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La techouva, nécessité de la Torah et du cœur

Rav Yaakov Nahon explique la phrase de Pirké Avot 5, 9 : la techouva précède la création du monde et guide l'homme vers la pureté intérieure.

49 min

Rav Yaakov Nahon

Ensuite : La volonté de revenir à Dieu selon le Rav Kook, 54 min

En bref

Le Rav Yaakov Nahon explique que la Torah propose à l'homme de devenir un grand homme, et que, puisque nul ne peut vivre sans fautes, la techouva (le retour) est indissociable de l'étude de la Torah. Il s'appuie sur le premier paragraphe d'Orot HaTechouva du Rav Kook pour montrer que la techouva passe par le regard vers le haut, vers la vérité (emet) et la sainteté (kedoucha), et par un travail concret de purification du corps, des midot et de la pensée. Il rappelle enfin que l'amour entre Hachem et son peuple est une relation réelle, à laquelle chacun peut aspirer.

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Ce que je voudrais, c'est que d'abord on regarde un tout petit peu le titre de notre chapitre. Ça se passe à la page Samertet. Et ce qui est dit, comme vous le voyez, c'est: Echechiou Tatechouva Veatora Zolezo Beklaloutam Ube Malotem Aelionout. Ça veut dire quoi ? En deux mots. Ensuite on rentrera dans le texte, mais en deux mots, dans la mesure où le programme proposé par la Torah est un programme complexe.

L'homme idéal, disons proposé et prévu par la Torah, c'est un homme qui est arrivé à un niveau de vitalité de grande qualité. La Torah a été donnée pour faire de l'homme un grand homme. C'est le bon Dieu lui-même qui a donné ça. Ce n'est pas une réflexion philosophique qui a été faite par l'homme.

C'est de l'ordre de ce qui se passe dans beaucoup, beaucoup de mondes, tel qu'on l'a connu dans les civilisations grecques, où l'Extrême-Orient avait roulé, dans lesquelles des grands philosophes ont pensé de toute leur force pour faire pour le mieux, pour proposer à l'homme quelque chose. Mais ici, c'est autre chose. Nous sommes devant un fait qui n'a pas son équivalent dans le monde et dont nous sommes les responsables face au monde entier. C'est la révélation.

HaKadosh Baroukh Hou s'est présenté à nous, il s'est révélé à nous, et il s'est révélé à nous pas uniquement une fois. C'est vrai qu'il y a eu la révélation du Sinaï devant tout le monde. Mais la révélation divine a accompagné le peuple d'Israël pendant très longtemps. De façon officielle, jusqu'à ce jour certainement, mais de façon officielle, de l'ordre d'une parole, à travers des prophètes.

C'est quelque chose qui a continué jusqu'à l'époque de Baïtchénie. C'est énorme. C'est plus d'un millier d'années. On se trouve donc devant une révélation. Cette révélation propose à l'homme d'être grand. Mais de notre côté, chacun de nous sait que l'homme est un complexe qui réunit des forces très différentes les unes des autres.

Devant la proposition divine de faire un homme, qu'est-ce que l'existence en a dit ? Qu'est-ce que c'est que ça ? Comment peut-on mettre en même temps un être avec des forces animales, et chacun de nous le sait, nous portons des forces animales, et en même temps un être qui est capable de vivre, de sentir une inspiration vers les niveaux les plus hauts de la beauté divine ? Nous sommes sensibles à ça.

Nous sommes sensibles à tout ce monde. Ce n'est pas par hasard qu'on est, par exemple, à Jérusalem. Ce qui nous a poussés ici, c'est qu'on a été attirés par le nez, par la recherche de cette odeur de Ghanais qui se promène quelque part ici, parce qu'on y est sensible. L'homme porte ça en même temps. Et le programme est un programme difficile. Et il est évident que l'homme doit faire des fautes.

C'est pratiquement introuvable, un homme qui ne fasse pas de fautes, quand il prend au sérieux ce qui lui est proposé. On verra des textes. Donc à travers ce cheminement, il y a quelque chose de merveilleux qui a été prévu par le Créateur avant la mise en marche même de cet homme. C'est la techouva. C'est le fait qu'on donne à l'homme, qui ne peut pratiquement pas ne pas faire de fautes dans le cours de sa vie, l'occasion de corriger, et de corriger encore, de revenir sur l'ouvrage et d'aller de l'avant.

On a vu des textes, beaucoup de textes, et on y reviendra encore, dans lesquels il est pratiquement impossible de croire qu'on peut rentrer dans un édifice de l'ordre de la Torah sans être équipé d'un bagage de techouva. Il faut apprendre à se corriger. Chacun de nous doit apprendre à se connaître, à rentrer en lui-même, à déceler les fautes qu'il porte en lui, à avoir la force de les reconnaître et de les rejeter, et à faire un effort qui est merveilleux mais pas évident: se régénérer intérieurement à travers la techouva.

C'est-à-dire arriver à un niveau dans lequel la prise de conscience de la faute est accompagnée d'un regret, d'une techouva.

Et nous avons l'oreille qui nous fait entendre des messages partis de nos maîtres, qui nous disent, comme vous le savez: Bemakom shebaleh tshuva nimtzaim, tsadikim mourim enam yecholim lamot. C'est-à-dire que l'endroit où se trouve un baal techouva authentique, l'endroit spirituel auquel il arrive, est plus haut, est plus grand, que l'endroit où un tsadik gamour, dans toute sa propreté et ses...

C'est un être admirable, mais c'est un autre niveau. Le baal techouva a dû chercher, puiser des forces à un niveau où le tsadik n'avait pas besoin de chercher pour pouvoir réaliser cette techouva. Maintenant, notre Pérek Youd insiste sur le fait que, je reprends le texte, le texte même, en quelques mots, il y a huit mots, neuf mots.

Echechiouta techouva ve'a Torah, c'est le sujet de notre chapitre. Zo le zo. Echechiouta, ça vient du mot moukhach, qui veut dire nécessité, obligation. Donc l'obligation de la techouva et de la Torah l'une avec l'autre. C'est-à-dire que je ne peux pas faire techouva si je ne suis pas aidé par une prise de conscience de l'ordre de la Torah, qui me donne le sens des idéaux vers lesquels un homme peut aspirer.

Et je ne peux pas aspirer à comprendre vraiment les messages de la Torah dans toute leur grandeur, en sachant que, à chaque fois que je fais une faute, je risque quand même d'enlever ma capacité de comprendre, sans faire techouva. Pour pouvoir comprendre, il faut que je puisse faire techouva. On reverra des textes qu'on a vus, mais c'est bon de les relire. Donc c'est cette nécessité de la techouva et de la Torah, l'une en relation avec l'autre.

Le Rav nous dit, premièrement, Beklaloutan, de façon très générale, au niveau de notre vie, en Hachnoukan. Mais le Rav insiste aussi, dans ce Pérek, sur le fait qu'il y ait une zone particulièrement sensible, qui est en fait la zone que, au fond de nous-mêmes, nous sommes venus chercher. Pas autre chose.

C'est ça ce qu'on est venu chercher en venant à Jérusalem. On est venu chercher une dimension de vitalité dans laquelle on est vraiment capable de goûter avec plaisir la relation avec le divin. Une relation qui est de l'ordre de l'admiration, de l'amour, dans ses niveaux les plus hauts.

Parler d'amour dans notre relation avec Dieu est quelque chose qui, en fait, semble quelquefois pas évident du tout. Mais quand on lit le texte du Kriat Chema, on est obligé de comprendre que, a priori, la relation divine en Israël se veut une relation très officiellement amoureuse. Et pour arriver à ce niveau-là, pour qu'il y ait vraiment une relation d'amour entre deux êtres, il faut faire sortir le plus possible tout ce qui peut s'appeler mauvaise volonté, négativité.

C'est une volonté de se connaître et d'utiliser toutes nos forces, le meilleur de nous-mêmes, pour réaliser cette relation qui est une relation d'amour.

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