Trois sortes de techouva selon le Rav Kook
Le Rav Kook distingue la techouva du corps, celle de la émouna et celle de la pensée, et ce cours en explique le sens.
Rav Yaakov Nahon
Ensuite : Kvod Hachem, la conscience à la racine de la techouva, 40 min
En bref
Le Rav Yaakov Nahon commente le premier chapitre du Perek sur la techouva dans l'ouvrage Conscience et Foi, en distinguant trois niveaux de repentir : la techouva du corps, celle de l'âme ou du psychisme, et celle de la foi qui relie à la Torah. Il montre que le repentir est d'abord un changement de direction après une erreur, et que la faute commise par ignorance peut devenir un mérite lorsque le retour se fait par amour de Hachem. Il insiste enfin sur la place de l'amour dans le Kriyat Chema et sur l'appartenance collective d'Israël.
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Le titre de ce chapitre Aleph, à la page, c'est Techouva Emounit Vesichlit. Dans le contexte, quand le Rav reprend ce titre et dit techouva, il parle de techouva guf'anit. C'est-à-dire une techouva en relation avec la santé, et la responsabilité que nous avons par rapport à notre santé. Il la met aussi en rapport avec notre santé psychique. C'est le travail du psychologue: essayer de mettre au clair les conflits qui ont été ou n'ont pas été résolus à l'intérieur de nous-mêmes.
Il y a des critères qui, à certaines époques de notre vie, étaient considérés comme valables, et qui ensuite ne le sont plus. On porte en soi toutes sortes de contradictions. Par exemple, on sort d'une construction reçue dans son pays, dans sa maison et dans sa famille, jusqu'à un certain âge, et on passe à l'université, où l'on parle de façon très, très différente.
Dans Techouva, le Rav parle donc de deux dimensions: la guf'anit, la techouva du corps, et la seconde, au niveau du psychisme, avec toutes les complications qui peuvent exister à l'intérieur, les contradictions intérieures, un peu dans ce que je viens de dire, dans la zone du psychologue.
Ensuite, le Rav parle d'une techouva au niveau de la émouna, dans notre relation à Dieu à travers notre émouna, qui est la Torah. Autour de cela, il y a toutes sortes de problématiques, de mises au clair. Il y a une techouva qui se passe à ce niveau-là.
Et puis il y a aussi une techouva que le Rav appelle sikhlit, c'est-à-dire une techouva dans laquelle l'homme dirige son destin en pleine conscience. Cela se passe certainement au niveau de la tête, en relation avec le reste. Mais certainement au niveau de la tête.
Shalom. Maintenant, ma question est la suivante. Il y a une partie de la classe qui est là, qui n'a pas touché ce perek, et il y a une partie qui l'a touché. Je crois que toi, tu es de ceux qui le connaissent un tout petit peu, par exemple Etanel. Mais non… Etanel, par exemple. Personnellement, si vous me laissez faire, j'aurais bien aimé faire ce Perek Aleph. Alors, si vous voulez, on va se lancer un peu dans ce Perek Aleph, parce qu'il y a des détails. Je crois même qu'on l'avait fini, je crois.
Il faut être conscient, très conscient, de ce que représente la techouva pour nous, génération qui revient sur la terre d'Israël, dans la grandeur de la spiritualité de Jérusalem. Cela permet un regard sur la techouva qui n'est pas évident pour le monde entier. La techouva peut être essentiellement comprise comme un changement de direction: après avoir réalisé l'erreur d'un engagement précédent, on change notre relation à cet engagement, on se repent d'une certaine façon, et on va dans une autre direction.
Prenons quelqu'un qui a grandi dans un monde non religieux, qui prend conscience de ce qui se passe en Israël actuellement, qui prend conscience des messages spirituels qui sont aujourd'hui capables d'être captés et présentés de plus en plus, avec toutes sortes de couleurs intéressantes, et qui change de direction. Il change de direction. Mais il n'est pas du tout évident qu'il soit capable de vivre tout le potentiel que le divin a mis en nous en relation avec la techouva.
En particulier, il y a un enseignement que vous connaissez peut-être, certains certainement, qui dit — il faut le comprendre — que lorsqu'on fait une techouva bé-ahava, pour le moment on ne comprend pas, disons, quand on fait une techouva totale, le mot qui est utilisé est bé-ahava. Dans ces conditions-là, nos fautes deviennent comme des mérites. Khatayim…
On peut comprendre, en réalité, si l'on analyse un tout petit peu de quoi il s'agit. Quand on a eu une relation avec ce monde à travers les différentes formes de la vitalité qui se présentent à nous, et elles sont nombreuses, on a pris contact, dans notre vie, avec la vie. Il y a une rencontre corporelle, spirituelle, sentimentale, avec la vie. Une rencontre a eu lieu. On connaît quelque part la vie. Mais ce qu'on a fait à ce premier contact était une faute, disons shogeg.
Shogeg, c'est quoi ? Involontaire. C'est-à-dire que soit on ne savait pas que c'était interdit, soit cela s'est passé ainsi alors que l'on n'en prenait pas suffisamment conscience.
Et maintenant, je fais techouva à la lumière de critères de vie que j'ai acquis à travers mon étude, par exemple. Mais j'ai déjà un contact avec la réalité. Je sais de quoi il s'agit. Maintenant que je fais techouva, je m'approche, je me prépare à approcher la vie que je connais à travers mon premier contact, dans une direction différente, qui est la bonne.
Finalement, j'ai tout en main pour aborder ma seconde expérience, qui n'est pas encore venue, avec toute l'expérience possible, comme si j'avais bien fait les choses. Parce que le contact avec la vie, je l'ai déjà. La volonté de faire les choses comme il faut, je la porte maintenant en moi, après avoir compris ou appris comment il faut aller de l'avant. Et finalement, je me retrouve avec mon expérience passée, comme quelqu'un qui aurait bien fait les choses dans son passé.
Parce que finalement, qu'est-ce que cela veut dire, quand je refais quelque chose de bien ? Cela veut dire que j'ai déjà eu un premier contact avec la réalité dans ce domaine-là, et, deuxièmement, que je suis engagé dans la bonne direction. C'est autour de cela que l'on nous dit que nos fautes deviennent des mérites.
Et cela peut se faire. La force spirituelle de mettre cela en marche, quand on le dit en termes de bé-ahava, par amour de Dieu, c'est lorsque l'homme prend de plus en plus conscience de l'immensité de la grandeur du divin, et, dans notre cas, d'Israël. Il y a aussi la prise de conscience de quelque chose d'énorme pour nous.
Ce n'est pas évident, pour chacun de nous, l'amour que Dieu a pour son peuple. Quand, dans le Chema Israël, nous abordons les premiers termes, au tout début, cela démarre très vite sur l'amour, et un amour qui va très loin. Comment commence notre Chema ? Il s'agit de se donner corps et âme, complètement, à un amour qui nous est proposé. Et s'il est proposé par le Maître du monde, c'est donc que c'est sérieux. Ce ne sont pas des histoires. C'est une proposition on ne peut plus sérieuse, un roman d'amour du Maître du monde avec son peuple. Ce ne sont pas des paroles, c'est du vrai.
— Mais cet ordre, c'est quoi ? Qu'est-ce qu'il te dit ? Aimer. Mais aimer, c'est quoi ? Aimer, tu comprends, aimer c'est très bien, tu dis c'est un ordre, c'est très bien. Enfin, un ordre, quand il est compris comme un simple ordre, c'est quelque chose qui met en marche un mécanisme de comportement. Mais il ne s'agit pas de cela, il s'agit d'aimer. Il n'est pas évident que chacun des jeunes ait une expérience d'amour…
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