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Torah, techouva et l'amour de Hachem selon le Rav Kook

Le Rav Kook montre que la Torah et la techouva ont besoin l'une de l'autre pour atteindre la relation intime avec le divin.

53 min

Rav Yaakov Nahon

Ensuite : Étudier la Torah pour la mettre en pratique, 50 min

En bref

Le Rav Yaakov Nahon commente une page d'Orot HaTechouva du Rav Kook : la teshouva ne peut être sérieuse sans la Torah, qui seule permet de situer ce qu'est le bien, le mal et la vie telle que le Créateur la propose. Il explique que l'étude de la Torah, dans sa dimension la plus élevée, ouvre une relation vivante avec l'Esprit divin, et que l'amour de Hachem, comme dans le Shir HaShirim, exige d'apprendre à connaître et à admirer sa grandeur. Il montre enfin que la bonne volonté doit être éclairée par la connaissance, et que les actes accomplis en mitsvot font apparaître des racines spirituelles qui donnent sens à la vie.

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

## Le titre du chapitre

Le titre du Pérek que nous abordons se trouve à la page Samekh Tet. Le titre de ce Pérek est: Ḥechiyout HaTechouva VeHaTorah zo lezo, Ichlaloutam ou-Ve Malote Ma'Eliyout. On va essayer de traduire vite.

Comme je vous l'ai dit très, très souvent, les textes du Rav Kook sont quelquefois de très grandes phrases, avec de grands envols. Mais si on ne veut pas rater le texte, il faut entrer dans le détail du sens de chaque mot. Il faut prendre au sérieux chaque mot et essayer de voir son message spécifique.

Ḥiyout HaTechouva VeHaTorah zo lezo. On a absolument besoin, pour aborder le monde de la Torah, de libérer son cœur, tout le poids de sa problématique en relation à sa conscience. Il faut faire techouva, parce que l'étude de la Torah est exigeante, et elle demande qu'on fasse techouva pour pouvoir l'aborder.

De notre côté, pour faire techouva, il faut connaître dans l'ensemble ce qu'est le bien, ce qu'est le mal, ce qu'est la vie, telle qu'elle est proposée par notre Créateur.

On a besoin de Torah. S'il n'y a pas de Torah, on ne peut pas faire une techouva sérieuse. Même quelqu'un comme chacun de nous, je dis ça, nous tous: quand on a voulu aborder le monde de la techouva, décider d'être meilleur et d'avancer, à un moment donné, assez vite, on s'est rendu compte que si on veut aller vraiment de l'avant, on a besoin de tout le monde de la Torah pour situer notre zone de vie, nos exigences, nos idéaux.

L'homme n'est pas capable tout seul. Et c'est ça qui est merveilleux dans le monde de la Torah: il est capable de réveiller en nous tout un potentiel d'idéal qui est en nous, mais qui demeure quelquefois endormi, parce qu'on ne sait pas le faire vivre. Et à travers la Torah, on réveille finalement quels sont les idéaux auxquels on a droit d'aspirer.

## La nécessité de la Torah et de la techouva

C'est un peu ce que nous dit ce titre: Ḥechiyout HaTechouva VeHaTorah zo lezo, la nécessité de la Torah et de la techouva l'une pour l'autre, pour qu'elles existent l'une et l'autre, aussi bien de façon générale que, de façon très générale. Et là, le Rav nous annonce qu'il a l'intention d'entrer à un niveau profond.

Très vite, on va voir que, dans ces textes, le Rav va parler de l'étude de la Torah dans sa dimension la plus élevée, la plus mystique. C'est celle qui a pour but non pas de nous dire ce qu'il faut faire, mais d'ouvrir une fenêtre de relation vitale avec l'Esprit divin, c'est-à-dire que chacun de nous, Baroukh Hachem…

Il y a certainement eu, jusqu'à ce jour, des expériences de ce qu'on appelle l'amour. Et l'amour, c'est une rencontre dans laquelle le spirituel crée la relation. Et dans notre cas, dans notre relation au divin, nous sommes dans un roman d'amour officiel entre l'homme, Israël, et son Dieu.

C'est vrai que c'est un roman de l'ordre de l'amour entre un père et un fils, mais ça va très loin, et il n'y a pas que ça. Si nous n'oublions pas que Chlomo HaMelech a écrit très officiellement Chir HaChirim, le thème de Chir HaChirim n'est pas simplement l'amour d'un père pour son fils. Ça va beaucoup plus loin que vous ne le savez. Et il ne s'agit, en principe, dans Chir HaChirim, que de l'amour entre HaKadosh Baroukh Hou et son peuple. Il ne s'agit que de ça.

Pour vivre cette aventure, cette aventure d'amour proposée, il faut apprendre à connaître, apprendre à aimer. Je pense que chacun de nous en est conscient, mais peut-être pas suffisamment. Quand on entre dans le credo essentiel qu'on nous demande de dire deux fois au moins par jour …

Il s'agit de ça, pas moins que ça. C'est très officiellement vers ça que l'on voudrait arriver. Et pour ça, on a besoin d'être à la hauteur.

## Aimer le Créateur

Une dimension qui est certaine pour provoquer l'amour de l'autre, c'est de faire ce qu'il aime, d'accomplir sa volonté. Ça, c'est pour se faire aimer. Mais pour aimer son Créateur, il y a des textes très, très beaux du Rambam qui tournent autour du fait de prendre conscience de l'immensité, de la grandeur du divin, de sa beauté, de réaliser ce qu'est ce Créateur, ce que c'est que cet être qui… Quand on prend au sérieux l'infini de la grandeur divine, on est en extase.

Il y a de très beaux textes, peut-être qu'on pourrait les faire un jour dans notre programme de Rambam, dans lequel le Rambam développe le thème de l'amour divin.

Moi je pense que c'est évident: oui, il s'agit de ça. Il s'agit de grandir dans un chemin qui peut aller très, très loin, qui peut arriver, avec le temps, à une dimension de… Certainement. Et elle doit réaliser sa grandeur. Et dans Orot HaTechouva, il y a tellement de textes dans lesquels on nous invite à réaliser la grandeur du divin et à prendre conscience. On a vu certains textes qui sont très beaux, dans lesquels il faut comprendre…

Certaines époques de la vie de l'humanité, qui semblent des époques terribles, sont en réalité pleines de nécessités pour arriver à réaliser pleinement le projet divin. Quand je pense à ça, vous voyez très bien de quoi je parle. Quand je pense à la Shoah, par exemple, c'est sûr que lorsqu'on a une première rencontre avec la Shoah, on ne sait pas où se mettre. Mais c'est évident qu'avec le temps, ce qui reste comme impression de ce que cela donne et vers quoi cela mène…

## Connaître la grandeur divine

Par exemple, entre autres, la prise de conscience d'une nécessité absolue d'être dans notre terre, pour vivre notre histoire, ne pas dépendre des autres et ne pas être soumis aux autres. Et ça, c'est peut-être la Shoah qui est capable de le faire: nous mettre définitivement sur le chemin de la prise de conscience de à quel point cette terre nous est nécessaire pour vivre notre particularité et notre grandeur. C'est un exemple parmi d'autres.

Je crois que, quand on grandit avec le temps, on peut arriver à dire de la façon la plus sincère à nos parents: je te remercie d'avoir crié quand il fallait crier. Ce n'est pas tout le monde qui a le srout de recevoir une baffe de son père. Certains en sont sous-srout. Quelquefois c'est nécessaire.

Mais là, le Rav, dans notre texte, va complètement ailleurs. Le Rav veut nous dire que, pour pouvoir vraiment aborder une techouva et vouloir être meilleur, il faut savoir la grandeur: qu'est-ce que la grandeur divine. Et elle s'exprime essentiellement par la capacité de sentir cette grandeur-là, qui s'exprime par excellence dans les grands textes mystiques du judaïsme, auxquels on arrivera, chacun de nous, en son temps.

Je vous ai dit qu'une partie de notre limoud d'Orot HaTechouva, si on veut vraiment le faire, c'est nous préparer, un jour, à pouvoir compléter ce qui est promis ici.

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