Yehoshua, la faute d'Akhan et la nécessité de se relever
Pourquoi Dieu ordonne à Yehoshua de se lever après la défaite d'Aï, et ce que cela enseigne sur la pureté morale d'Israël.
Rav Yehouda Benishai
Ensuite : La deuxième conquête de Aï et la stratégie divine, 32 min
En bref
Le Rav Yehouda Benishai commente le chapitre 7 de Yehoshua : après la faute d'Akhan, qui a pris un butin interdit à Yericho, Israël perd la bataille de Aï et Yehoshua s'effondre. Dieu lui ordonne de se lever et de purifier le peuple, car la faute affaiblit la capacité d'Israël à tenir face à ses ennemis. Le cours montre que la réparation commence par l'analyse de la cause de l'échec et la réaffirmation de la sainteté du peuple.
Début du cours (texte)
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Nous étions à Yehoshua, au chapitre 7, verset 10. Rappelons brièvement ce que nous avons appris dans le cours précédent. Yehoshua avait décrété le cherem, l'anathème, sur la ville de Yericho, son butin, tous ses trésors. Or quelqu'un a enfreint ce qu'il avait décrété.
À cause de cela est arrivé quelque chose de grave. Très peu de temps après être entrés en Erets Israël, alors qu'ils sont partis à la conquête de la deuxième ville, après Yericho, Aï, Israël perd ce combat. Pour Yehoshua, c'est une catastrophe.
Cela semble mettre en doute la promesse qui avait été faite: qu'Israël conquerrait Erets Israël sans aucun obstacle. Et Yehoshua, comme nous l'avons expliqué dans le cours précédent, craint que cela n'aboutisse à un Chilou Lakhem. Il s'écroule.
C'est ainsi qu'on peut traduire la chose, pratiquement. C'est écrit en toutes lettres: Vayipol al panav artza, ils s'écroulent, dit le verset 6: Vayikra Yehoshua simlotav, vayipol al panav artza lifnei Aron Adonai. Aujourd'hui, nous allons commencer notre étude par le verset 10: Vayomer Adonai el Yehoshua, kum. Lama zeh ata nofel al panekha ?
Dieu s'adresse à Yehoshua et lui dit: « Lève-toi. Pourquoi tombes-tu sur ta face ? Hata Israël, vegam avrou et beriti asher tziviti otam, vegam lakhou min hakherem, vegam ganavou, vegam kikhashou, vegam samou bikhlim'hem. Et les enfants d'Israël n'ont pas pu se tenir devant leurs ennemis. Lifnei oyvehem yifnou, ki hayou lakherem. Je ne serai plus avec vous lo osif lihyot imakhem. Im lo tashmidou ha-kherem mikirbekhem. Lève-toi, kadesh et haam, sanctifie le peuple, et dis-leur: hitkadshou lemakhar. Car voici ce que dit Adonai, le Dieu d'Israël: Kherem bekirbekha Israël. Tu ne pourras pas tenir devant tes ennemis tant que vous n'aurez pas ôté l'interdit qui est au milieu de vous. »
Le Saint, béni soit-Il, commence donc par faire le procès de ce qui s'est passé. Israël a fauté: ils ont transgressé Mon alliance, celle que Je leur avais ordonnée, ils ont pris ce qui était interdit, ils ont volé, ils ont menti, et en plus ils ont mis dans leurs ustensiles des choses qui étaient interdites. Et sache une chose: les enfants d'Israël ne pourront pas se dresser devant leurs ennemis. Ils risquent de se retourner eux-mêmes et de tourner le dos à leurs ennemis, parce qu'ils risquent d'être perdus. Je ne continuerai pas d'être avec eux, à moins qu'ils ne fassent disparaître ceux qui ont pris de façon illicite. Lève-toi !
Prépare le peuple, sanctifie-le, et demande-leur de se préparer pour demain. Voilà ce que dit Hachem, le Dieu d'Israël: il y a en toi quelque chose d'interdit. Tu ne pourras pas tenir devant tes ennemis jusqu'à ce que tu supprimes ce qui se trouve en toi.
Ce discours que le Saint, béni soit-Il, adresse à Yehoshua est important pour plusieurs raisons. Premièrement, quelle est l'expression qui revient dans ce que Dieu dit à Yehoshua ? Kum, lève-toi. Yehoshua est tombé sur sa face, et pas seulement sur sa face: il y a un sentiment grave d'échec. Et là, le Saint, béni soit-Il, apprend à Yehoshua que lorsque quelque chose de grave se passe, il faut se lever. Cela ne sert à rien de s'écrouler. S'il y a quelque chose à réparer, il faut le réparer. C'est le travail du manhig, de celui qui dirige. Si le peuple fauté et qu'au sein du peuple on découvre un échec, il n'y a rien à gagner à ce que celui qui le dirige lui-même tombe et ne soit plus une force.
Deuxièmement, il faut relever le peuple là où il se trouve. Le but du manhig n'est pas de dire que la situation n'est pas bonne. Son but est d'analyser les choses, de vérifier où le bât blesse, et de donner au peuple les instructions nécessaires pour reprendre le fil de l'histoire tel qu'il devrait se dérouler.
C'est pour cela qu'on entend deux fois, de la part du Saint, béni soit-Il, le mot Kum, lève-toi. Ce n'est pas le moment de tomber. Lève-toi. Cette expression est extrêmement importante, et elle vient compléter ce qui a été dit à Yehoshua au tout début du livre. Ouvrez le premier chapitre. Vous verrez que c'est une expression qui revient souvent à propos de Yehoshua.
Je lis le livre de Yehoshua depuis le début. La première fois que le Saint, béni soit-Il, s'adresse à Yehoshua, tout au début du livre, c'est pour lui dire Kum. Pourquoi doit-Il le lui dire là ? Parce que Yehoshua est affligé par la mort de son maître. Il se demande comment on peut remplacer Moshé dans l'ensemble du peuple. A priori, Moshé n'est plus là: comment l'histoire va-t-elle continuer ?
Comment imaginer que quelqu'un pourra remplacer Moshé ? C'est impossible. Que dit le Saint, béni soit-Il, à Yehoshua ? Personne ne se dressera contre toi. C'est ainsi que l'histoire se fait. On peut toujours se plaindre qu'il y avait auparavant des dirigeants meilleurs que celui-ci. Cela n'aide en rien. Il faut assumer la responsabilité que l'histoire t'impose.
Yehoshua a franchi le Jourdain, comme le Saint, béni soit-Il, le lui avait dit, et voilà l'échec. Alors à nouveau, le Saint, béni soit-Il, doit lui dire Kum. Pourquoi ? Parce que parfois on s'imagine que l'histoire va se dérouler de façon idéale, que tout va se passer sans problème. Il ne doit pas y avoir de preuves que si le Saint, béni soit-Il, t'a fait des promesses, cela va se réaliser sans aucun accroc. Eh bien non, ce n'est pas ainsi. La vie n'est pas faite de cette façon. Il faut savoir que, bien que le Saint, béni soit-Il, fasse des promesses, il est possible qu'avant leur réalisation, il y ait un chemin dur, long et difficile à parcourir. C'est pour cela que le Saint, béni soit-Il, doit à nouveau renforcer Yehoshua en lui disant que, malgré l'échec, il peut être rétabli.
La première chose à faire, c'est de prendre acte de la raison de l'échec. C'est pour cela que le Saint, béni soit-Il, dans le verset 11, va décrire en détail la faute: en quoi elle consiste. Il est intéressant de voir ce qu'Il dit: Hata Israël, Israël a fauté. De cela on peut tirer deux enseignements. Il n'y a eu qu'un seul homme qui a fauté, et pourtant le texte dit: Hata Israël, comme si tout le peuple avait fauté. Kol Israël arevim zé la-zé, tous les membres d'Israël sont responsables les uns des autres.
Nos Sages en tirent un autre enseignement: Af al pi shehata Israël, Israël a fauté, mais Israël reste Israël. On aurait pu croire qu'en transgressant tel ou tel ordre, on cesse d'être Israël. La réponse est non: Israël reste Israël. C'est un enseignement extrêmement important, qu'on trouve chez nos Sages.
Dans le verset 11, il y a donc la description de la faute. Dans le verset 12, il y a les conséquences de la faute. Sache une chose: ce qui permet à Israël de tenir face à ses ennemis, de se dresser contre eux, ce n'est pas seulement leur qualité militaire, c'est aussi leur niveau moral et spirituel. C'est pour cela qu'à …
Cours d'Orot veKelim
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