La guerre, la mort des justes et la purification du monde
Le Rav Kook explique que la disparition des justes élève les âmes et fait avancer l'humanité vers la rédemption.
Rav Yossef Benshoushan
Ensuite : L'exil d'Israël et la royauté perdue selon Orot HaMilhama, 42 min
En bref
Le Rav Yossef Benshoushan explique, à partir du Rav Kook, pourquoi les guerres et la mort d'innocents peuvent faire avancer le monde vers la Gueoula : la disparition de tsadikim laisse un vide que chacun est appelé à combler en reprenant leurs qualités, et l'âme, libérée du corps, s'élève et entraîne avec elle l'humanité. Il insiste sur le fait que la guerre reste un malheur à haïr et que la mort n'est pas un idéal. Il montre enfin comment la Torah purifie l'âme dans le corps et que les grandes figures bibliques, guerriers compris, ont mené leurs combats au service de la justice divine.
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Et plus cela fait avancer le messianisme. On va lire ça vite fait pour entrer dans le sujet, et après on utilisera la piska bête. Donc, Hachem HaKadosh Baroukh Hou, la Torah, la Michna, le Baroukh Hou, la Michna, le Beit Hamikdash. On a déjà vu ça la semaine dernière, donc je vais résumer vite fait. Quand il y a une grande guerre, on est dans la page Yud Gimel. Yud Gimel, page 13, piska alef, la milchama.
Quand apparaît une grande guerre dans ce monde, s'éveille la force messianique. Et hazamir higuia, le temps de la moisson est arrivé. De quelle moisson s'agit-il ? Zamir aritsim, la moisson des tyrans. Tous les systèmes fondés sur la tyrannie disparaissent. Arechaim, Ikradim, Elanlam, Orlam, Invasem. Les méchants sont anéantis de ce monde.
Et ainsi, ce monde se parfume. Et parallèlement à cela, la voix de la colombe se fait entendre sur notre terre. Alors qu'elle était déserte pendant des millénaires, elle commence à refleurir, l'agriculture progresse, les oiseaux reviennent, et la vie recommence. Mais pendant cette guerre, il y a aussi des innocents qui sont anéantis.
Chebeto hama pecha chechet efemit hama, dans ce tohu-bohu, torrentiel de guerre, yejba memidat mitat tsadikim mekaperet contribue à la purification de ce monde. On l'a expliqué la semaine dernière, de deux manières. Qu'est-ce que ça veut dire, mitat tsadikim mekaperet ? Quand il y avait parmi nous des gens bien, des gens de valeur, et qu'ils disparaissent, ça laisse un vide. Et c'est ressenti comme un vide. Et ça éveille en nous…
Un besoin de combler ce vide. On ressent un profond besoin de combler ce vide. Donc chacun de nous prend sur lui une des caractéristiques de ce tsadik qui a disparu. Et c'est comme ça que le bien, en fait, ne disparaît pas, il se propage. C'est clair ? Ce n'est pas clair ? Ce n'était pas la semaine dernière, là je répète. Non, là j'ai dit ça vite parce qu'ils ont déjà écouté le rav. C'est ce qu'on fait de manière générale dans le…
C'est clair ? Et comme ça…
Cette énergie ne disparaît pas. Elle se propage. Elle se fait élever. Ce qui reste. Donc quand il y a des innocents qui disparaissent, c'est vrai que c'est terrifiant et ça fait mal, mais finalement, cela crée une prise de conscience. À la fin de la guerre, on voit toute la catastrophe, tous les gens mutilés, toutes les femmes veuves, les enfants orphelins, et on comprend que tout cela n'est que le fruit de nos…
Nos erreurs, nos mauvaises vertus, etc. Donc on essaie d'améliorer, et la société humaine s'élève. Et là, le Rav Kook propose une deuxième explication, plus profonde. C'est qu'à vrai dire, ces gens-là qui meurent, qui à nos yeux pourraient paraître une injustice, il n'y a pas d'injustice qui soit faite par Dieu.
À longue échéance, cela fait avancer les choses dans le bon sens, parce que, comme on le sait, Dieu n'agit pas dans ce monde seulement selon le système de châtiment et de récompense. Il y a d'autres systèmes, plus élevés. Et en temps de guerre, il y a un autre principe qui est mis en marche, qui lui aussi fait avancer les choses dans le bon sens. Mais quand quelqu'un meurt, nous, de notre point de vue, on a l'impression que c'est une disparition, que c'est une annulation de la vie.
En fait, c'est une erreur. La vie, la neshama, existait bien avant d'être dans le corps. Et même pendant notre vie dans notre corps, elle n'apparaissait que de manière partielle dans le corps. La quasi-totalité était en dehors. Et elle continue aussi, après la vie, après le corps. Maintenant, quand l'âme est dans le corps, bien que ce soit un idéal, c'est un boulet au canon, un boulet au pied de cette âme. Ça pèse, le corps.
Il a ses problèmes, ses tentations, ses crises. Et tant bien que mal, l'âme essaie de continuer son itinéraire, en tenant par la main un infirme, c'est le corps. Et maintenant qu'elle se libère de ce corps, elle va pouvoir courir plus vite, et avancer plus vite. Donc elle s'élève. Ce qui ne veut pas dire, je le répète pour la centième fois s'il le faut, que c'est un idéal de mourir. L'idéal est de vivre. La mort est un échec. La mort est une touma.
Mais c'est ça, le défi: faire apparaître la sainteté de l'âme dans le corps. Et de fait, la plupart des gens ne réussissent pas ce défi. C'est vrai que c'est la meilleure manière, et la seule manière, de permettre à l'âme de s'élever, de réussir ce défi, mais de fait, la plupart des gens ne le réussissent pas, et le corps abaisse l'âme. Donc, quand l'âme se libère du corps, elle s'élève.
Beaucoup plus rapidement. Maintenant, en s'élevant, elle élève avec elle toutes les autres âmes, puisqu'elle fait partie intégrante de toutes les âmes de l'humanité. Donc, de manière générale, il y a un certain pourcentage de personnes qui meurent par jour. En temps de guerre, en guerre mondiale, ce pourcentage est multiplié par dix, par cent, par mille, par cent mille. Donc, de manière accélérée, cela entraîne une élévation de l'humanité entière.
D'accord ? C'est pour combler le mal, ce vide. Il faut faire très attention à ce que je viens d'expliquer, ça pourrait être compris comme si on était content qu'il y ait des guerres, qu'on était content qu'il y ait de la mort, et qu'on espérait qu'il y ait de la mort pour élever le monde. Tout ça est bedi'avad, a posteriori. À priori, on ne veut pas la guerre, on la hait, la guerre est détestable, c'est abominable. C'est le plus grand des malheurs qui puisse exister. Mais malgré tout, si déjà c'est arrivé,
Ne pensons pas qu'on a réussi à mettre un croche-pied au processus divin du messianisme. Dieu s'en sert aussi pour faire avancer les choses dans le bon sens. Oui. L'âme, elle se dévoile véritablement ? — Qu'est-ce que ça veut dire, elle se dévoile ? Elle ne se dévoile pas, elle se dévoile dans le corps. Elle s'élève. Pas « elle se dévoile ». C'est clair ? Qu'est-ce que ça veut dire, elle s'élève ? Non. C'est son seul rôle, d'être dans le corps, pour faire vivre le corps.
Et l'homme a été créé pour vivre pour l'éternité, Kore'am. C'est l'idéal parfait. Mais malgré tout, c'est un idéal difficile à réaliser. Donc il crée énormément de chutes. C'est clair ? Toute la grandeur, c'est d'être céleste dans le monde terrestre. C'est-à-dire d'être tout à fait normal dans ce monde terrestre, mais avec des intentions pures. Ce n'est pas toujours le cas. C'est-à-dire, par exemple, tu devrais travailler dans ce monde pour développer le monde
Par amour de ce monde. Oui, mais est-ce que tout le monde travaille pour développer le monde ? Ou bien la quasi-totalité des gens travaille-t-elle pour gagner de l'argent ? — Travailler pour gagner de l'argent. On n'a rien contre l'argent. C'est tout à fait légitime. Mais ça devrait être inversé. On devrait gagner de l'argent pour travailler, et non travailler …
Cours d'Orot veKelim
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