Trois niveaux de la Torah orale selon le Rambam
Le Rambam distingue la Torah reçue au Sinaï, la halakha de Moché MiSinaï et les décisions des sages.
Rav Yaakov Nahon
Ensuite : Moshe Rabbeinou et les trois sortes de halakhot, 38 min
En bref
Le Rav Yaakov Nahon commente la préface du Rambam à la Michna, qui distingue trois strates de la Torah orale : les lois reçues de Moshé Rabbeinu liées au texte écrit, les lois reçues de Moshé au Sinaï sans lien direct avec le texte, et les décisions issues de la réflexion des sages selon les méthodes d'exégèse. Il explique que la discussion et le vote ne portent que sur cette troisième strate, et que le Rambam refuse fermement l'idée qu'une loi transmise par Moshé se serait perdue ou déformée en route. Le cours s'achève sur l'exemple de la controverse entre Beit Chammaï et Beit Hillel sur le lavage des mains avant ou après la préparation du repas.
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La préface du Rambam à la Michna est considérée comme un chef-d'œuvre du Rambam. Au départ, elle a été écrite pour l'intelligentsia juive de son époque, qui parlait l'arabe. C'est donc en arabe qu'elle a été rédigée. Elle a ensuite été traduite par différents traducteurs. Pour autant que je sache, la traduction présentée ici
dans l'édition du Mossad Rav Kook est la traduction classique du texte du Rambam, faite par une famille de traducteurs, les Ibn Tibbon. Mais de nos jours, il y a un Tamit Hacham qui a fait une traduction plus récente. Ce n'est pas celle-là, ce n'est pas celle-là. Il existe une autre édition, là-bas. Elle a été traduite par un ancien élève à moi.
Il se peut qu'on l'utilise. Enfin, à notre niveau, ce n'est pas tellement un problème, parce que nous ne sommes pas tellement nombreux.
Maintenant, dans cette Hakdama, le Rambam raconte en particulier l'évolution de la Torah Chebal Pé, telle qu'elle a été reçue par Moshé Rabbénou, et qui, à un moment donné, a été mise par écrit sous forme de Michna. Mais l'ensemble du volume de l'enseignement oral de la Torah est complexe. Le Rambam explique qu'il y a différentes zones dans le contenu de la Michna.
Il y a une partie, qu'il appelle ici Chelek Rishon, c'est tout un volume de Torah Chebal Pé que Moshé Rabbénou a reçu, mais qui est lié au texte écrit de la Torah.
Comme une grande partie des textes de la Guemara: dans la Guemara, quand on va chercher la halakha, on la met souvent en rapport avec le texte même de la Torah. Cette première partie qui est présentée, c'est une partie que Moshé Rabbénou a reçue. C'est une Torah Chebal Pé liée au texte écrit, que Moshé Rabbénou a reçue. Il n'y a pas de makhloket ni de tsourel: elle a donc été transmise telle quelle.
Une seconde partie, Chelek Hasheni, c'est ce qui a mérité le titre de halakha le-Moshé mi-Sinaï. Ce n'est pas le premier groupe qui est ici. Bien que cette première partie, Chelek Rishon, ait été reçue par Moshé au Sinaï, ce n'est pas ce qu'on appelle halakha le-Moshé mi-Sinaï, la première partie. Parce que ce qui mérite ce titre très spécifique de halakha le-Moshé mi-Sinaï,
ce sont des halakhot que Moshé Rabbénou a reçues, mais qui ne sont pas directement liées au texte écrit de la Torah. Ce sont des halakhot qui ne se déduisent pas du texte écrit. Elles peuvent éventuellement être rattachées à lui par une allusion quelconque, de façon allusive, mais le texte de la Torah ne prépare pas à cette zone-là de la Torah Chebal Pé.
C'est ce qu'il appelle collectionner. La troisième partie est le résultat des discussions [...]. Et à ce niveau-là, il y a une makhloket. Ce n'est pas Moshé Rabbénou qui l'a tirée, ce sont les générations qui l'ont tirée.
Quand on se retrouve devant un problème actuel, on cherche à le résoudre. On se relie au texte de base traditionnel, au texte écrit, et on essaie, par l'exégèse en particulier, de tirer de ce texte un contenu de halakha, une règle de comportement, par les méthodes d'exégèse qui ont été données au peuple d'Israël.
C'est essentiellement ce que nous appelons les treize middot, Yod Guimel Middot she-ha-Torah nidreshet ba-hem, que nous retrouvons dans notre tefila, par exemple le matin, quand on démarre notre tefila, juste un peu avant Hodou. On cite les Yod Guimel Middot. Ce sont des méthodes d'exégèse qui sont kecherot. Il faut réfléchir sur le texte pour essayer de tirer une halakha. Je vais relire ça avec vous, rapidement.
Il y a des lois qui ont été évoquées et qui sont tombées dans le débat, comme nous l'avons rappelé, et qui ont été dévoilées par la plupart. Et cela se passe lorsque le débat change. C'est pour cela qu'on dit que si la halakha est reçue, et qu'il y a une réponse à la loi, mais que le débat tombe dans quelque chose qui ne ressemble pas à la halakha,
on parle donc d'une zone sur laquelle
on a réfléchi pour tirer la halakha. Et la décision sur la halakha, à ce niveau-là, a été prise dans des conditions telles que l'on pouvait poser la question au groupe qui fixait la halakha, et l'on pouvait voter. Et l'on pouvait décider, selon la majorité, de ce qu'il fallait faire. C'est essentiellement ce qui se passait du temps où il y avait un Sanhédrin.
Quand il y avait un Sanhédrin, la halakha pouvait être présentée, des opinions étaient exposées dans un sens comme dans l'autre, et la halakha était décidée par le Rav, par la majorité. Dans la mesure où nous sommes intéressés à ce que cette halakha soit reçue par Am Yisraël, et qu'en tant que collectif nous respectons la notion de Rav, la majorité, on ne retient que la majorité,
parce que nous sommes intéressés à respecter le collectif d'Israël, qui est représenté par sa majorité. Bon, à propos de cela, il dit que, dans cette zone-là, c'est une zone dans laquelle il y a lieu de discuter et de demander la décision du Rav. C'est-à-dire: quand est-ce que ce genre de problème se présente ? Quand on n'est pas dans les deux premiers cas. C'est-à-dire ?
Les deux premiers cas sont des cas dans lesquels la halakha était transmise comme étant déjà reçue définitivement par Moshé Rabbénou, liée au texte ou non liée au texte. C'est Moshé Rabbénou qui a donné la halakha, et la halakha était déjà reçue dans la tradition comme étant une halakha. Mais quand on se trouve devant un problème à résoudre,
et qu'on utilise des méthodes de réflexion sur le texte écrit de la Torah, et que ces méthodes nous mènent à différentes possibilités de solution, à ce moment-là, on commence à discuter. Et l'on dit: si cette halakha, c'est-à-dire ces un ou deux cas, est déjà reçue par Moshé dans la tradition, ou si c'est une halakha de Moshé mi-Sinaï transmise en tant que telle, définitive, on tranche. C'est la halakha.
Mais sinon, on discute. Regardez notre texte, on avance ensemble. Je lis les dernières lignes de notre page. À propos de ce type de choses, nous disons im halakha nekabel, veim le-din, c'est la dernière ligne, yeshtzouva. C'est-à-dire, j'explique comme c'est expliqué en bas. Regardez. Au bas de la page même, je lis la note en bas. Comment comprendre ça ? Voyez, c'est écrit:
Rosh lomar: Resh, Lamed, dans le Youd. Youd, Resh, Lamed, ce sont les initiales de Rosh lomar. Cela veut nous dire la chose suivante: im halakha yi, si c'est vraiment une halakha déjà reçue, dans le genre 1-2, comme il le dit: ben halakha mikoubelet mipi Moshé, she-yesh la gam remez ba-Torah, mefoursheret l'otiyot gam misvara* [...]. Je lis l'explication en bas.
Alors ça, im halakha, cela veut dire: si ça entre dans les deux premières catégories dont on a parlé. C'est ce qu'il dit ici: la halakha transmise par Moshé, qui est reliée au texte, ou bien la halakha de Moshé mi-Sinaï, qui n'est …
Cours d'Orot veKelim
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