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Halakha le Moshe Missinaï : ce qui relève vraiment de Moshé

Le Rambam distingue les halakhot reçues de Moshé des seules halakhot désignées par la formule « halakha le Moshé Missinaï ».

53 min

Rav Yaakov Nahon

Ensuite : Trois niveaux de la Torah orale selon le Rambam, 47 min

En bref

Le Rav Yaakov Nahon commente le passage du Rambam (Hakdama à la Michna, Ottsar Ha-Rav Kook/Moussad Ha-Rav Kook, pages 43-44) qui distingue les halakhot transmises depuis Moshe Rabbeinu sans appui dans le texte biblique des seules halakhot qui portent le nom de « halakha le-Moshe mi-Sinaï ». Il rappelle que toute une série de règles, comme l'identification du prix (étrog) de la fête de Souccot ou la lapidation de la jeune fille fiancée devenue adultère, sont reçues de Moshe sans être dites halakha le-Moshe mi-Sinaï, car on peut les rattacher à un verset ou à une méthode d'exégèse. Il en tire la définition précise : ne porte ce nom que la halakha reçue de Moshe qui n'a aucune allusion biblique ni raisonnement possible. Le cours cite ensuite des exemples de mesures (chiourim) et de règles de la sphère de la Michna et du Talmud.

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Alors, on se retrouve dans notre texte de Hakdama la Michna, Otzar Mossad HaRav Kook, à la page lamed-guimel, lamed-dalet. Je vous rappelle un peu où nous en sommes. L'intention est de nous expliquer la classification de l'ensemble de la Torah Shebeal Pé, ainsi que la transmission de la Torah chez les Sages de la Mishna. Le Rambam, dans ses explications, arrive à un moment donné à un thème que nous allons appeler le thème de la halakha le-Moshé miSinaï, dont on a déjà parlé la dernière fois. Je vous résume ce qu'on a vu.

Nous savons qu'une quantité très importante de halakhot, transmises oralement, ont été en fait reçues par Moshé, par la tradition à partir de l'enseignement donné par Moshé Rabbénou, qu'il avait lui-même reçu au Sinaï. Une quantité importante des halakhot qui sont entre nos mains sont effectivement des halakhot dont on sait pertinemment qu'elles proviennent de Moshé Rabbénou, et sur lesquelles il n'y a pas eu de discussion.

Mais elles n'ont pas le droit d'être désignées dans le Talmud sous l'appellation de halakha le-Moshé miSinaï. Nous allons reprendre quelques exemples de ce qui a été donné la dernière fois, une série d'halakhot dont il est évident qu'on a utilisé la tradition à partir de Moshé Rabbénou pour les établir, mais qui ne sont pas désignées sous le nom de halakha le-Moshé miSinaï. Il n'y a qu'une zone très spéciale à l'intérieur des halakhot reçues de Moshé Rabbénou qui mérite ce nom très spécifique. C'est clair, ce que j'ai dit ?

Je prends notre texte, dans l'âme et le guimel. Le Rambam, la dernière fois, nous a donné une série d'exemples de halakhot visiblement reçues par la tradition à partir de Moshé Rabbénou, et qui cependant ne sont pas entrées dans la catégorie de la halakha le-Moshé miSinaï. Il donne par exemple le cas où la tradition sait pertinemment que le fruit qui accompagne le loulav à Souccot, désigné dans la Torah sous le nom de Pri Etz Hadar, est l'étrog. L'expression Pri Etz Hadar est, a priori, largement insuffisante pour savoir de quoi il s'agit exactement. Or nous savons par la tradition que c'est le cédrat, l'étrog, et nous le savons par Moshé Rabbénou.

Le fait que le cédrat soit le fruit nécessaire pour Souccot, pour accomplir la mitsva de prendre le Pri Etz Hadar et les branches, n'est pas une halakha le-Moshé miSinaï. Et pourtant, nous savons pertinemment que c'est parce que nous avons reçu cette tradition de Moshé Rabbénou que nous sommes certains que c'est le cédrat et pas autre chose. Je reprends notre texte. La page ici met des guillemets.

Après avoir donné une série d'exemples, dont celui du Pri Etz Hadar, il en donne d'autres. Par exemple, le cas d'une jeune fille qui a été trouvée non vierge et condamnée à mort. Il explique que ce n'est pas parce qu'elle était vierge qu'elle est condamnée à mort, mais qu'il s'agit d'une jeune fille fiancée, dont les fiançailles juives sont extrêmement définitives, c'est déjà un mariage. Malgré le fait qu'elle a été mise en garde, elle a eu des rapports avec quelqu'un d'autre, elle a commis un adultère, et dans ce cas, de toute façon, elle est condamnée à mort. Elle est condamnée dans des conditions très spéciales, la lapidation, qui n'est pas la mort normale dans le cas de l'adultère. On nous explique que c'est une halakha reçue de Moshé Rabbénou, mais qui ne s'appelle pas halakha le-Moshé miSinaï. Le Rambam, je l'ai cité la dernière fois, vise huit exemples comme ceux-là.

Je vais prendre plutôt la page lamed-bet, sur votre droite. Toutes ces mitsvot qu'on a citées, dont je vous ai donné les exemples, je me retrouve à peu près à la huitième ligne de cette page lamed-bet. La ligne commence par les mots Zantab Edim Vyatra. Huitième ligne à partir du haut, d'accord ? Vous voyez ?

Je prends à partir du point: Fé Chayotseh Bahen. Vous trouvez le texte à droite, sur la page de droite, la huitième ligne à partir du haut. Il y a trois mots et un point: Chayotseh Bahen. Ça va, Dan ? Tu as le texte ? Grégory, ça va ? Alors je lis.

Après ça, on va reprendre les césarachot. Le Rambam dit: Dikamsah. Et qu'est-ce qui se passe avec eux, avec toutes les mitsvot ? Il n'y a pas d'exemple avec eux, où toutes les paroles sont acceptées par Moshé, et sur eux, et sur d'autres. Ils ont dit: toute la Torah a été écrite, ses règles, ses détails, et ses détails, du Sinaï. On fait un exemple là ? Il n'y a pas d'exemple, vous êtes d'accord, où tout...

Il y a une décision de halakha qui concerne ces termes, ces halakhot, qui sont cités dans la Torah de façon pas suffisamment succincte et qui ont besoin d'être expliquées. On a besoin de la tradition pour vraiment les situer. Ces halakhot-là, on est convaincu que ce sont des perushim et des kabbalot mi-pi Moshé, des explications que nous avons reçues depuis Moshé Rabbénou, ve-alehem ve-al domeihem. Sur ce genre d'halakhot, ou des halakhot de ce genre, nous dirons que la Torah, nemrou, toute la Torah, a été donnée dans ses grandes lignes, klalot ou pratot, d'une part, et que ses détails, dans leur extension et dans leur détail, ont été reçus miSinaï.

Regardez ce qu'il dit: Aval afal pi shehem mekoubalim, ve-en makhloket bam, quoique tout le monde ait accepté cette halakha et qu'il n'y ait pas de discussion sur elle. Entendez bien ce qu'il dit, je rentre dans le détail. Il dit: malgré le fait que nous savons pertinemment la décision définitive de la halakha, c'est parce que la tradition nous l'a apportée.

Cependant, mi-chokhmat ha-Torah ha-netounah lanou, c'est une partie de la sagesse qui nous est transmise par la Torah, shé-na'al lehotzi mimenah perushim be-derekh midrash ha-sevarot. On peut tirer ces explications par une méthode d'analyse, parmi les méthodes de la sevara, qui est la réflexion. Asmakhtot: vous ne connaissez pas exactement ce mot, mais vous verrez des exemples. Le fait que la halakha s'appuie sur un texte de la Torah qui donne déjà un point d'appui, sur lequel on peut construire la direction de la halakha. Re'ayot: ce sont des preuves. Arimazim: des allusions qui se trouvent dans la Torah.

Ces halakhot sont venues, on les connaît depuis Moshé Rabbénou. Elles ont été révélées à Moshé Rabbénou, et Moshé Rabbénou les a transmises à Israël. Elles sont venues jusqu'à nous à travers la longue histoire de la transmission orale de la Torah, puis, comme on l'a vu, mises par écrit par Rabbi Yehouda HaNassi dans la Michna. Mais malgré le fait qu'on les connaît par Moshé Rabbénou, on peut, par notre réflexion sur les textes de la Torah, arriver à les en dégager, par la réflexion sur le texte même de la Torah écrite, par les différentes méthodes qui sont à notre portée, révélées par la Torah elle-même, grâce auxquelles on peut faire une exégèse du texte de la Torah écrite.

Cours d'Orot veKelim

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