La conscience, cri intérieur et point de départ du retour
Comment la voix de la conscience et la psychologie ouvrent la voie à la techouva naturelle.
Rav Yaakov Nahon
Ensuite : Torah, techouva et l'amour de Hachem selon le Rav Kook, 53 min
En bref
Le Rav Yaakov Nahon poursuit l'étude de la Tshuva naturelle, celle qui naît de la conscience intérieure et du corps, en montrant qu'elle engage notre responsabilité personnelle face à la santé, au psychisme et au lien entre âme et corps. Il distingue la voix de la conscience, qui se dégage de nos désirs, de la Tshuva émounite, fondée sur la Torah et la tradition révélées au Sinaï. Il rappelle enfin que toute Tshuva vise à remettre la personne en vie et à la rendre capable de vivre pleinement.
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Nous sommes à la page Khaf Zayin de vos livres. Le titre est « Techouva, Tiv'it, Émounit et Tzichlik ». Nous avions commencé à parler de la techouva tiv'it, c'est-à-dire la techouva naturelle, au niveau du corps. Nous évoquions la nécessité de cette prise de conscience chez celui qui fait techouva: il est responsable de sa santé.
C'est vrai qu'on n'est pas responsable à cent pour cent de sa santé. Il y a des événements qui nous entourent, il y a ce que HaKadosh Baroukh Hou nous a donné comme force, comme corps, comme nature au départ, le lieu où l'on a grandi, le milieu dans lequel nous nous trouvons. Mais il y a aussi énormément de choses qui sont remises entre les mains de notre liberté et de notre responsabilité personnelle, dit le Rav.
La rencontre entre le fait que quelqu'un souffre de problèmes physiques et qu'il est conscient que c'est à cause de son comportement, qu'il a fauté quelque part dans ce qu'il aurait dû respecter, au niveau des lois de la médecine, des lois de la morale, des lois de la Torah qui touchent à la santé: quand il prend conscience de cela, il fait techouva par rapport à cela.
Nous avions vu que la médecine a un rôle essentiel dans tout cela. Le Rav Kook nous a dit que la médecine est extrêmement importante, mais il faut savoir qu'il n'y a pas que la médecine. Il n'y a pas la médecine du corps uniquement: il y a aussi le monde du psychisme qui entre en jeu, il y a le psychosomatique qui a son mot à dire dans la façon dont notre corps vit. Cela dépend beaucoup de la façon dont notre âme vit. Si nous donnons à notre âme la façon de vivre sa dimension comme il faut, à ce moment-là, le corps va se nourrir aussi de cette vitalité et réagir en conséquence.
Cela peut se traduire aussi par le fait que lorsque je fais birkat hamazon comme il faut, il y a une joie intérieure et une bracha qui s'installe en nous, et les hormones de notre corps fonctionnent comme il faut grâce au birkat hamazon. Il y a sûrement une relation certaine, dans le psychosomatique, entre la façon dont notre corps vit et la façon dont notre spiritualité vit.
Si je me souviens bien, nous avions amorcé quelque chose, et j'y reviendrai: cette techouva, au niveau du psychisme, se vit à différentes dimensions. Il y a une dimension que le Rav appelle...
...la rencontre avec la conscience. Cette rencontre avec la conscience se fait parfois de façon très naturelle; elle n'est pas le produit d'une étude, elle est le produit de l'existence d'une force en nous, qui s'appelle la conscience. Le Rav appelle cela, dans son terme en hébreu, moussar haklayot, c'est-à-dire la façon dont nos reins parlent en nous-mêmes.
On dit qu'Avraham Avinou, lorsqu'il était en recherche de son Dieu et qu'il avait grandi, avait deux reins qui ressemblaient à deux talmidei hachamim qui lui enseignaient ce qu'il fallait. Il avait réussi à purifier son monde intérieur au point que son intuition était extrêmement puissante, bonne et droite. C'est là, disons, un surplus de conscience: c'est le niveau d'Avraham Avinou, qui était un colosse.
De la spiritualité chez eux. Chez nous, en tout cas, cela se traduit à tout le moins par l'existence d'une conscience qui crie quand ça ne va pas. Il existe des lois de la droiture intérieure dans le monde humain, qui existent de façon instinctive chez l'homme, du fait qu'il est homme et qu'il a une âme, même si cette âme ne s'est pas engagée dans le monde de la Torah. Mais du fait que c'est une âme, et en particulier si c'est une âme d'Israël qui descend d'Abraham, d'Israël et de Yaakov, qui sont des colosses de la conscience humaine et qui ont transmis cet héritage à leurs descendants.
La conscience juive est donc une conscience en relation avec Dieu, et elle est très forte. Le Rav dit qu'une partie de notre techouva provient du cri de la conscience, et de la capacité que nous avons, ou que nous n'avons pas, d'écouter ce cri de la conscience.
Ce retour vers la conscience, cette libération de l'écoute vers la conscience, c'est souvent aussi le travail, de nos jours, de ce qu'on appelle la psychanalyse. L'un des rôles de la psychanalyse, ou de la psychologie de nos jours, a été créé, comme vous le savez, par tout ce mouvement de psychologie qui a été fondé en fait par des Juifs ayant cette sensibilité-là. Freud, c'étaient de grands Juifs, des hommes juifs capables de revenir sur le passé, de faire le tri à l'intérieur du passé, de faire aussi une démarche à l'intérieur de la conscience pour libérer le monde intérieur: c'est l'une des grandes directions de la psychologie. Il s'agit d'essayer de libérer l'écoute vers le monde intérieur, de libérer le sentiment, de l'analyser, de le laisser exister.
Le Rav dit que la techouva tourne beaucoup autour de cela. Je reprends ses mots, en prenant la page Kafret de notre texte, qui parle de ce que le Rav appelle techouva tiv'it, une techouva naturelle au niveau de notre psychisme. Ce genre de techouva, qui est en relation avec le monde de la psychologie, le Rav dit que c'est compliqué.
On va demander à Hachemim de nous dire un tout petit peu cela.
Le partage de la techouva est très complexe. Il dépend de beaucoup de conditions intérieures et extérieures, et il y a plusieurs façons de la mener qui permettent de la protéger. Mais de tous les endroits, c'est l'une des bases sur lesquelles la techouva...
Je comprends tes paroles. C'est-à-dire qu'on va voir cela: on va traduire d'abord, puis on va entrer un peu dans l'analyse de ce qui est dit.
C'est compliqué, parce que c'est la rencontre avec toutes sortes de forces. En particulier, et c'est là que se trouve une zone très délicate, c'est la rencontre entre nos tentations humaines, nos envies, nos désirs, et cette dimension qui est celle de la conscience, laquelle est nourrie de critères spirituels.
Mais la conscience vit dans notre cœur mêlée à toute une série d'autres forces qui ne relèvent pas de l'ordre de la conscience, qui relèvent beaucoup plus de l'ordre du désir du corps. C'est à ce niveau-là que se situe notre liberté, notre choix personnel. Dans le démêlage des rôles entre le cri de la conscience et les différentes tentations qui sont dans notre cœur, il y a un choix, un tri à faire, très délicat. Il dépend aussi du critère de ce tri.
Si l'on donne par exemple beaucoup d'importance aux appels des désirs sexuels, de la libido, des choses comme ça, comme cela a été fait dans une partie de la psychologie, cela a laissé place à des forces qui se sont déployées dans le monde d'une façon qui n'était pas normale. À ce moment-là, on peut entrer dans des situations qui ne sont pas évidentes. Cela dépend beaucoup de celui qui t'aide à analyser ce qui se passe dans ton cœur. Si c'est …
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