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Le prophète et la prophétie selon le Rambam

Prophéties de bonne nouvelle et de menace, et ce qui distingue un vrai prophète d'un faux.

47 min

Rav Yaakov Nahon

Ensuite : Prophétie fausse et idolâtrie selon le Rambam, 55 min

En bref

Le Rav Yaakov Nahon commente le Rambam sur la prophétie : une promesse positive prophétique doit se réaliser dans tous ses détails, sinon le prophète est faux, alors qu'une menace non réalisée ne le disqualifie pas, car Hachem peut revenir sur sa décision par miséricorde ou à cause de la techouva. Il illustre cela par l'affrontement entre Jérémie et Hanania ben Azour. Il montre ensuite que seul un prophète reconnu peut, à titre exceptionnel et pour une raison précise, demander de transgresser momentanément une mitsva, comme Eliyahou au mont Carmel ou Elisha, sans jamais abolir la mitsva elle-même ni autoriser l'idolâtrie.

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Je prends un peu plus haut que vos pages. Écoutez, pour le moment, on va ensuite rentrer dans nos textes. Les paroles du Rambam qu'on a vues la dernière fois, qui précèdent le texte que vous avez devant vous: Keshé Yomar HaKadosh Baroukh Hou, le Navi, le Hafti, Ach B'nei Adam, Be Besorah Tova, Be Maamar Moukhlat, Be Lotnai. C'est un prophète au nom de Hachem et de sa prophétie.

Qu'il donne une bonne nouvelle, de façon définitive, sans lier cette décision, cette promesse à une condition quelconque, et qu'ensuite cette promesse ne se réalise pas, ce n'est pas possible. Si c'est un vrai prophète, une chose pareille ne peut pas se passer.

Un vrai prophète, quand il promet quelque chose de bon au nom de Hachem et au nom de sa prophétie, si c'est un vrai prophète, ça doit se réaliser dans tous les détails. La mort d'un faux prophète, en principe, c'est la strangulation, la machanée: on le tuait. S'il s'avérait que c'était un faux prophète, en principe, si le Sanhédrin avait la capacité de faire ce qu'il devait faire, et que c'était dans des bonnes conditions, ce prophète devait être condamné à mort.

De nos jours, on est très, très, très loin d'une condition dans laquelle le Sanhédrin peut, halakha lemaassé, condamner quelqu'un à mort. On n'en est pas là. Mais nous savons, quelque part, peut-être, que si quelqu'un de ce genre-là vient, il est, en principe, passible de mort. Il n'y a pas que ça. Même pour Chabbat, de nos jours: quelqu'un qui transgresserait Chabbat, et qui ferait cette transgression devant témoin, après qu'il ait été averti, est en principe passible de mort. C'est-à-dire qu'il ne va pas être tué par un tribunal, mais ce n'est pas évident qu'il ne va pas se passer quelque chose. En principe, quelqu'un qui transgresse Chabbat devant témoin, une fois averti, s'il est pleinement conscient de ce que c'est que la Torah, est passible de mort.

Dans l'histoire d'Israël, il est arrivé que des gens soient condamnés à mort, mais il y a très longtemps qu'on a quitté les condamnations à mort. Pour que les condamnations à mort puissent se faire en Israël, il faut que le Sanhédrin siège dans toute sa plénitude à Jérusalem et à Koudaï. On est loin de cette situation.

Maintenant, cette différence qu'il y a entre une prophétie positive, qui donne une promesse positive, et une prophétie qui, au contraire, parle d'une menace. Comme je vous ai dit, c'est quelque chose de central dans notre relation au thème de la prophétie. Si un prophète fait passer un message de menace, en disant que bientôt il va se passer ceci et cela, telle catastrophe, et qu'elle ne vient pas, c'est possible que ça ne vienne pas, parce que peut-être que les gens ont fait techouva et que les conditions du châtiment ne sont plus là.

Et malgré le fait que c'est un vrai prophète, ce qu'il a dit ne se réalise pas, parce que HaKadosh Baroukh Hou pardonne. Ce n'est pas le cas quand la prophétie a promis quelque chose de bon. Il y a donc deux types de prophéties: l'une qui annonce une bonne promesse, l'autre qui annonce une catastrophe.

On dit: si le prophète qui a promis quelque chose de bon en Israël, on voit les choses arriver et ça ne se réalise pas, nous disons que c'est un faux prophète. S'il annonçait une catastrophe et que cette catastrophe ne se réalise pas, nous ne disons pas que c'est un faux prophète; nous disons que, dans ce cas-là, HaKadosh Baroukh Hou a changé sa décision.

C'est ce que le Rambam nous présente ici, dans notre texte. Je vous lis le texte de la page précédente, avant vos feuilles: Vealika ragadol hazeh ramaz Yirmiyaou bemakhlakto im Khananya ben Azour. Hanania ben Azour était un prophète, un faux prophète, du temps de Jérémie, lequel, faux prophète, annonçait des bonnes choses, alors que Jérémie disait que, bientôt, le Temple allait être détruit.

Jérémie prophétisait en annonçant des malheurs et la mort. Il disait que Nabuchodonosor serait fort et qu'il finirait par détruire le Temple. Hanania ben Azour, lui, était un faux prophète. Il prétendait, au nom de sa prophétie, que c'était bon, que Hachem allait faire revenir les ustensiles du Temple qui avaient été emportés à Babel, et qu'on reviendrait à Jérusalem.

Alors Jérémie lui dit la chose suivante. Vous avez vos textes devant vous. Je lis le texte maintenant. C'est à la page Kaf Dalet, les premières lignes de votre feuille, dans vos textes: c'est la réponse de Jérémie à Hanania ben Azour.

Ve'amar lo Yirmiyaou: Jérémie lui a dit, Keshé nidvaké achimo al derekh ha-ikarim ha-chmourim. Lorsqu'il a mis en discussion Hanania ben Azour sur les principes de base de la prophétie, il lui a dit: Im lo titkayem nevouati, ve lo yigbor Nevoukadnetzar ve yachouvou klei Beit Hachem, komo shata omer. En zé ha-davar makhish le-nevouati, Oulaï HaKadosh Baroukh Hou yerachem aleikhem.

Reviens, restons sur le texte: Aval im lo yitkayem devarkha, velo yachouvou klei Hachem, bazé yitbarer ché-nevouatkha cheker, ve lo titkayem lekha nevoua, ad yitkayemou amouadim atovim ché-iftakhta behem. Veou ma ché-amar akh chemoua ha-davar hazé asher anokhi dover beoznekha ou-veozne kol ha-am, ha-neviim asher hayou lefanay ve-lefanekha min ha-olam.

Ve-yenevou el aratsot rabot ve-al mamlakhot gedolot, lemilkhama ou lera'ou ou ledaver, ha-navi asher yenabe leshalom, bevo davar ha-navi yiyada ha-navi ya'asher shelakho Hachem be-emet. Sonol omar, badavar hazé, shé-neviim hem, ha-midabim letov ve-lera, lo nukhal la-dat mikol ha-devarim shé-hitnabou lera, in tsadkou be-édotam o kazavou.

Alors je reprends le texte qu'on avait. Jérémie dit à Hanania ben Azour: Jérémie avait promis la destruction du Temple, il avait annoncé la destruction du Temple et toutes sortes de malheurs, qui malheureusement se sont réalisés. C'est ce qu'il avait annoncé. Alors que Hanania ben Azour, au nom d'une prophétie qui était en fait une fausse prophétie, prétendait que ça allait s'arranger. Et non seulement ça, mais que la paix allait revenir, et que les ustensiles du Temple, qui avaient déjà quitté le Temple pour Babel avec une partie du peuple juif qui était partie en galout, reviendraient. C'est ce qu'il prétendait.

Alors, face à ça, Jérémie dit la chose suivante: Im lo yitkayem nevouati. Si ma prophétie à moi, Jérémie, ne se réalise pas, ve lo yigbor Nevoukadnetzar, et que finalement Nabuchodonosor n'est pas le dessus, comme je vous le dis, moi, je prétends que Nabuchodonosor va venir et va détruire le Temple. Mais si ça ne se réalise pas, et que finalement Nabuchodonosor ne s'impose pas, ne gagne pas, et que c'est au contraire Israël qui s'impose, ve yachouvou klei Beit Hamikdash, et que les ustensiles du Beit Hamikdash reviennent sur place, et que le Beit Hamikdash va fonctionner à nouveau au bon niveau, ke-moshe'hata omer, comme toi, Hanania, le prétends: en zé ha-davar makhish le-nevouati, ça ne remet pas en question ma prophétie à moi, moi qui prétends que vous risquez toutes sortes de malheurs, et que ça va venir, et que le Temple …

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