Talmud, écoute et regard dans l'étude de la Torah
Le Talmud comme rencontre avec le texte, et pourquoi l'œil est plus difficile à maîtriser que l'oreille.
Rav Yaakov Nahon
Ensuite : Torah et Talmud : la morale inscrite au cœur juif, 45 min
En bref
Le Rav Yaakov Nahon poursuit l'étude de la Michna sur les droits des Kohanim, puis développe l'acquisition de la Torah par l'étude (talmud, rencontre avec le texte) et par l'écoute (shmiat ozen). Il insiste sur la maîtrise de ce que l'on entend, la vigilance du regard, et la nécessité d'étudier les lois du lashon hara. Le cours aborde aussi la sensibilité du cœur (binat halev), la pureté, et la crainte (yira) mise en regard de l'anava, en s'appuyant sur Rachi et l'épisode du don de la Torah au Sinaï.
Début du cours (texte)
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Tof. Essayons de prendre, dans Hey, on va reprendre un tout petit peu, mais on avance, on avance. Donc on va lire la Michna Hey dans nos éditions, à la page Kouf Kaf. Ça va ? Bon. Alors, du moment que… Avner est là. Tu lis Hey, vas-y. De la Torah. De la Torah.
On s'arrête ici à ce moment, premièrement.
Bon, dans les commentaires, ils expliquent un peu ce que c'est que les shloshim à l'hôte de la Malchout. Ça a été exposé par Shmuel quand ils ont demandé un roi. Ce qu'ils m'ont dit. Et la Kéouna, Bessrine, Véharba, il y a un certain nombre de zekhuyot qui sont sur les Kohanim, et des droits que les Kohanim acquièrent, quand ils ont droit à toutes sortes de choses, quand ils ne doivent qu'à eux et pas aux autres.
C'est une partie des troumot que nous donnons. En principe, c'est pour le Kohen qui doit le recevoir. Normalement, ça devrait être le Kohen, dans son activité, qui devrait le recevoir. Maintenant, pour des raisons que nous connaissons, les Kohanim, actuellement, ne peuvent pas faire leur tafkid et tout ça, donc ils ne reçoivent pas ce qu'ils devraient normalement manger dans la kedoucha. Normalement, les troumot ou maasrot, les troumot en tout cas, devraient être données aux Kohanim, et ils auraient dû manger ces troumot dans la kedoucha.
De nos jours, c'est vécu en zékher d'être troumah, mais ce n'est pas vécu comme une vraie troumah, parce que ça ne peut pas être mangé dans la kedoucha. Bon, ça, c'est l'exemple de l'okhlei Kohanim. Et maintenant, la Torah. Je me lance un peu sur le texte. Maintenant, on passe au Guemara. Vas-y. Vas-y.
On s'arrête ici. Il y a une suite qui est survivable, mais on va essayer d'avoir la première rencontre, qui est: les choses qui sont ici. Les commentaires que, moi, j'essaie comme commentaire, je Karachi. Tu as autre chose, Karachi ? On a Karachi comme commentaire, d'accord ? Les premiers Karachaïm, non, les chea Malchout, nikned, beshloshim beshlosh malot, beshloshim malot, otam shektuvim per Ishmuel … Bon, ça, on le laisse de côté. Maintenant, quand on rentre dans le contexte de…
…de l'acquisition de la Torah. On va rentrer un peu ensemble, mais… Bon, l'une des acquisitions de la Torah, elle te dit: ben, Talmud. Je pense que ce qu'il veut dire par Talmud ici, apparemment, c'est la rencontre avec le texte. La rencontre avec le texte. Tu comprends ? Ici, il ne dit rien dessus. Il ne parle pas dans ce commentaire. Mais je pense que c'est vraiment Talmud dans le sens de l'étude, tel qu'on le comprend nous-mêmes, c'est-à-dire la rencontre avec un texte.
Comment se passe réellement cette étude elle-même ? Ça donne: Talmud, ça peut être la rencontre de l'individu avec son texte, ou d'un groupe avec son texte, tout ça c'est possible, mais c'est la rencontre avec le texte écrit, qui a son message. Ça donne, et… Chmiat Ozen, ce n'est pas la rencontre avec le texte. C'est l'écoute. Et là-dessus, c'est sûr qu'il y a énormément à apprendre pour chacun de nous,
pour utiliser ses oreilles comme il le faut. L'oreille est un… on en a parlé, mais c'est bon à être entendu. L'oreille est un instrument très peu dangereux. C'est-à-dire que, quand elle entend quelque chose, elle est capable de faire le tri à l'intérieur. Et ce n'est pas tellement… c'est un peu, mais c'est vrai qu'entendre de la chonara, c'est une douleur, c'est malheureux. Mais enfin, on n'est pas obligé de l'accepter.
C'est-à-dire que la façon dont on peut dominer ce que l'on entend, par exemple en refusant systématiquement d'accepter un lachon hara, qui est la guémara qu'on nous donne, au maximum mettre ça dans l'éventualité, mais pas plus que ça, c'est quelque chose qui est vraiment sous notre domination, c'est possible. On peut le faire. Une seconde, Daniel, une seconde. Mais, par contre, on ne peut pas dire la même chose pour l'œil.
L'œil est beaucoup plus violent dans sa façon de nous toucher. On ne peut pas dominer un regard. Quand il y a un regard, il y a une tentation, et qui quelquefois va dans des directions qui sont vraiment dangereuses au possible. Oui, tu peux détourner ton regard, mais si tu utilises ton regard, il faut savoir que, quand tu es en train de voir, il y a toujours une éventualité de problèmes, à des rencontres qui ne sont pas évidentes du tout.
Je vous donne un exemple. On raconte qu'il y avait une reporter anglaise qui était venue faire une interview avec le Rav Kook pendant, paraît-il, plusieurs heures. Elle n'a pas vu ses yeux. Ça ne veut pas dire qu'elle a vu ses yeux et que les yeux n'ont rien dit. Elle n'a pas vu ses yeux. Pourquoi ? Parce que l'œil est dangereux. Beaucoup plus fort. Beaucoup plus haut. Comme quoi ? Oui.
Donc je dis: la façon de dominer et de contrôler ce qu'on entend est beaucoup plus facile pour quelqu'un qui n'est pas bête, qui sait quelles sont les ilkhot lachon hara et qui sait faire attention à ce qu'il entend. Ce qui passe par l'oreille n'est pas immédiatement capté comme vrai. Tu peux mettre autour de ça une oreille. Mais ce qui passe par l'œil, ce n'est pas ça. L'œil, il y a des fois où tu ne peux pas, tu ne peux pas.
Pas chouc, tu ne peux pas. Du moment que tu vois, et tout de suite, pac. Une seconde. C'est la vérité ou ce n'est pas la vérité ?
Je vous dis: au niveau de ce que tu entends, si c'est une vérité qui est douloureuse, ce n'est pas une faute. Savoir quelque chose de douloureux, ce n'est pas une faute. C'est peut-être triste, mais ce n'est pas une faute. Mais voir ce qu'il ne faut pas voir, c'est une faute. Ça remet toutes sortes de forces qui ont, par leur place, et non seulement chez nous, mais chez les personnes, parce que quelquefois ce sont des rencontres d'œil à œil.
Ce n'est pas tout seul. Ce n'est pas toi qui vois quelque chose. C'est quelqu'un d'autre qui te voit aussi. Il y a un contact qui se fait, qui est quelquefois extrêmement dangereux. Ce n'est pas le moment de regarder la femme de son voisin, tu comprends, mais c'est une chose qui est très courante, très facile, extrêmement facile. Or, c'est dangereux. Et ça, je me souviens, vous avez entendu parler du Rav Nechmani, David Nechmani ? C'est chrono d'un tsadik de Breslev. Moi, je me souviens, on a entendu pas mal de cours, et il y avait dans ces cours souvent un chevah
…de l'oreille, comme étant une qualité de grande valeur. Et ce n'est pas simplement en son nom que j'ai entendu, mais j'ai entendu, je vous ai dit ça, mais c'est à retenir et à faire passer: que des bons juifs ont de grandes oreilles, ils ont de bonnes oreilles. Être un bon juif, c'est savoir avoir de bonnes oreilles, savoir utiliser ses oreilles pour écouter, ce qui …
Cours d'Orot veKelim
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