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Torah, midot et préparation à Chavouot selon Pirkei Avot

Pourquoi la Torah ne se livre pas seulement à l'intellect : l'exigence morale qui précède sa réception.

37 min

Rav Yaakov Nahon

Ensuite : Torah et techouva : une rencontre avec le Créateur, 53 min

En bref

Le Rav Yaakov Nahon ouvre l'étude de Pirkei Avot, lue entre Pessa'h et Chavouot, en montrant que recevoir la Torah exige une droiture morale et pas seulement une capacité intellectuelle. Il s'appuie sur l'exemple d'un élève brillant en mathématiques mais dont le comportement intérieur empêchait l'accès à l'étude de la Torah. Il commente ensuite la première Michna, qui fait remonter la transmission de la Torah du Sinaï jusqu'à la Grande Assemblée, et en tire trois enseignements : prendre le temps de décider en din, former beaucoup de disciples, et dresser des barrières protectrices autour de la Torah.

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Shalom, bienvenue. On ne se connaît pas encore, toutes sortes de noms, on aura l'occasion de se connaître, j'espère cette année. En principe, on se retrouvera, entre autres, pour un cours ici sur Pirkei Avot, une fois tous les quinze jours. Pirkei Avot, c'est un texte que vous avez entendu, que vous connaissez. On va quand même essayer d'aborder ce texte avec des commentaires que vous ne connaissez peut-être pas, qui sont en hébreu.

On a l'habitude en Israël, comme vous le savez, de commencer Pirkei Avot entre Pessa'h et Chavouot, dans la mesure où cette époque représente une période où l'on se prépare à recevoir la Torah. Et pour recevoir la Torah, il ne faut pas uniquement de la tête. Voici le message essentiel, un message central dans le monde de la Torah:

C'est vrai que la Torah s'étudie, c'est vrai que la Torah est un message de réflexion, mais d'un autre côté, la Torah ne peut se recevoir que si l'on est apte à la recevoir. Il y a un conditionnement, il y a une exigence qui n'existe pas du tout dans le monde intellectuel pour pouvoir recevoir la Torah. Cette exigence se situe à un autre niveau: le niveau moral.

Le niveau du comportement. C'est vrai que c'est une aventure intellectuelle, mais cette aventure intellectuelle ne s'ouvre à nous réellement et ne se transforme en vie que dans la mesure où l'on est à la hauteur de l'exigence morale qui doit l'accompagner. Et on aura l'occasion de le voir pendant l'année, pas uniquement autour du texte de Pirkei Avot, mais très souvent, par exemple autour de notre étude d'Orot HaTechouva, quand on parlera de la rencontre avec une dimension qui pourra s'appeler hors lumière divine, et qui sera pratiquement constamment accompagnée d'une exigence de droiture, Meir ve Yashar.

Il y a donc une clé dans l'étude de la Torah. Pourquoi la Torah se livre-t-elle à certaines personnes et ne se livre-t-elle pas à d'autres ? Ce n'est pas une question intellectuelle. J'ai l'habitude de raconter ça chaque année.

Quand je suis monté en Israël il y a une quarantaine d'années, je me suis retrouvé à enseigner les mathématiques dans des classes de troisième et de quatrième, parce que c'était ce que j'avais pour donner à manger à ma famille. Et j'avais, cette première année, un élève qui était brillant en mathématiques, vraiment brillant. Je n'avais pas fini d'écrire la question au tableau que la réponse existait déjà. Elle venait tout de suite. Tout de suite.

Je me souviens que, lors de la réunion des professeurs, on a parlé de cette classe quelques semaines après. J'ai tourné autour de cet élève, j'ai entendu l'opinion de chaque maître, et en particulier celle du maître de Guemara, qui disait: « C'est fini, c'est zéro. » Pas du tout, ce n'était pas zéro. Il se trouve que c'était un garçon qui avait des problèmes de droiture intérieure, des problèmes de pureté intérieure. Il avait dans ses poches toutes sortes de photos qu'il ne fallait pas, enfin toutes sortes de choses comme ça.

Ce qui fait que son monde d'études, au niveau de la Torah, était conditionné par un comportement qui n'était pas valable. Cela ne se traduisait en rien au niveau des mathématiques. Il restait un excellent élève en mathématiques. Mais en Torah, il ne pouvait pas. C'est une réflexion qu'il faut avoir en soi-même quand on est à la recherche de soi, en se demandant comment il se fait qu'aujourd'hui, dans cette époque, je sente que je capte, et que d'autres époques, je ne capte pas. Qu'est-ce qui se passe ? C'est beaucoup plus autour du problème moral que cela se joue, et beaucoup moins autour du problème intellectuel. On est ce qu'on est, mais notre qualité intérieure joue beaucoup dans notre force morale.

Bon, on va prendre ce texte de Pirkei Avot en regardant l'introduction du Bartenoura. Le texte que vous avez devant vous est assez intéressant. Il y a un certain nombre de mefarshim qui sont là.

Le texte, on va le prendre à la page Aleph. Vous avez la page Aleph devant vous, au tout début, avec le texte de Pirkei Avot. Vous avez Rachi sur la droite, le Rambam sur la gauche, et en bas, Rabbeinu Yona. À la fin du livre, il y a le même commentaire avec un autre mefaresh, le commentateur classique de la Michna, qui est le Bartenoura. Prenez vers la fin du livre, vous verrez que ça commence.

Le texte de Pirkei Avot recommence. Chez moi, la page est Kouf Lamed Zayn. Il existe des éditions qui ne sont pas identiques, deux éditions qui ne correspondent pas exactement. Chez d'autres, c'est Kouf Kaf Tet, chez moi, c'est Kouf Lamed Zayn. Mais c'est le commentaire du Bartenoura. Si vous voulez, je vais lire ce texte. D'abord le texte de la Michna. J'aurais voulu le faire lire, au niveau de l'écoute, il faut mettre ça au clair, ce n'est pas évident. Je vais donc lire le texte de cette première Michna, et je vais prendre déjà, très vite, le commentaire du Bartenoura à la fin du livre. Le texte de la Michna dit comme ceci:

Moshé kibel Torah mi-Sinaï, oumessara leYehoshoua, veYehoshoua lizkenim, vezkenim linvi'im, venvi'im messarouha lanshé Knesset Hagdola.

Je ne sais pas quel est votre niveau d'hébreu en ce moment, on le saura avec le temps. On va quand même essayer de traduire ensemble. On va voir si c'est clair pour tout le monde.

Moshé kibel Torah mi-Sinaï: Moshé a reçu la Torah du Sinaï. On verra que ce n'est pas le mont Sinaï qui a parlé, c'est Hachem qui a parlé, mais il a parlé de cet endroit qui était prévu depuis longtemps comme étant l'endroit dans lequel la Torah allait être donnée. Oumessara: ça vient du verbe hébreu « donner », « livrer ». Cela veut dire « livrer », qu'on dit « l'imso ». Mesara: il a livré, il a donné à Yehoshoua. Et Yehoshoua l'a donnée aux Zkénim, qui sont les anciens, ceux qui accompagnaient Am Israël depuis Moshé Rabbénou. Et ensuite, cela est devenu ce qu'on appelle, avec le temps, le Sanhédrin.

Zkénim, les anciens, ont donné cela aux Nevi'im, aux prophètes. Les premiers prophètes dans la lignée des prophètes officiels, c'est à l'époque d'Eli HaCohen et de Shmuel. C'est-à-dire que l'expérience de la prophétie n'existait pas avant. Il est sûr que la prophétie était vécue en Israël avant, mais des personnes ayant un rôle spécial de Nevi'im commencent à l'époque d'Eli HaCohen et de Shmuel. Et les Nevi'im, les prophètes, ont transmis cette Torah à qui ? Aux Anshé Knesset HaGdola.

Knesset HaGdola, vous savez ce que c'est ? La grande assemblée. Qui sont-ils ? Il s'agit d'un certain Sanhédrin d'une certaine époque. De quelle époque ? Il y a toujours eu un Sanhédrin qui accompagnait Israël tant que le système d'Israël était ce qu'il fallait, avec le roi et le Sanhédrin, qui était l'assemblée législative, constituante, de réflexion, qui accompagnait le roi et le prophète.

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