Lumière divine, mérite et exigence dans l'amour
Pourquoi la rencontre avec la lumière divine exige un mérite, comme l'amour d'une mère ou d'un couple.
Rav Yaakov Nahon
En bref
Le Rav Yaakov Nahon revient sur l'idée que la lumière divine ne se reçoit qu'à la mesure du mérite, comme l'amour d'un enfant pour sa mère ou celui d'un couple, qui s'accompagnent d'une exigence morale. Il commente un passage du Rav Kook sur la contemplation de la lumière d'en haut, qui suppose un cheminement intérieur et une critique de soi. Il montre enfin que la techouva, le retour, permet de reprendre sa vie et d'accéder à la miséricorde divine.
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Si je vous dis que je veux revenir au paragraphe de tête, vous acceptez, ou vous dites que ce n'est pas bien ? Oui. Je voudrais insister, parce que je suis revenu sur ce thème. C'est quelque chose qui existe, je crois, à tous les niveaux de l'humanité qui vit sa dimension humaine dans sa qualité: les relations, les relations d'amour, les rencontres profondes.
Qu'il est donné à l'humanité de vivre, même au niveau de la relation parents-enfants, ou à l'intérieur du couple lui-même, ou au niveau de l'amitié profonde entre deux hommes. La qualité de cette rencontre a été faite par le Créateur d'une façon telle que ceux qui vivent cette rencontre la vivent à travers une dimension d'exigence et de mérite qui l'accompagne.
C'est-à-dire qu'un enfant, quand il est normal, sait, tout en étant convaincu que l'amour de la mère est quelque chose d'infini, que de son côté il a l'obligation d'être à la hauteur de cet amour, et d'avoir un comportement en conséquence. C'est d'ailleurs autour de cela que la mère peut, peu à peu, éduquer son enfant, lui imposer une exigence morale qui provient du fait que cet enfant aime sa mère. Il veut être à la hauteur de cet amour. C'est certainement aussi le cas dans la relation entre amis, certainement dans la relation entre le maître et l'élève.
Et certainement, même s'il y a une dimension très spéciale qui s'appelle l'amour au niveau du couple, et même si l'on prétend que cet amour est quelque chose qui dépasse la notion de mérite, ce n'est pas du tout évident. Je pense qu'à l'intérieur du couple, au bout d'un certain temps, très très vite, la dimension du mérite entre les deux éléments du couple est très nette. Le fait de faire des choses bien faites crée l'amour.
Quand j'étais enfant, je me souviens d'une expression qu'on avait dans la bouche, en espagnol, mais qu'on peut traduire tout de suite en français: Obras son amores. Le fait que tu aies fait une œuvre bien faite, tu as ouvert une rencontre d'amour. C'est parce que tu fais les choses comme il faut que se crée une dimension d'amour qui est le résultat d'un mérite, d'un mérite authentique.
## La lumière divine et la lumière du soleil
La rencontre avec la lumière divine, ce n'est pas la rencontre avec la lumière du soleil. La lumière du soleil arrive de façon égale à un juste et à un méchant, disons, au niveau physique. Mais la rencontre avec la lumière spirituelle du Créateur, ce n'est pas la même chose. Elle arrive avec son message d'exigence, avec elle-même. Elle ne se livre que chez celui qui sait la mériter. C'est tout le thème de la kédoucha. Le thème de la kédoucha, un kadoch, c'est quelqu'un qui, d'un côté, a réussi.
Alors, ce texte-là, si vous permettez, je vais le refaire encore une fois. On dit que ce n'est pas la même chose de lire un texte cent fois ou cent une fois. Même si c'est entre nous, on va le relire quand même. Si vous voulez, je vais demander encore à Gary de lire ce texte-là. Tu lis ça très fort. Allez, on est à la page Ayin Guimel, à l'intérieur du Pérek Youd. Ça va une seconde. Est-ce que tout le monde a ça ? Tu as ? Emmanuel, tu as le texte ? Ça va ?
Je vous remercie. Je vous remercie.
Je vous remercie.
On va essayer de rentrer dans le texte. Si on l'a déjà vu une fois, c'est très bien, ça nous permet de le revoir mieux.
Il faut insister. Vous allez voir, tout au long du texte, comment le Rav Kook, zikhrono livrakha, insiste sur la coïncidence qu'il y a entre cette rencontre avec la beauté de la lumière et, en même temps, son exigence. C'est une lumière exigeante. Ce n'est pas simplement une lumière qui arrive et qui t'est donnée stam.
Tu ne l'obtiens qu'à travers le mérite. C'est grâce au mérite que tu l'obtiens. Je vous ai déjà parlé un peu, je crois, la dernière fois, je vous avais cité un peu Derech HaShem, du Ramchal. Le Ramchal explique dans Derech HaShem que le prix le plus beau qui soit octroyé à l'humanité, donné à l'humanité, c'est la joie de participer à la lumière divine.
Seulement, il y a un secret, un mystère immense. C'est quelque chose qui nous dépasse. Pourquoi je dis que ça nous dépasse ? Je ne sais pas si c'est de l'ordre des conditions de vie que le Créateur a mises en marche, ou des choses qui touchent l'essence du divin même. Je ne sais pas si je suis à la hauteur de dire ça, mais j'ai l'impression que nous sommes obligés de dire que le divin porte en lui cette notion de respecter le mérite, que la vie n'a de sens qu'à travers le mérite.
L'exigence morale qui sort de la lumière divine de la Torah est, pour nous, évidente, comme elle coïncide avec la rencontre avec la lumière. C'est-à-dire la théophanie du Sinaï, dans laquelle Dieu s'est révélé à nous, et la lumière divine s'est révélée à nous au point que les neshamot ne pouvaient plus supporter l'intensité de la lumière. Mais quel est le message qui passe à travers cette théophanie ? Je pense que c'est un message d'exigence morale, de comportement. Assot Adi Beirour, c'est un comportement.
Et c'est pour ça que, dans l'authentique tradition humaine, des gens qui sont authentiques dans toute l'humanité, toute l'humanité sait que depuis que Am Israël est vraiment Am Israël, on peut avoir confiance dans un Juif. Si l'on cherche quelqu'un en qui l'on peut avoir une confiance morale, c'est ce peuple qui a été mis sur pied par la Torah, qui est le porteur de ce message.
Dans l'humanité normale, il y a des reshaïm partout dans le monde. Mais je me souviens, ma première femme, zal, me racontait des histoires: quelquefois, il y avait des marchands arabes qui arrivaient au Chouk. Ils arrivaient avec leur portefeuille plein d'argent, ils ne savaient pas où le mettre. Ils allaient chez son père, qui était un marchand juif. Mais ils savaient que c'était un Juif, un vrai Juif. Ils étaient tranquilles. Ils savaient qu'ils ne toucheraient pas à ça. Tranquille, tranquille, chékèt, chékèt. Ce côté-là, le vrai Juif, c'est un homme qui…
Tout ça pour dire que notre vie, celle qui s'engage pour chacun de nous, c'est une vie dans laquelle il n'y a pas moyen d'échapper à ça. Elle sera accompagnée constamment, heureusement, Baroukh HaShem.
Dimension d'exigence. Cette dimension d'exigence donne une autre vitalité à la façon dont on peut goûter notre rencontre spirituelle. C'est un autre goût. Ce n'est pas la même chose, le pain de misère, le pain qui est donné par un mendiant, et le pain qui est acquis par le travail. C'est un autre goût. Le pain qui est acquis par l'effort humain a un autre goût. Et c'est quelque chose, je crois, de profondément intrinsèque à la vie, à l'existence, au divin, dans le fond …
Cours d'Orot veKelim
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