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Torah, émouna et techouva selon le Rav Kook

Pourquoi les détails de la Torah exigent une élévation intérieure, et comment la jeunesse d'Israël doit la rétablir.

47 min

Rav Yaakov Nahon

Ensuite : Volonté divine et histoire d'Israël selon le Rav Kook, 39 min

En bref

Le Rav Yaakov Nahon commente le paragraphe 10 du chapitre 4 d'Orot HaTechouva du Rav Kook, consacré à l'écart entre l'effronterie (chutzpah) de l'époque de l'ikveta de Meshicha et la maturité nouvelle du monde. Il explique que le Rav Kook voyait dans cette tension une exigence : la lumière intérieure de la Torah doit être rendue accessible à tous, en reliant les détails des mitzvot à leurs grands principes. Il illustre cette idée par l'ordre de la netilat yadayim et par la manière de chausser, montrant que chaque geste a un sens qu'il faut comprendre.

Début du cours (texte)

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Alors, je reviens sur ce que je vous ai dit. Nous nous retrouvons à l'intérieur d'Orot HaTechouva du Rav Abraham Yitzhak HaKohen Kook. L'édition sur laquelle nous travaillons est cette édition jaune que vous connaissez. Dans cette édition, nous nous retrouvons vers les pages de la mémé-tête, à la fin du quatrième chapitre, pérek daleth.

Je vous rappelle le titre de ce quatrième chapitre, qui se trouve à la page lamed hey: Hatechouva pratit yehidit, ve-hatechouva klalit ertzit ve-olamit, ba-olam uvikhnesset Israël. Le titre, je vous le rappelle, est un titre dans lequel le Rav aborde un sujet qui lui est très, très cher.

Le Rav Kook a vécu de façon très naturelle, depuis son enfance, sa dimension générale, sa relation à Klal Israël. Tous ceux qui l'ont connu de près en sont témoins. C'était une âme qui s'était étendue sur son peuple et qui vivait constamment en communion avec lui. Non seulement lui, mais aussi son fils, que nous avons connu. C'était le même genre d'hommes, collectifs, qui ne se préoccupaient que d'une seule chose: ce qui se passe avec le peuple d'Israël. Leur équation personnelle était très secondaire face à la préoccupation d'Israël, qui était essentielle chez eux.

On a vu différents sujets. Je reprends le sujet: hatechouva pratit yehidit, la techouva particulière d'un individu, et hatechouva klalit ertzit, la techouva collective, de Am Israël, de façon générale, dans le monde entier. Ba-olam: aussi bien en ce qui concerne le monde que le cas spécifique d'Am Israël. Mais le thème touche en même temps la techouva de l'individu et, d'autre part, une techouva collective dans laquelle il y a de grands mouvements, tels qu'on les voit par exemple de nos jours avec le retour d'Israël sur sa terre: c'est une techouva de type collective.

Ce qui se passe actuellement, Baroukh Hachem, avec le temps, c'est venu: il y a une ouverture, un retour vers l'étude de la Torah, qui se fait à l'intérieur d'Am Israël. Il y a sûrement des mouvements collectifs dans différentes zones d'Am Israël, en Erets Israël, qui se rapprochent et qui redécouvrent, sous un aspect nouveau, avec un renouveau, ce que représente la Torah pour nous.

Dans le contexte de ce chapitre 4, le Rav nous parle de notre relation à l'âme d'Israël. Il y a différents paragraphes dans ce chapitre. Le Rav insiste énormément sur le fait que cette âme d'Israël est, finalement, quelque chose qui est en relation avec le divin, parce que HaKadoch Baroukh Hou se révèle au monde à travers l'histoire d'Israël. Le peuple d'Israël est cette réalité vivante, qui existe dans ce monde, à travers laquelle HaKadoch Baroukh Hou se présente à l'humanité.

Cela a commencé par le choix d'Abraham, d'Isaac, de Jacob; cela a continué par la sortie d'Égypte, avec tout ce qu'elle représente; cela a continué par les vitalités énormes qui ont existé sur cette terre à l'époque du Premier et du Second Temple, et par les prophètes et leurs messages; et cela a continué encore à travers l'histoire de l'homme Israël. Dans la galout, notre retour, la Shoah: c'est une série d'événements qui n'arrête pas. Et c'est à travers Am Israël que HaKadoch Baroukh Hou se révèle.

## L'âme d'Israël et son exigence

Le Rav Kook insiste énormément sur le fait que cet Am Israël, dans la mesure où c'est, en quelque sorte, le divin qui vit à l'intérieur de ce peuple, a une exigence. C'est là que se trouve la justice par excellence. C'est là que se trouve la droiture par excellence. Le sens de la vie se trouve là.

Et le Rav insiste beaucoup, tout au long de ce chapitre, sur le fait que chaque individu d'Israël qui veut avoir le droit d'être uni au destin de cet homme commun, de cet homme collectif d'Israël, doit faire l'effort d'être à la hauteur de cet homme. Comme les grands. Les grands d'Israël ont été des tsadikim. Tous les grands, tous ceux qui ont dirigé Israël dans l'Histoire, sont de grandes âmes: Moshé Rabbeinu, David HaMelekh, Aharon HaCohen. Ce sont de grandes âmes qui pouvaient être en même temps de grands dirigeants à l'intérieur d'Israël.

Vivre la dynamique de cette âme demande d'être à la hauteur de cette âme, et le Rav parle très longuement de tous les sens de cela. À la fin de ce chapitre, on va prendre un thème qui est celui de ce qui est dit dans la Guemara à propos de la fin des temps, qui nous dit qu'à la fin des temps, en Erets Israël, l'effronterie sera dominante. L'effronterie se dit en hébreu, comme vous le savez, chutzpa. Le texte qui existe dans la Guemara de Taanit dit que be-aharit hayamim, à la fin des temps, chutzpa sagui: il y aura beaucoup de chutzpa.

Cela a été dit il y a 2 000 ans dans la Guemara, et on le vit de nos jours. Le Rav Kook, à son retour en Erets Israël, a côtoyé les mouvements sionistes, plus ou moins complètement athées, qui existaient ici, les mouvements socialistes dans lesquels on remettait en question tous les grands principes de la émouna d'Israël. Il a vécu cela jour après jour. Il était face à cette difficulté de faire passer le message de la Torah à une collectivité qui était en Israël. C'est une histoire d'il y a bientôt presque 100 ans. Le Rav Kook se déplaçait sur cette terre à l'époque à peu près de la Première Guerre mondiale; on se rapproche d'un centenaire de cette époque-là.

Ce sont des choses qui reviennent en arrière par rapport à 60 ou 70 ans, mais la problématique en elle-même reste actuelle, et ce qui est dit ici a son plein sens. Je vous demande pardon.

Le Rav Kook s'est donc retrouvé devant cette difficulté: faire passer les messages de la Torah. Dans une génération où, d'une part, il y avait en Israël un groupe qui était la continuité des groupes religieux, des élèves du Rav, disons du Grand Rabbin, ce qui était Mea Shearim de l'époque, le côté très religieux d'Israël. Et face à cela, il y avait tout le mouvement sioniste, qui s'étendait sur la terre d'Israël, qui prenait sur lui la responsabilité de reconstruire la terre avec toutes les difficultés, mais qui avait beaucoup de difficulté, lui aussi, à s'ouvrir au monde de la Torah.

Cette façon de réagir qu'avait cette collectivité par rapport aux valeurs classiques du monde de la Torah était difficile à accepter, et c'était du toupet, et c'était de l'effronterie: c'est ce qu'on appelle la chutzpa. Le Rav Kook a vécu cette rencontre-là, sur sa chair, disons. Il sait donc de quoi il s'agit. On nous a parlé de cela il y a deux mille ans; c'est venu.

## Le paragraphe 10 du chapitre 4

Alors, on va prendre le texte qui se trouve dans notre édition d'Orot HaTechouva, à la page lamed tet. C'est le dernier paragraphe, ou l'avant-dernier paragraphe de ce chapitre 4: c'est le paragraphe 10. Vous avez le texte ?

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