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Les écrans qui séparent le prophète de Dieu

Le Rambam explique que les défauts de caractère et d'intellect dressent des voiles entre l'homme et Hachem.

46 min

Rav Yossef Benshoushan

Ensuite : Le libre arbitre selon le Rambam et la Torah, 43 min

En bref

Le Rav Yossef Benshoushan commente le chapitre 7 de l'Aprakim (Rambam, Guide des égarés) : les « écrans » qui séparent le prophète de Dieu sont des défauts, intellectuels et de caractère, et leur nombre explique pourquoi certains prophètes ont vu Dieu derrière plusieurs voiles, Moshe Rabbeinu derrière un seul, transparent. Il développe la thèse selon laquelle la prophétie suppose une perfection intellectuelle et une maîtrise de la majeure partie des traits de caractère, sans exiger la perfection en tout. Le cours aborde aussi la richesse comme contentement de sa part, la vraie force comme maîtrise de soi, et l'importance de la discipline quotidienne.

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

On revient sur les Chémonah Pérakim. On en est au chapitre 7 dans le livre, page Reshnountet, c'est-à-dire 259. Alors commençons le septième chapitre, Reshnountet. Vous avez trouvé le texte ? Ok. De quoi traite ce chapitre ? Bamassakhim ve'ilyanam. Ce qui veut dire ?

C'est quoi massakh ? Les écrans. Aujourd'hui, un écran, ça se dit massakh. Et là, il veut dire par là une chose qui sépare entre nous et Dieu.

C'est souvent rencontré dans les midrachim, dans le Talmud, que tel navi a vu Dieu après trois écrans. Celui-ci...

Il y a deux écrans. Celui-ci, il y en a cinq écrans. Les écrans, ça veut dire, comment on va traduire, des massakhim. Des voiles. Des masques, si tu veux. Massakh, aujourd'hui, ça se traduit par un écran, mais on va dire une paroi qui sépare. Une paroi qui sépare entre Dieu et son prophète.

Qu'est-ce que ça veut bien vouloir dire ? Évidemment, ceci n'est qu'une métaphore, parce qu'il n'y a pas d'écran dans le ciel. Et Dieu n'est pas dans le ciel, d'ailleurs. Un voile, une séparation, quelque chose qui sépare entre ce prophète et Dieu. Donc, pourquoi on dit que celui-là a eu trois écrans, et celui-là deux, et celui-là cinq ? Qu'est-ce que ça peut bien vouloir dire ? C'est ce qui va expliquer le Rambam. On peut l'associer au mot klipa ? Si tu veux. Il y en a qu'un.

Ou même Ichouroum, Achoréim, Asarim Ma'atim, et d'autres qui ont vu derrière peu d'écrans. Et cela dépend, dit le Rambam, mi-fi erer kivatam, mi-fi na'alat Hachem, ve-rom ma'alatam be-nevouha. Cela dépend de la valeur de leur approche de Dieu, ou bien de leur grandeur en prophétie. Les hakhamim l'ont dit à tel point, à propos de Moshé Rabbénou: Raph Hachem, Achoréim, massakh ehad bahir. Moshé Rabbénou, lui, le plus grand des prophètes, a vu Dieu.

Derrière un écran, un seul écran, totalement transparent. Ve-hou'ram ista'kel be-spéklaria, ameyra enaïm. Moshé Rabbénou a vu Dieu à travers une vitre transparente. Un seul écran, et en plus transparent. Alors que les autres, il y en avait plusieurs, et opaques, ou translucides. Donc, pas d'effort ?

On y arrive, il va expliquer aussi. Un petit peu de patience. Tout sera expliqué. Spéklaria, Shemarei Arasoui, Mechomer Shekouf. C'est quoi ce mot-là, spéklaria, qui vient d'une langue étrangère, pas de l'hébreu ? C'est une vitre, faite d'une matière transparente, qui ressemble, par exemple, à un diamant, ou qui est soufoujit, qui est mentionné vers les Boussafs Khedim. Il faudrait bien l'expliquer, parce qu'à l'époque, il n'y avait pas tellement de vitres comme ça.

Et la kavana, qu'est-ce que tout cela peut bien vouloir dire ? La kavana, bien sûr, ce qui est bien pour toi, je vais te l'expliquer, le Rambam. Pour chekva béarna, ou père Gershéni, qu'on a commencé à expliquer au deuxième chapitre. Ça m'a allotté les vertus humaines, m'ehémégueniot ou m'ehémidotiot.

Il y en a qui sont au niveau intellectuel, et d'autres qui sont au niveau des traits de caractère. De même, les défauts. Il y a des défauts au niveau de l'intellect, de la logique. Chemot asichlout, ça veut dire l'idiotie, la bêtise. Petaillout, on va dire la naïveté. Koshiyavana: difficulté de compréhension. Alors ça, c'est plus ou moins le genre de défauts qu'il pourrait avoir au niveau de l'intellect.

Ou même des midot. Il y en a d'autres qui sont dans les traits de caractère. Kemoataftanout: quelqu'un qui est envieux, qui a toujours des envies. La gaava, l'orgueil. Ogzanout, la colère. Charon, pareil. Arazout: ça veut dire les fronteries, l'amour de l'argent. Et tout ce qui ressemble à ça, et il y en a pas mal. Il y en a beaucoup. On les a énumérés et définis dans le chapitre 4.

Tous ces défauts, ce sont eux les écrans, les parois, les voiles qui séparent l'homme de Dieu. Ça veut dire: si ce prophète avait un défaut de caractère, alors on a dit à propos de lui qu'il a vu Dieu à travers un écran. S'il avait deux défauts de caractère, à travers deux écrans. S'il avait deux défauts de caractère et un défaut intellectuel, à travers trois écrans. C'est clair ? Chaque défaut est encore une barrière, une barrière qui l'éloigne de Dieu.

Moshé, il n'avait pas un défaut de... Il y arrive, c'est pas ça. Il y arrive, il y arrive. Amar navi, vé-ba-rot zé, ki avonoteichem hayou mavdilim beinechem uvein Elokeichem. Comme le prophète le dit à ce propos: voilà que vos fautes vous séparaient de Dieu. Il a dit de la manière la plus claire que nos péchés... Ve-amarot ale-lou, ki-meshiska hou ha-massakhim.

Ce sont eux les écrans, les voiles qui nous séparent. Beni hou, beni tali. Ve-da, ki kol la-vi'e nomit navi, ein ada ach ki yechenikhou kol ha-ma'alot ha-sikhiyot ve-rov ha-ma'alot ha-midotiyot ba-hou'ram shemem. Tout prophète ne pourrait véritablement arriver à la prophétie que s'il a réussi à acquérir toutes les qualités intellectuelles et la majeure partie des qualités de traits de caractère. Vous voyez la différence ?

Au niveau intellectuel, il faut être parfait. Sans quoi, ne rêve pas d'être prophète. En d'autres termes, quelqu'un qui est idiot ne peut pas être prophète. Encore moins, moins qu'idiot. C'est pourquoi je dis ça: très souvent, il y a des gens qui sont des ignares en Torah, et encore plus ignares en science, et qui prétendent avoir des dévoilements divins, et qui se prennent pour des prophètes. Alors, ne vous y trompez pas: on ne peut pas être prophète comme ça.

Si on n'est pas un très, très, très grand... c'est la plus grande des trompes, et qu'on n'est pas quelqu'un de très développé intellectuellement. Donc, si un beau jour vous rencontrez un charlatan de ce genre, écartez-vous de lui comme de la peste. Ce charlatan-là, ça ne risque pas. Comme le dit le Rambam, pour accéder à la prophétie, il faut d'abord arriver à développer toutes ses qualités intellectuelles.

Au niveau des traits de caractère, la majeure partie. Et comme nous dit Sraza'al: la prophétie ne réside que sur quelqu'un qui est intelligent, courageux, vaillant, fort, riche, un peu malheureux, pas de quoi manger, et qui se soucie toujours...

...à chercher de quoi manger pour apaiser sa faim. Pour ne pas être prophète. Et les hakhamim ont rajouté là-dessus: Ve-ceux qui sont hakhamim auront été noulades.

Qui gagne, je ne sais pas, un shekel par jour, disons. Celui qui gagne dix shekels par jour, il se sent très riche, d'accord ? Dans une autre société, où tout le monde gagne un million de dollars par jour, celui qui gagne seulement cinq cent mille euros, il se sent tout pauvre. Non, dit le Rambam, ce n'est pas ça le critère. Combien de dollars tu as en banque ? Ce n'est pas le critère.

C'est une question de satisfaction. Ezour achir, samei'ah be-helko. Qui est riche ? Celui qui est content de ce qu'il a. Il y a quelqu'un qui peut avoir dix appartements de huit pièces et quatre hélicoptères sur …

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