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Le Rambam sur la manière d'aborder les textes ésotériques

Le Rambam explique qu'il faut préparer son esprit par l'étude avant d'accéder aux messages cachés du Talmud.

45 min

Rav Yaakov Nahon

Ensuite : Le Rambam et la transmission de la halakha dans Pirkei Avot, 39 min

En bref

Le Rav Yaakov Nahon commente le passage du Rambam (Moreh Nevoukhim, introduction) sur les midrashim ésotériques insérés par Rav Achi dans le Talmud, et sur la manière de les aborder. Il explique, par l'exemple de l'homme instruit mais ignorant de l'astronomie face à la mesure du soleil, qu'une vérité peut être rejetée faute de formation préalable, et qu'il faut d'abord acquérir les connaissances nécessaires avant de pouvoir la recevoir. Il conclut en évoquant la faiblesse intellectuelle des générations de la galout, d'où la nécessité de respecter les paroles des Hakhamim sans s'en moquer.

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Alors, nous continuons notre cours en utilisant le texte sur l'Agdama, le Perouch HaMichna des éditions du Mossad HaRav Kook, toujours. Et on se trouve quelque part autour de la page Ayin, Ayin Aleph. J'essaie de vous rappeler un peu où est-ce qu'on en est. Après que le Rambam nous ait donné tout un aperçu sur l'ensemble du travail de la Michna, il a ajouté que:

Le clôtureur de la Michna, savoir Rav Achi, a introduit dans le texte du Talmud, en même temps que les grands messages du commentaire de la Michna qui mène à la halakha, une série de messages qui sont présentés dans un langage que l'on peut appeler le midrash, dans lequel ces textes sont présentés d'une façon, disons, quelque part sibylline.

En tout cas, ce sont des textes qui sont des grands messages de l'ésotérisme juif, présentés sous forme parabolique, par des histoires qui peuvent apparaître même rocambolesques. Vous vous souvenez un peu des textes qu'on avait vus. Et le Rambam insiste beaucoup. Il constate pas mal de passages. C'est intéressant de voir à quel point c'est important pour lui de faire passer le message.

Il insiste énormément sur le fait que, quand on rencontre ce genre de textes, il faut savoir les aborder d'une bonne façon, c'est-à-dire être conscient que si ces textes semblent rébarbatifs, c'est parce qu'on n'est pas l'auteur. Et que si, après beaucoup d'efforts et de prières, HaKadosh Baroukh Hou ouvre notre cœur,

pour pouvoir comprendre le message, il ne faut pas le donner facilement. Il faut le donner aussi nous-mêmes, sous la forme d'allusions. Il faut en plus savoir choisir son public, ne dire ça qu'à des personnes dont on sent qu'elles sont capables de recevoir et d'apprécier le message. Et le Rambam revient sur ce message en insistant sur le fait que

les niveaux de compréhension sont différents. Et il consacre du temps et des pages pour essayer de faire passer comment il se fait que certains messages peuvent être incompris, rejetés, et que, après préparation, ils deviennent abordables. Il prend un exemple pour faire comprendre ce message. Il prend l'exemple de quelqu'un

qui serait quelqu'un d'intelligent, qui aurait une formation, disons scientifique, dans la biologie, dans la musique, dans les sciences naturelles, mais qui n'aurait pas une formation mathématique suffisante et qui n'aurait pas d'aperçu sur tout un monde, qui est le monde de l'astronomie, par exemple. Et dit le Rambam: si on abordait cette personne en lui disant, tu sais…

Je vais prendre un peu le texte, là. C'est dans les pages Samerhet, une seconde. C'est chez nous, dans notre texte, à la page Samerhet, quelques lignes avant la fin de la page, six lignes avant la fin. La ligne qui commence par Behochma Tako Chavim: c'est quelqu'un qui a une formation scientifique, qui est intéressant, qui est curieux, qui a une bonne nature.

Cependant, il n'a pas de formation en géométrie ou en astronomie. Il dit: Ma ata omer be-ish she-ou to'en, she-goufo shel hashemesh she-anou roim ke-iluhu igula ketana, she-hu goof gadol, ve-godelo ha-gadol, ha-gadol ra'ou ke-godel kadour ha-arets, mea ve-shishim ve-shisha pa'amim, u-shloshe-shemini pa'am.

Bien, je dirais: tu sais, ce soleil que tu vois comme un cercle lumineux, en réalité c'est une sphère, et c'est une sphère qui a des dimensions énormes. Il est cent soixante-six fois et trois huitièmes plus grand que la Terre. Et nous connaissons les mesures de la Terre, et de là on peut tirer les mesures du soleil.

Et dit le Rambam: cette personne, en écoutant ça, et sans être prête, et sans avoir la formation suffisante pour le recevoir, rejetterait ce message en disant: c'est pas sérieux. Comment est-ce que tu peux savoir, toi, ce qui se passe pour un soleil qui est extrêmement loin de ta terre ? Elle donnerait toutes sortes de bonnes raisons pour ne pas comprendre.

Et ensuite dit le Rambam: mais si on lui ouvre la connaissance nécessaire pour comprendre le comment, pour y arriver, en ouvrant toute une branche de la géométrie, la trigonométrie, en enseignant des bases d'astronomie, en ouvrant des livres classiques de Ptolémée, grand astronome, toute la façon dont on peut arriver à cette connaissance lui deviendra quelque chose de normal, de naturel. Il en arrivera à un niveau dans lequel, pour lui,

le message selon lequel le soleil a telle ou telle dimension est aussi reconnu comme vrai que l'existence même du soleil. Et autour de ça, il continue. On va reprendre la dissertation du Rambam à la page Ayin, quelques lignes depuis le début de cette page.

Vers la fin de la troisième ligne, à partir d'en haut. On est à la page Ayin, sur votre droite. Le Ayin est très net; le nouveau Ayin n'est pas très net. Vous voyez ? Vous y êtes ? C'est tout sur votre page de droite, pas la gauche. Votre page de droite.

C'est bien là, Ayin, c'est-à-dire une page avant, Ayin Aleph. Ayin Aleph, c'est bien marqué dans l'édition, mais Ayin, on ne voit pas tellement bien. Alors, troisième ligne: Va-anachnou lo iskavnou ela ish she-sheale'nou, c'est l'idée qu'il y ait un manque de compétences, mais qu'il y ait tov a-sekhel…

Lorsqu'ils ont posé des questions, des questions de Dieu, qui ont été posées dans les demandes, il n'y a pas de doute qu'elles sont loin d'être concernées, car le ciel est loin de la terre, et il faut comprendre quelque chose d'eux. Alors je reviens sur le texte. Je dis au Rambam: nous, dans notre… le héros qu'on a présenté avant, quand on présente cette connaissance sur le soleil, nous n'avons pas conclu, nous n'avons pas imposé.

On n'a pas pris comme prototype Alayish, pour cet homme, chez Shalnouz et Ayinian, à qui on avait posé notre question sur le soleil. On n'a pas pris un exemple comme ça, que ce soit quelqu'un qui manque de toutes sortes d'autres connaissances,

avec une nature propre, et kacham, et intelligent. Et Hachela chercha à nous, et la question qu'on lui avait posée, c'était une question michelot alimoudiot, une question dans une zone de la compréhension intellectuelle qui, finalement, n'est pas trop difficile. Le commentateur en bas dit au nom du Rambam, regardez un peu, il dit chelot alimoudiot…

Vous voyez en bas, dans le commentaire, la sixième ligne. Mathématiques, vous voyez ? Sur la droite, complètement à droite: mathématiques. Ce n'est pas forcément des mathématiques, enfin, ce sont les mesures, les mesures effectivement du soleil, c'est en termes de mathématiques, finalement, pas plus que ça. Il dit: chez l'autre, l'émou dit autre, qui demande simplement… c'est une question purement intellectuelle, qui ne demande pas, finalement, une préparation spirituelle.

Il y a une pureté spéciale pour pouvoir saisir. Mais il dit: la question qu'on avait posée, c'est simplement une question de l'ordre de la mathématique. On nous dit que le Rambam, dans son livre qui s'appelle Millot HaHiggayon, classe …

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