Nefesh et Neshama : vivre la nation d'Israël
Le Rav Kook fait de la nation d'Israël sur sa terre un idéal, et la techouva est la condition pour l'atteindre.
Rav Yaakov Nahon
Ensuite : Nefesh et Torah : l'âme qui se révèle par la techouva, 40 min
En bref
Le Rav Yaakov Nahon commente le premier chapitre de Orot HaTechouva du Rav Kook, écrit peu avant la Première Guerre mondiale, sur la notion d'Am Yisrael dans sa terre comme base nationale du peuple juif. Il explique que se lier à cet idéal demande d'être à la hauteur, par la techouva qui purifie la neshama, et que l'âme d'Israël porte une étincelle divine présente en chaque juif, même égaré. Le cours s'achève sur la dimension de la présence divine vécue dans un peuple revenu sur sa terre.
Début du cours (texte)
Lire le début du cours
Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Alors, on va prendre le péragh de Guimel, Bliné d'ailleurs. On va commencer depuis le début. C'est un texte très intéressant, parce que les premiers textes que le Rav donne ici tournent autour d'une vision claire et nette du Rav Kook sur l'importance de vivre pleinement la notion d'Oumma israélite, de vivre sa nation.
Qu'est-ce qu'une nation ? Quelquefois on ne se rend pas compte. Nous, les Français, nous sommes capables de vivre ça pleinement. On a manqué pendant tellement de temps de terres, de maisons et de vie commune avec notre peuple, alors qu'a priori tout le choix du peuple d'Israël est essentiellement un contrat avec une nation. Ce n'est pas un ensemble de contrats avec des particuliers.
C'est beaucoup plus, au départ, a priori, une nation. Quand HaKadosh Baroukh Hou promet à Avraham Avinu une terre, il promet cette terre parce que ce n'est pas pour lui tout seul. C'est sûr que c'est une civilisation entière qui va se développer. Nous, on a plus de facilité, si tu veux, que d'autres, à comprendre ça, dans la mesure où justement on a été privés de cette dimension-là pendant deux mille ans.
Il y a des peuples qui ne sont pas capables, quelquefois, de savoir apprécier ce que c'est que de porter une nation en soi-même. Mais nous, on a tellement manqué, alors qu'il y a eu des moments sublimes dans le peuple d'Israël en tant que nation. Le Rav resitue cette notion de nation tout à fait à son moment, dans ce qui est écrit ici.
Ce sont des textes qui ont été écrits à peu près il y a cent ans. Qu'est-ce que c'est, il y a cent ans à peu près ? Par rapport à la Première Guerre mondiale, c'est quoi ? Juste avant la Première Guerre mondiale. C'est en plein mouvement sioniste, en plein retour du peuple d'Israël sur sa terre, et pour le moment on n'a pas encore vécu ce que nous, on a vu. Le Rav Kook, zal, avec toute sa vision énorme, n'a pas eu l'occasion d'entendre la déclaration d'indépendance.
Il est parti en 35, et la déclaration d'indépendance était en 48. Donc il le sentait, il sentait tout ça, il sentait que ça venait. Mais lui-même ne l'a pas vu. Son fils l'a vu, c'est sûr, son fils était derrière ça, un Mégadol. Ce texte-là, Orot HaTechouva ? Oui.
Ce sont des textes qui avaient déjà été écrits après la Première Guerre mondiale. Ils ont été utilisés, servis, vécus et lus par lui et par ses élèves jusqu'à sa mort, et ensuite. Sa mort, c'est en 35. Il n'a pas vu la Seconde Guerre mondiale. Il a vu la première. Il était même en Europe à l'époque. Mais cette notion de ce que représente le peuple d'Israël, dans sa totalité, dans sa terre et tout ça, c'est une quantité de valeurs qui se rejoignent les unes dans les autres.
Pour nous qui avons manqué de ça, quand on arrive ici, on se retrouve devant un monde. C'est la langue. C'est la terre. C'est le pays, c'est la communion nationale. C'est aussi la responsabilité au niveau de l'armée, mais c'est aussi le fait qu'on est chez nous, qu'on est défendus, qu'on a toutes nos forces, qu'on a tous les systèmes nationaux qui viennent aider un peuple à grandir. C'est un monde, c'est énorme. Et tout ça existe, et ça s'appelle Am Israël sur sa terre.
Le Rav appelle ça Yessod HaLeoumi, la base de la nation d'Israël. Comment il dit ? Pour vraiment être capable de savoir ce que c'est, au point de vue idéal, Am Israël dans sa terre, il faut être à la hauteur. Ce ne sont pas tous parmi nous qui sont capables de vivre vraiment ce que c'est que le peuple d'Israël dans son sens profond, authentique. On va rentrer un peu dans le texte, s'il vous plaît.
Le Rav, comment il le vit ? Il le vit difficilement, enfin surtout le Rav, il l'appelle... Pour vraiment vivre. Il lui donne ça comme un projet, comme un idéal. Il ne dit pas non, il dit: c'est comme ça qu'il faut faire pour vivre ça vraiment. Alors, tiens Moshe, tu vas peut-être commencer à lire toi-même le paragraphe Aleph du Perek Yehud Guimel. Tu lèves ta voix très fort, on avance avec toi, et on reviendra sur le texte.
Ut hara, ut hara kvar, tidkat Hachem... Le Da, ce sont les quatre relais du Tétragramme. C'est Tidkat Hachem ba'olam.
Manitou, Hachem, khefetz ha-tsedaka ve'a tov, me'ir de kribo, karoui, karoui, ve'al, ken, lo, likusha, ve'met, in, ha-khouna, ha-leunit, ad, esher, yeter. Yeter.
On va quand même rentrer dans le détail du texte, parce que ça va nous enrichir en hébreu, ça va nous enrichir dans la pensée du Rav. Mais le message essentiel, c'est ce que je vous dis. Le Rav insiste énormément sur cette dimension idéale, qui est vivre vraiment ce que c'est que l'idéal de la nation d'Israël sur sa terre, dans sa plénitude, et que pour arriver à atteindre cette dimension-là, il faut être à la hauteur. Alors je prends le texte.
Le hidabek be'emet be-Yessod HaLeoumi chel Yisraël. Le hidabek, à la limite, le hidabek, c'est se coller, s'attacher, disons. Le mot devekh, c'est une colle. Il n'est pas possible de s'attacher vraiment, de se lier vraiment, be-Yessod HaLeoumi chel Yisraël, sur la base. Yessod, c'est la base de ce que représente l'âme du peuple d'Israël.
Kihim, mi-shé nichmato, ut hara kvar, aliadeh tshuva, mechatot ha-adam, ha-megounot, midotav ve-pechoutot. Sinon, celui que mi-shé nichmato... Bon. Le mot neshama, dans les paroles du Rav ici, je vous l'ai dit quelquefois peut-être, je ne sais pas si vous vous en souvenez. Dans le vocabulaire de la Kabbale, disons, de la mystique juive, la neshama, c'est une dimension
qui est pure, et qui accepte, plus ou moins, de vivre chez l'homme selon le mérite de l'homme. Ou elle apparaît, elle vit pleinement en lui, ou bien elle apparaît partiellement en lui. Mais le Rav parle d'une façon un peu différente. Il parle de la neshama un peu comme ce que nous appelons, dans le jargon, nefesh.
Le nefesh de l'homme, c'est cette dimension qui est son cœur, son psychisme présent, ce qu'il est réellement dans son conscient, son psychisme conscient. Comprends-tu ce que je veux dire, Benyamin ? Sa présence, ce qu'il vit réellement. C'est ça qui peut évoluer et qui peut changer, selon que tu le purifies plus ou moins, que tu lui donnes une vie. Alors il dit:
Ne peut vraiment se lier à cette base de ce que représente Am Israël dans sa notion de nation, kihim, mi-shé nichmato, si ce n'est celui pour lequel nichmato, ou bien ut hara kvar al yedei tshouva, a été purifié. Ut hara, c'est: est devenu pur. Al yedei tshouva, par le fait de faire une tchouva,
des fautes de l'homme qui sont mégounot, qui sont reprochables. Il y a fait tchouva sur ces fautes, et aussi tchouva sur ces traits de caractère, midotav, apechoutot. Les midot, ce sont les traits de caractère. Pachout, c'est bas: ceux qui ont une certaine bassesse, …
Cours d'Orot veKelim
Dans la même série
Étude du traité Orot HaTechouva du Rav Kook. La téchouva comme force cosmique de réparation et d'élévation, au-delà de la simple repentance.
- 1
Nefesh et Neshama : vivre la nation d'IsraëlLe Rav Kook fait de la nation d'Israël sur sa terre un idéal, et la techouva est la condition pour l'atteindre. - 2
Nefesh et Torah : l'âme qui se révèle par la techouvaComment la faute et le retour font grandir l'âme, selon le Rav Kook et le Rambam. - 3
Nefesh et Yira : l'âme, la crainte du ciel et la techouvaLe Rav explique comment la techouva rend la joie et la sérénité, et comment la crainte du ciel l'accompagne. - 4
Torah, techouva et harmonie de tout l'êtrePourquoi l'étude de la Torah engage l'âme entière, et non seulement l'intellect, selon le Péricude. - 5
Acte et intention dans la techouva selon le Rav KookPourquoi l'intention ne s'achève que dans l'acte, et comment la pensée prépare la concrétisation dans la vie. - 6
Acte et volonté dans la pensée du Rav KookComment l'acte et la volonté se répondent, et ce que la conscience y change dans la techouva.
— un nom de Rav à ajouter, un problème de son ou d'image ?
Une question sur ce cours ?
La réponse s'appuie d'abord sur ce cours, puis sur les autres cours des Rabbanim, avec le passage exact à écouter.
Commentaires et questions au Rav