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Torah et Rav Kook, la techouva sous ses différents aspects

Le Rav Kook décrit l'héritage d'Israël méprisé, source divine de l'âme juive, et la nécessité de la Torah intérieure.

46 min

Rav Yaakov Nahon

Ensuite : Torah, émouna et techouva selon le Rav Kook, 47 min

En bref

Le Rav Yaakov Nahon commente un passage d'Orot HaTechouva du Rav Kook sur la techouva comme reconstruction de l'homme d'Israël dans toute sa structure, après la souffrance de l'exil. Il montre que la source de cet héritage est une source divine transmise de génération en génération, et que la lumière de la Torah intérieure, la Razé Torah, doit être approchée avec préparation et discipline. Le cours aborde aussi le rôle des âmes revenues et la responsabilité de l'élite spirituelle face aux questions de l'époque.

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Donc ça, c'est un grand texte du Rav Kook qui déploie devant nous tout un programme de remise en vie du Am Israël selon la Torah. Vous allez voir comment c'est présenté. On a commencé la dernière fois, et je reviens quand même sur ça pour que ce soit contenu dans le même paragraphe. Alors on va prendre le début du paragraphe, en tête de page, et traiter au bas de la page.

Ce thème, que la techouva se présente sous différents aspects.

C'est un thème qu'on a déjà touché dans ce chapitre, à différentes reprises. Quand le Rav avait parlé, par exemple, du thème de Kvod Hachem comme étant une des premières étapes de la techouva. Mais dans la mesure où un Am Israël, descendu dans la galout, a finalement perdu, disons, immensément de sa vitalité, le retour d'Israël, c'est finalement, sur sa terre, le but de reconstruire un Am Israël dans toute sa structure.

Revenir à ce qu'il était, et y ajouter tout un étage: l'expérience de deux mille ans de rencontre avec les peuples, l'expérience de la Torah dans cette rencontre, et ce que nous avons reçu nous aussi du génie des peuples. On va revenir sur ce thème. Donc le Rav dit: mizdadim shonim. Le mot tsa en hébreu veut dire côté; on peut le traduire, dans notre cas, par aspect.

Différents aspects, et la techouva se révélera. Petit galet, gilouïs et révélation. Et had, meyohad mizdadea: un particulier, spécifique, spécial, parmi ces aspects, ces apparences et ces directions de la techouva, yé a tsahar, alelbon, shenelav, arouachagadol, asur, echolmashenichloum raboteinu.

Et atzar: le mot tsar veut dire en hébreu souffrance, douleur. La douleur devant le elbon. Qu'est-ce que ça veut dire elbon en hébreu ? Elbon, à retenir, ça veut dire mépris. C'est donc la souffrance devant le mépris dont on a méprisé le grand esprit, atzur. Alors le mot atzur, vous reconnaissez peut-être un mot que vous connaissez en hébreu: otzar.

Otzar veut dire trésor, d'accord ? Non, le mot atzour, c'est « trésorisé » ou « contenu ». Contenu, mais des choses de valeur; on utilise donc le mot atzour pour rappeler que c'est un trésor. Mais pour l'esprit qui est contenu dans tout ce que nos ancêtres nous ont donné en héritage, le Rav dit: che'en shi'our le'ouzo u'khvodo. Il n'y a pas de mesure à sa force et à sa grandeur. Le mot kavod, je ne dis pas grandeur, c'est honneur. On a un peu vu ça la dernière fois, Yossi, si tu étais là. Je reviens un peu sur ça.

Donc c'est la prise de conscience de cette douleur devant quelque chose qui était essentiel pour nous, qui faisait partie des meilleures valeurs qu'on pouvait porter en nous-mêmes, qui est l'héritage d'Israël, et qui, quelque part, malheureusement, pour toutes sortes de raisons, a été bafoué, rejeté, méprisé pendant un certain temps.

La prise de conscience de cette perte doit mener normalement à une prise de conscience souffrante de cette réalité. Et le Rav continue en disant: mais en fait, la source de cet esprit-là, c'est la source divine. Un âme d'Israël, c'est… c'est la révélation divine. La révélation essentielle du Sinaï est la révélation qui a accompagné nos prophètes et nos grands maîtres pendant des centaines et des milliers d'années, parce que les khidouchei Torah, comme Israël a pu les faire autour de la façon de comprendre et d'approfondir le message de la Torah, ont toujours été accompagnés d'un Ruach HaKodesh, d'une bénédiction divine qui vient du Ciel.

Ce n'est pas simplement un processus de réflexion intellectuelle. C'est quelque chose qui va beaucoup plus loin: c'est de l'ordre de la rencontre entre l'Esprit divin et l'homme qui fait face à la Torah pour l'adapter à chaque époque. Alors le Rav nous dit: Ruach HaGadol, ce grand Esprit, mekoro, momakor. La traduction la plus simple du mot makor serait « origine », mais je crois que c'est beaucoup mieux ici de le traduire par « source ». Sa source est une source de vie, c'est-à-dire amakor ha Elohi ha Elion, la source divine d'en haut, sheolekh ve nimshakh, entendez bien ce qu'il dit: qui va et se poursuit, midor dor.

De génération en génération. C'est une source, mais c'est une source qui accompagne, en Israël, de génération en génération. Ok, shemessimim et lavlev, lorsqu'on prête attention à ce message-là. Allô, motzimbo, hakol. Motzim: on y trouve tout. Tout ce dont un Am Israël a besoin. Kol chemda, tout désir, toute beauté. Kol tifara, toute harmonie. Et l'obscurité de ceux qui renient: un kofer, c'est un renégat. L'obscurité reniante a provoqué les ittalèches de se couper de cette corne d'abondance. Le mot toreh veut dire se perdre, s'égarer.

Il faut comprendre: le Rav écrit Orot HaTechouva il y a quelques centaines d'années, à peu près. C'est à peu près à l'époque de la Première Guerre mondiale. Et c'est un texte que… enfin, je sais que le Rav Kook lui-même revenait sur Orot HaTechouva et qu'il l'étudiait tous les jours pendant toute sa vie. Il revenait sur ces textes-là.

Quel était le collectif d'Israël qui était, à l'époque, devant le Rav Kook en Erets Israël ? Il faut comprendre que, même si nous savons pertinemment que le grand mouvement d'Israël, une des grandes étapes du sionisme, c'est l'envoi des élèves du Gaon de Vilna en Erets Israël pour commencer l'agriculture du sol, ça, c'est un contemporain de Napoléon. Il y a à peu près deux cents élèves. Mais ensuite, les vagues de sionisme qui ont suivi, inspirées essentiellement par le mouvement sioniste, par Herzl de Roubaix, sont dues à la façon dont la physionomie du monde religieux, essentiellement en Europe, a pris une physionomie très curieuse, en fait.

D'un côté, apparemment, un mouvement religieux très sérieux dans sa religion, mais qui, quelque part, s'éloignait d'Erets Israël. Et face à cela, contrairement à cela, un mouvement d'assimilation: des personnes qui ont voulu retrouver la culture humaine — c'est le temps de la Haskala — et qui se sont lancées dans les universités, dans toute la culture européenne. En se faisant, elles ont finalement acquis des moyens d'agir, se sont lancées dans la vie, et étaient beaucoup plus aptes, par nature, à prendre sur elles le retour en Israël, la remise en vie de cette terre, que des groupes religieux qui étaient, quelque part, à l'écart.

Sauf que ce n'est pas tout le monde. Il y a eu de grands mouvements religieux, des gens extrêmement conscients, comme le Rav Reines, le Rav Kook, le Rav Alkalay, qui étaient de grands penseurs. Mais ils n'ont pas eu derrière eux de grandes foules. Ce sont de grands messages, pleins de contenu, mais la réponse était, malheureusement, très sobre de ce côté.

Ce qui fait que, finalement, les gens qui ont pris sur eux de monter en Israël et de mettre en marche tout cela, les pionniers, étaient pour la plupart, à l'époque, d'une certaine population qui n'était pas religieuse, qui s'accrochait aux valeurs socialistes, communistes. Cela s'est présenté sous …

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