Les Gabaonites, la ruse et l'alliance avec Israël
Comment les Gabaonites trompent Yehoshoua par de faux signes de voyage, et pourquoi il fallait consulter Hachem.
Rav Yehouda Benishai
En bref
Le cours commente le début du chapitre 9 de Yehoshoua : après la prise de Yericho et de Ha'ay, les peuples de la terre se coalisent pour combattre Israël, et les Gabaonites recourent à la ruse pour obtenir une alliance. Le Rav montre la différence entre une paix, qui est permise à certaines conditions, et une alliance (brit), interdite avec les habitants de la terre. Il explique aussi pourquoi Israël a dû consulter Hachem avant de s'engager, et pourquoi la parole donnée doit être tenue même lorsqu'elle a été obtenue par tromperie.
Début du cours (texte)
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Bon, on est au Perek Tet. Il y en aura partout. Je viens de dire que c'est le dernier cours, en fait, pour cette année. On en est arrivé au stade où Yehochoua a conquis avec Israël les deux villes qui semblaient des cadenas infranchissables, en vue de conquérir tout Erets Israël: la ville de Yéricho et la ville de Haï.
La ville de Haï, il y a eu des difficultés pour la conquérir. Comme vous vous rappelez, il a fallu deux combats, et le deuxième a réussi. Et maintenant, les peuples qui habitaient Erets Israël à cette époque commencent par comprendre que finalement, il y a un choix: il va finir par prendre toute la terre. Au début, ils étaient peut-être sceptiques, en se disant qu'ils étaient suffisamment forts, que les murailles de Yéricho étaient suffisamment épaisses et que la ville de Haï était suffisamment fortifiée pour empêcher la conquête par les Bné Israël. Mais ils s'aperçoivent que, ville après ville, Yehochoua arrive à poursuivre son périple et à accomplir la promesse divine. C'est ce que nous disent les deux premiers versets du chapitre.
Et tous ces peuplades, ayant constaté ce que Yehochoua avait fait, décident de se réunir comme un seul homme afin de s'opposer à la suite de l'avancée de Yehochoua. Ils se sont réunis ensemble pour se battre contre Yehochoua et Israël « d'une seule bouche ». C'est intéressant: d'une seule bouche.
Pourquoi « d'une seule bouche » ? Pé Ehad. Pourquoi cette expression, pé ehad ? On aurait compris s'il y avait marqué ish ehad. Pourquoi pé ehad ? Ça veut dire qu'ils se sont réunis pour en parler. Pé ehad. Les chefs de tous ces peuples qui habitaient Erets Israël se sont réunis ensemble, et ils ont commencé à dire l'un à l'autre: « Écoutez, c'est peut-être notre dernière chance. Si on ne s'oppose pas maintenant à l'entrée de Yehochoua et du Am Israël, c'en est fait de nous. » Il y a donc la force du dibour ici. Pé ehad. C'est comme aujourd'hui, quand il y a une réunion de cabinet et qu'on dit qu'il y a eu un accord: tout le monde était d'accord.
Il est important de le remarquer, parce que la guerre contre Israël commence par le dibour, par la capacité des nations de se réunir, de parler entre elles et de décider que, en réalité, ce ne sont pas les meilleurs amis. Mais néanmoins, ils sont prêts à s'unifier, pé ehad, pour se battre contre Israël. Bien qu'il y ait peut-être entre eux des antagonismes, quand arrive le moment de se battre contre Israël, ils arrivent à une situation de pé ehad.
Et alors va se dérouler maintenant une péripétie très surprenante. Ça s'appelle la paracha de Gabaon, qui va commencer maintenant au pasouk guimel, jusqu'à la fin du chapitre. Une histoire surprenante.
Vé yoshvé Gavaon. Gabaon, ce n'est pas loin d'ici. C'est Guiv'at Zeèv aujourd'hui. Vous avez entendu parler de Guiv'at Zeèv ? Eh bien, Guiv'at Zeèv a été construite à peu près à l'endroit de Gabaon. Vé yoshvé Gavaon: Chamou et acher assa Yehochoua le Yéricho vé la'Haï. Vayaassou be-ormah, vayélkhou vayitztayarou.
Les habitants de Gabaon ont entendu ce que Yehochoua avait fait à Yéricho et à Haï. Ils ont décidé d'agir avec ruse et de jouer un tour. Alors, qu'est-ce qu'ils ont fait ? Ils ont pris des émissaires, ils les ont habillés de vêtements usés, et ils ont aussi recouvert les bêtes de sacs, qui étaient déjà de vieux sacs. Des outres de vin qui avaient l'air de l'époque de Mathusalem, ou mevou karim, avec des trous, comme si des choses sortaient du musée. Ou naalot balot: des chaussures complètement usées.
Imaginez-vous que, tout d'un coup, tous ces gens-là débarquent chez Yehochoua, qui se trouvait au Guilgal. Ils arrivent comme ça, comme s'ils avaient fait un voyage de deux mille kilomètres pendant deux mille ans. « Nous sommes venus de très loin. De très loin. » En réalité, c'était très près.
Mais ils se sont fait passer pour des gens qui venaient de très loin. « Nous sommes venus conclure avec vous une alliance, brit. Nous voulons conclure avec vous une alliance. » Et les gens de Gabaon, en réalité, font partie d'un des sept peuples qui s'appelle les Hivvi. Il faut savoir que Hivi veut dire le serpent. C'est ainsi, n'est-ce pas, qu'Onkelos traduit le mot nahash: Chavia. En araméen, le serpent se dit Chavia. Il est donc possible qu'un doute soit né au sein d'Israël, et voilà qu'ils s'adressent aux Hivvi, c'est-à-dire aux Gabaonites, qui faisaient partie du peuple des Hivvi.
Ce n'est pas pour rien qu'on le souligne ici. C'est pour nous dire qu'ils ont senti qu'il y avait quelque chose qui n'était pas clair dans cette affaire. Oulai mékirbi atah yoshev: peut-être que tu habites au milieu de nous, que tu viens d'un peuple qui est ici, tu ne viens pas de si loin. Vé eikh ekhrot lakh brit: comment pourrais-je conclure avec toi une alliance ? Pourquoi ? Parce que les enfants d'Israël n'avaient pas le droit de conclure d'alliance avec les peuples qui habitaient Erets Israël.
Yehochoua avait proposé trois possibilités à ces peuples qui habitaient Erets Israël. La première était de faire la paix. Mais faire la paix, ce n'est pas conclure une alliance; ce n'est pas la même chose. Conclure une alliance, cela veut dire des droits égaux entre deux personnes qui concluent cette alliance: il y a un accord bilatéral, c'est-à-dire on a les mêmes droits, on sera des amis et on se cédera l'un à l'autre. Or, ce ne sont pas les conditions dans lesquelles les peuples qui habitaient Erets Israël, Am Kéna'an, pouvaient rester en Erets Israël.
On pouvait faire avec eux shalom, c'est-à-dire qu'on n'était pas obligé de les attaquer, de leur faire la guerre, et on pouvait les laisser vivre en Erets Israël à plusieurs conditions. Première condition: qu'ils acceptent les sept mitsvot des Bné Noa'h. Deuxième condition: qu'ils paient les impôts. Troisième condition: qu'ils remplissent leurs devoirs envers la nation, et qu'ils reconnaissent le droit national du Am Israël sur cette terre.
Ils remplissent leurs devoirs vis-à-vis de la nation. C'est toujours applicable, cela s'appelle guer toshav. Il faut toutes ces conditions. Par exemple, qu'ils fassent cherout leoumi aujourd'hui: celui qui voudrait être guer toshav de nos jours a des travaux à faire. Cet été, il y a eu des incendies énormes, je ne sais pas si vous en avez entendu parler. Dans le pays, il y a eu des incendies énormes, et on soupçonne d'ailleurs une partie de ces incendies d'avoir été provoqués. Il va falloir, une fois l'été terminé, replanter des arbres, par milliers et par milliers, qui ont été brûlés. C'est un travail qu'il faut faire. Il faut donc qu'ils soient prêts à remplir leurs devoirs envers l'État. Cela fait partie des conditions obligatoires pour rester ici, en Erets Israël.
Les Gabaonites auraient pu utiliser ce moyen. Mais ils ont voulu une brit. Ils ont voulu beaucoup plus que cela: ils ont voulu une alliance. Pourquoi ont-ils …
Cours d'Orot veKelim
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