malgré le fait qu'il fait des fautes.
Kenyako, tu lèves la voix très fort ?
Je dis que le Rav Kook insiste sur le fait que, de la même façon que dans la vie humaine la rencontre avec la nourriture
se fait à travers un phénomène qui s'appelle la digestion, et qui est quelque chose de profondément naturel pour l'homme et pour toute la création, au niveau de notre aventure, nous, le peuple juif, dans notre relation avec HaKadosh Baroukh Hou, qui est une relation d'union, d'amour et de zehirout, dans ce contexte-là il y a une place
tout à fait normale et naturelle pour la techouva. Ce n'est pas quelque chose d'exceptionnel; c'est au contraire quelque chose qui doit être très naturel. Et pour vivre vraiment notre destin d'Am Israël sur notre terre, il faut savoir vivre la techouva et l'utiliser au mieux.
Maintenant, dans le Pérek, le Rav Kook parle d'une dimension de la volonté qui s'exprime à travers la techouva. L'homme qui s'engage dans un processus de techouva, dans lequel il veut revenir dans sa rencontre avec son Dieu, cette dimension de volonté de revenir vers Dieu qui est en nous est l'une des dimensions les plus puissantes de ce que l'on peut appeler la volonté.
On peut vouloir toutes sortes de choses dans la vie, on peut avoir des désirs. Mais la volonté de rencontrer notre Dieu est l'une des volontés les plus puissantes qui existent en nous, et elle existe au niveau du Rav Ira, au niveau du particulier, de l'individu, au niveau du collectif. Quel devis ? Comment ? Pas uniquement. Tout.
Le ratzon, c'est ce qu'on appelle un corps nefshi. Comme toute la dimension du nefesh, qui est ton psychisme conscient vivant, c'est ça ton nefesh, cette dimension du psychisme qui est en contact avec la vie qui est devant nous. Tu peux entrer en contact avec elle à travers ta tête aussi, tu travailles dessus.
Si tu as eu l'occasion de vivre une aventure avec un psychologue dans ta vie, je ne sais pas ce qui s'est passé, mais moi, cela m'est arrivé pas mal de fois. Le monde du psychologue, c'est le monde du neshama-nefesh-guf. C'est un monde dans lequel tu peux entrer aussi avec des outils intellectuels, c'est évident. Et il y a certainement, à l'intérieur de cela, aussi des dimensions sentimentales qui entrent en jeu.
— Qu'est-ce ? Comment ?
Quand il s'agit de faire techouva, elle s'exprime à travers cette volonté de techouva. Son désir à elle, c'est de faire techouva, c'est de rencontrer son Dieu.
On va reprendre un tout petit peu le texte, que nous avons déjà fait une fois. Je prends dans la page Mem Guimel. Emmanuel, tu veux me dire quelque chose ?
— Comment ?
Une seconde, une seconde. Pour reprendre cela, je préfère lire le petit paragraphe de la page Mem Guimel, à la suite.
Emmanuel, je vois que tu veux lire, alors tu vas nous lire cela. Cela commence par Ratzon nabba. Vous êtes à la page cinq, Mem Guimel. C'est la fin du petit paragraphe à cet endroit.
— [Lecture d'un élève, inaudible]
C'est bien, c'est bien, c'est bien.
Je reviens sur ce texte. On l'a vu, mais on revient dessus. A ratso naba mikoha shel techouva. C'est cette volonté qui se libère à travers notre processus de techouva. A ba mikoha shel la techouva. Ou: a ratso naamok shel Omek HaHayim. C'est une dimension de volonté profonde qui touche la profondeur même de la vie.
Je crois que le Rav en parle souvent, et on verra des textes où les choses sont encore plus claires, de façon plus explicite, quand il parle de ratzon à Omek HaHayim. Quand il parle d'Omek HaHayim, il ne s'adresse pas uniquement à la profondeur de la vie de cet individu, mais à quelque chose qui va beaucoup plus loin: la profondeur de la vie.
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