Moshé Rabbénou, la émouna née de la révélation du Sinaï
Pourquoi le Rambam distingue la émouna en Moché des miracles qui ne suffisent pas à fonder la prophétie.
Rav Yaakov Nahon
Ensuite : Prophétie et critères du vrai prophète selon le Rambam, 51 min
En bref
Le Rav Yaakov Nahon commente le chapitre de Rambam dans Ilkhot Yesodeh HaTorah consacré à Moshe Rabbeinu, et pourquoi sa prophétie n'a pas besoin de signes pour être admise. Il oppose la foi fondée sur des miracles, toujours exposée au doute, à la certitude née de la théophanie du Sinaï, vécue par tout Israël. Il explique aussi que les miracles de Moshe dans le désert répondaient à des besoins concrets du peuple et non à une démonstration de sa mission.
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Pérek Shmini, page là, mais tête. Tu lis le texte dans Ilkhot Yesodeh HaTorah. Tu vois, par rapport au début du livre, regarde, David. David, Pérek Shmini. Voilà, oui, c'est là-bas, à gauche, en bas. Mais tu lis en levant la voix, très fort, hein, David. Tu lèves ta voix très fort. Très très fort.
Sh'amamin alfi aoutot yesh biliboud ufi. Sh'efshar sh'yaseh la'ot velat v'kishouf, v'kishouf, v'kishouf, v'kishouf. Ela kor aoutot sh'yaseh Moshe l'midbar, lefi atzoreh asa'am, lou le'avi erayah ala nivwa, hayatzarekh v'ashkira et ha mitzrayim, ha et ha mitzrayim, kara et hayam be'itz l'ilam mitokhor.
Nistahichou limazom vouridat azman, samou baka la'em et ha'eben, kaf'ou vo'adat korach, bala'otam ha'aretz, v'chem she'er koloutot. V'hamey minu go, v'ma'almad ahsinay, v'ma'almad ahsinay. Sh'enemou ra'ou v'lo zar, v'ozlenu shamou v'lo achher, ha'esh bakolot v'alapidim, v'ou nigash.
La Arafel.
Yéfei, tout.
Je crois que vous êtes conscients du cadeau énorme que HaKadosh Baroukh Hou nous a fait dans la personne du Rambam. La personne du Rambam est d'une clarté cristalline. C'est un être vraiment exceptionnel. C'est-à-dire que si on avait voulu chercher à faire l'équivalent de ça, il aurait fallu une académie entière qui travaille tout ensemble, avec quelqu'un qui fasse un compte rendu et revoie partout ses corrigés, pour avoir une telle clarté d'expression.
C'est vraiment un cadeau.
Lohémi noubo, nous n'avons pas eu émouna en lui, Israël, c'est-à-dire le collectif d'Israël, Am Yisraël, m'y pené à haute haute chaise, à cause des signes qu'il a faits. Il vient de quitter le Pérek Chvi, dans lequel il dit la façon dont un prophète classique se révèle après que la Torah a été donnée par Moshé Rabbeinu.
Moshé Rabbeinu a dit: il viendra, il donnera des autotes, vous les suivrez, il faut avoir émouna en lui. Il y a une mitsva de la Torah d'avoir émouna en un prophète quand il fait les choses comme il faut, et en particulier quand c'est quelqu'un de kachère, connu par tout le monde en tant que kachère, qui apporte un signe de sainte voie, comme ça a été le cas de Jérémie ou des choses comme ça. Seulement, Moshé Rabbeinu, lo he'emi noubo Yisrael mipene autotes heos. Pourquoi ?
Et lui, c'est le premier. Parce que, en profondeur, celui qui finalement a émouna dans ce prophète, selon les signes qu'il donne, au fond de lui-même, yesh belifo, yesh belibo, dofi, il y a dans son cœur, belibo, quelque chose de l'ordre du doute. Il y a quelque chose qui… ce n'est pas sûr. On a vu des exemples de gens qui faisaient des signes et qui étaient de faux prophètes, ça existe dans l'Histoire. Chacun se dit: Echach, c'est assez haut, belat vekichouf. Peut-être qu'il fait ça par magie, ou par sorcellerie, en utilisant des forces négatives.
Maintenant, c'est vrai que Moshé Rabbeinu n'a pas arrêté de faire des choses, des miracles. Il a fait des miracles sans fin. Dans sa carrière de quarante ans dans le désert, il a eu l'occasion de faire des miracles énormes: l'ouverture de la mer Rouge, faire descendre la manne comme il l'a fait, ce sont des choses énormes; la caille, quand il fallait manger, à Ben Bassar, la caille est venue à sa demande, et beaucoup d'autres choses comme ça. Et il a fait des signes. Je t'ai dit qu'à un avis, normalement, on a émouna en lui à travers des signes. Ce genre d'émouna, la Torah a dit que c'est une émouna cachère.
Mais ça reste, au fond, quelque chose qui est de l'ordre du doute, en nous-mêmes. Mais Moshé Rabbeinu, c'est autre chose. Moshé Rabbeinu, c'est une pierre précieuse. Pure. Tous ces signes, ces miracles que Moshé Rabbeinu a faits dans le désert, tout simplement, atzoreh Hassam, en réalité, il a fait des miracles pour aider Israël à vivre. On avait besoin de miracles. Il les a faits, pas pour montrer que c'était un prophète, mais simplement parce qu'il avait entre ses mains cette possibilité. HaKadosh Baroukh Hou lui a donné entre les mains la possibilité de faire des miracles pour aider Israël à aller de l'avant, dans des conditions difficiles.
Je ne sais pas si vous vous êtes promenés dans le Sinaï, vous avez fait des tours dans le Sinaï, mais ça n'a pas l'air d'être facile. Il y avait quelque deux millions de personnes, vieux, jeunes, enfants et tout ça, là-bas, et vivre pendant quarante ans, il faut le faire. C'est incroyable. Mais le début de sa carrière commence avec des miracles qui sont venus en avant. Il a fait les miracles. Il est allé avec Aaron devant Pharaon, mais Pharaon n'a pas eu émouna en lui. Vous savez que, quand Makat Bekhorot est venue, ils étaient obligés, mais tous ces miracles n'ont pas servi, en fait, à démontrer, ni à Paro ni à personne, définitivement, que c'était un prophète.
C'était proposé. Quand Moshé Rabbeinu a dit, avec beaucoup, et si je vais aller chez l'Éternel, je vais donner des miracles: tu prends le bâton d'Aaron, tu le jettes, ça va être un serpent. C'est ça. Il l'a fait. Alors il dit: tous ces miracles que Moshé Rabbeinu a faits, il les a faits atzoreh, lo ha'hasam, par nécessité. Vous voyez le texte ? Il les a faits par nécessité. Pas pour apporter, comme je vous ai dit, la preuve que c'est comme ça qu'un prophète doit faire. Mais Moshé Rabbeinu, non. Chez lui, ça s'est passé autrement. Ce n'est pas pour apporter une preuve de sa prophétie qu'il a fait ces signes, tous ces miracles-là. C'est autre chose.
Il les a faits par besoin. Ayat, sarif, les Ashkia, et Amitzrim. Il fallait faire couler les Égyptiens et les prendre au piège de la mer Rouge. Kara et Ayam, il a ouvert la mer, et ensuite, Itzlilam et Tocha, il les a fait couler dessus. Il a ouvert la mer, et ensuite il s'est refermé sur eux. C'est comme ça qu'il a réglé le problème. Le problème égyptien a été résolu de façon spéciale. Il y avait besoin.
Nitzitahu, l'Amazone, ils avaient faim. Ils ne pouvaient pas commander au Majbir le sarkan des choses, parce que le Majbir n'était pas ouvert. Il n'avait pas d'argent. Alors qu'est-ce qu'il a fait tout de suite ? Or il est à main. Il leur a fait descendre la manne. Tiens, écoute.
C'est une des façons qu'HaKadosh Baroukh Hou a utilisées pour se révéler, pour se dévoiler dans un contexte historique qui a fonctionné très longtemps comme ça. Par exemple, toute l'époque de Baye Trichone, HaKadosh Baroukh Hou avait besoin aussi de l'intervention des Navi'im pour dire aux gens des choses comme ça. Juste HaKadosh Baroukh Hou.
Au fond, c'est… non, mais c'est un dévoilement très précis quand même. Il va chez un Navi, il lui dit des choses extrêmement précises, quelquefois. Dans les prophéties de Jérémie, tout ça, des prophéties qu'il a données à ses différents prophètes, quelquefois il leur a dit: dis-leur, il faut faire comme ça, et comme ça. Quelquefois, un besoin. Quelquefois, il a utilisé ça. Il a mis dans l'homme la possibilité d'être prophète.
Cours d'Orot veKelim
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