La techouva peut réparer rétroactivement une faute
Comment le désir présent reste lié à nos actes passés, et pourquoi la techouva peut en modifier l'effet.
Rav Yaakov Nahon
Ensuite : Le Gaon de Vilna et la pensée du Rav Kook, 48 min
En bref
Le Rav Yaakov Nahon explique que l'homme porte une âme tournée vers la volonté divine et un corps dont les forces instinctives, sexuelles notamment, peuvent le faire tomber dans la faute. Il montre que la techouva, le repentir, est une capacité propre à l'homme : par elle, la volonté présente peut rétroactivement orienter un acte passé vers le bien. Il s'appuie sur la figure de David et sur le texte de la Ramhal pour rappeler que la techouva ne donne jamais licence de faillir.
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Je crois qu'on doit être quelque part à l'intérieur du perek vav, selon le compte rendu que j'ai reçu de personnes importantes. Je vous propose, si vous voulez, qu'on essaie ensemble de rentrer à l'intérieur de Vav Hei. On fait un petit retour en arrière, on n'a pas fait ce texte. Dans ce texte, on insiste sur quelque chose de très spécial qui est dans le contexte de notre vie humaine.
On en a parlé souvent, mais c'est essentiel, dans la mesure où le projet humain est un projet difficile pour l'homme. Il s'agit de mettre en marche une âme pleine d'une volonté divine, de faire vraiment la volonté de son Maître dans le ciel, de son Père dans le ciel. Et de l'autre côté, un corps.
C'est ça, le projet de l'homme: mettre en marche un corps. Et dans le corps, il y a un aspect animal. Le corps, c'est quelque chose qui joue instinctivement, qui n'est pas forcément lié à des valeurs morales. Il a ses forces à lui, qui ont été données à ce corps pour qu'il vive. Si le Maître du monde n'avait pas mis en marche tout un système, un corps qui a faim ne mangerait pas. Et s'il ne mange pas, c'est la faim. C'est le problème connu de toutes les mamans devant des enfants qui ne mangent pas: « Il ne mange pas, mon fils. C'est ce qu'on fait. »
Alors, le Maître du monde, devant ce problème, a créé quelque chose qui s'appelle, par exemple, la faim. Mais il faut finalement que cette génération humaine continue à vivre. Il faut quand même qu'il y ait des enfants qui naissent, et pour que les enfants naissent, il faut que des femmes soient enceintes. Ce n'est pas facile d'être enceinte. Une fois qu'on a accouché, on se souvient que ce n'était pas tellement facile d'accoucher, c'était difficile. Alors, pour que ça marche, on met en jeu des forces très fortes, instinctives, sexuelles, qui poussent l'homme et la femme vers des plaisirs qui vont très loin.
Vous voyez: autour de ça, on arrive quand même à faire des femmes enceintes, même si ensuite ça se traduit par un accouchement qui est quelquefois difficile. Ensuite, elles sont pleines de bonheur avec leurs enfants, mais il y a un moment difficile. Pour pouvoir dépasser ces dimensions-là, on a mis en marche aussi, dans le corps, des forces animales qui sont des forces aveugles, et qui, dans certains cas, font faire des bêtises.
Dans la zone sexuelle, c'est quelque chose qui est connu. Bon, la Brit est arrivée, c'est très bien. Il y a donc toutes sortes de problèmes qui proviennent justement de ces forces-là, qui quelquefois nous dirigent de façon un peu aveugle. En principe, cette force qui nous pousse vers l'autre, vers la femme, c'est ce qui doit apporter une union de plus en plus grande et forte dans un couple.
Un couple qui est un couple selon la conception divine, un contexte dans lequel les enfants naissent. Il y a une communion entre le mari et la femme qui permet d'élever ces enfants, de prendre une responsabilité par rapport à eux. Mais les forces qui poussent l'homme vers la femme sont quelquefois un peu aveugles.
Et quelquefois, ça peut se passer ailleurs que dans le contexte du couple, et ça fait des catastrophes. Il y a tout un problème, une série de problèmes, et le problème humain est un problème. On peut dire que quand il y a la catastrophe, c'est fini: zéro. Oualou, ouamarnou, le verre est cassé, fini. Mais c'est dommage, parce que l'homme, c'est un monde. On a mis en marche énormément de choses, c'est extrêmement compliqué.
Qu'est-ce qu'on peut faire ? Il y a quelque chose de très spécial, on en a parlé, ça s'appelle la techouva. La techouva est quelque chose d'extraordinaire, ce n'est pas naturel. Normalement, dans notre nature, physiquement, quand quelque chose se casse, zého, halakh, khappala. Mais dans le contexte d'une faute humaine, il est donné à la puissance de l'esprit la capacité de faire un retour en arrière,
les deux choses extraordinaires, merveilleuses, arrivent à corriger rétroactivement un acte. Mais ça, c'est quelque chose de très très spécifique. Pratiquement, à l'intérieur du règne animal, on ne voit pas tellement que ce genre de choses puisse exister. Mais au niveau de l'homme, c'est quelque chose qui lui est donné.
Techouva, kalma, laolam: dans la complexité du projet humain, pour que ce projet humain ait sa place, on a vu des textes très beaux du Rafouk pour le dire. Pour permettre à l'homme de garder l'espoir, de garder un idéal face à ces forces qui quelquefois sont aveugles et très fortes, on lui donne quand même la capacité, quand il est dépassé par ces forces animales, de récupérer ses fautes.
En faisant techouva, en se repentant de ce qu'il a fait, dans des conditions où il peut réfléchir à nouveau, sans se trouver sous la puissance de ses forces négatives, il arrive quand même à corriger rétroactivement, et en arrive à ce que ce contact qu'il a eu avec la vie, qui était au départ un contact de péché, devienne un contact plein de connaissances. Le message de connaissance est là: on sait ce qui se passe là-bas. La rencontre avec la vie est faite, seulement on oriente les choses d'une façon différente, au point que, merveille, cet acte qui était une erreur peut être récupéré, et à la fin être récupéré comme si c'était une bonne action.
Et chez certains, encore plus qu'une bonne action, dans la mesure où on a l'habitude de dire sérieusement: quelqu'un qui fait techouva est quelquefois plus grand qu'un tsadik. C'est-à-dire que les forces spirituelles qui naissent et qui accompagnent un homme qui a réussi à faire techouva sont des forces qui quelquefois sont plus grandes encore que les forces de quelqu'un qui serait un tsadik, qui fait les choses bien faites mais qui n'a pas eu l'expérience de l'humain.
Mais, comme ça a été dit et redit, chas v'chalom, mille cinq cents fois mille, il ne faut pas essayer de faire des fautes volontairement, pour dire: je vais faire techouva ensuite. Ça, il n'en est pas question. N'empêche que l'expérience de la techouva est une expérience extrêmement riche. Il y a quelqu'un qui peut quelquefois se permettre de mettre un pied sur quelqu'un, lui faire casser sa figure pour qu'il fasse techouva. Oui, de qui je parle ? Qui ça ?
Provoquer une faute pour qu'après cette faute on ait une conscience du péché, et qu'on mette en marche tout un processus, un processus de repentir, de remise en vie, et finalement de faire quelqu'un de très grande qualité humaine. On a un exemple dans notre histoire de quelqu'un qui est pas mal: c'est David Hamelekh. Il a fait des fautes, et une partie de ces grands messages sont des messages de techouva. Quand on utilise certains Téhilim, on voit que David se retrouve devant une réalité dans laquelle il a fauté, il demande à Hachem, et grâce à Dieu, il fait techouva.
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