Le Rav Shlomo Goren, de Kfar Chassidim au Kotel
Le parcours du Rav Goren, de son enfance en Pologne à la libération de Jérusalem et de Hébron en 1967.
Rav Eytan Fiszon
Ensuite : Le Rav Chaar Yachouv Hacohen, entre étude et combat, 19 min
En bref
Le Rav Eytan Fiszon présente la figure du Rav Shlomo Goren, de son enfance à Jérusalem jusqu'à ses fonctions de rabbin de Tsahal puis de grand rabbin d'Israël. Il rapporte son apprentissage auprès du Rav Kook et les décisions qui ont marqué l'histoire, notamment la défense de Jérusalem en 1948 et la libération de la vieille ville, du Kotel et de Hevron en 1967. Le cours montre comment l'étude de la Torah et la responsabilité nationale ne se séparaient pas chez lui.
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
C'est parti ! Erev tov à tous. Tout le monde doit se mettre en sourdine, sauf pour poser des questions ou donner des arguments. Sinon, on reste en mute. Avant de commencer le cours, comme la semaine dernière on avait commencé avec un fond sonore de Erev Tov, eh bien, un fond sonore pour l'autre Erev Tov.
Aujourd'hui, nous allons ouvrir notre cours sur cette bera extraordinaire du Rav Goren, Menahem Tsion ouvoné Yerouchalayim, lorsque le Rav Goren libère le mont du Temple.
La semaine dernière, c'était l'hiloula de Rav Shlomo Carlebach, et nous avons essayé ensemble de relever le défi de parler de Rav Shlomo, de sa Torah, de son identité. J'ai donc demandé aux organisateurs: la semaine dernière c'était Rav Shlomo, on peut reprendre notre étude normale du lundi soir, mais sache que demain soir, c'est l'hiloula d'un autre Rav Shlomo, Rav Shlomo Goren. Et là, il m'a tout de suite dit: bien sûr qu'on va faire un cours sur le Rav Goren. Donc, Erev tov à l'assemblée, et c'est parti pour notre découverte de cet homme extraordinaire. Extraordinaire, je pèse mes mots. Je pense très honnêtement que depuis mon cher Aven… depuis Yehochoua Bin Noun, depuis Chmouel HaNavi, depuis tous les grands dirigeants…
Vous m'entendez ? Oui, je n'entends plus. Attends, attends deux secondes. Et là, tu m'entends ? OK. Tu te lançais sur un nouveau cours sur un autre Rav Shlomo. OK, donc je reprends sur les inconvénients du direct.
Je redisais la chose suivante: on va continuer sur un autre Rav Shlomo, Rav Shlomo Goren. Et je tiens à le dire, on va parler d'un personnage absolument extraordinaire. Et je pèse mes mots lorsque je dis que depuis Moshé Rabbénou, depuis Yehochoua Bin Noun, Chmouel HaNavi, j'allais dire Rabbi Yehouda HaNassi, le Rambam, eh bien je pense…
Qu'est-ce que je veux dire par là ? Évidemment, on va parler de sa grandeur en Torah. Bien sûr, c'est un grand de la Torah. Mais c'est une chose d'avoir une vision grande et immense de la Torah, et c'en est une autre de savoir la traduire. Traduire.
En termes étatiques, le Rav Goren, plus que quiconque, a été le Rav, non pas seulement des idées — parce qu'à ce moment-là, je mets évidemment le Rav Kook dedans, en termes de réflexion sur ce que c'est que la résurrection juive, eh bien il n'y a pas mieux que le Rav Kook — mais en termes de concrétisation d'une Torah étatique, d'une Torah qui ramène la dimension nationale.
Eh bien, ça faisait, je pense, 2000 ans qu'on attendait un rabbin comme ça. C'est mon introduction pour entrer dans l'univers extraordinaire du Rav Gaon, Rav Shlomo Goren, zatzal. Commençons ! Rentrons en immersion dans l'univers, le monde, la Torah, l'identité du Rav Shlomo Goren.
D'abord, il ne s'appelle pas Goren. À la base, il s'appelle Shlomkele Gorenczyk. Le Rav Goren ne s'appelle pas Goren à la base, il vient de la famille Gorenczyk. Gorenczyk, ça veut dire petit Goren. Il vient de Pologne, il est né là-bas. Et s'il était né au XXIe siècle, je peux vous assurer qu'il aurait vu 36 psychologues pour enfants, et que tout le monde aurait dit que cet enfant doit prendre de la Ritaline. Ça, je peux vous l'assurer. S'il avait vécu aujourd'hui, le Rav Goren aurait été sous Ritaline, mais à haute dose. Parce qu'il était ce qu'on peut appeler un hyperactif. Attention, hein: un hyperactif, ce n'est pas le petit hyperactif. C'est le bonhomme qui ne tient pas en place. Mais il ne tient pas en place parce qu'il a trop, trop, trop envie de connaître, de savoir, de faire.
Quand il habite à Kfar Hassidim avec ses parents — ses parents font partie de ceux qui créent le village de Kfar Hassidim — il n'est pas le premier de sa classe. Au contraire, il est dissipé, très souvent absent, parce qu'il aime se balader dans les paysages d'Erets Israël. C'est sa maman qui dit à son papa: je pense que pour le bien de Shlomké, il faut qu'on parte à Yerouchalayim. Il a besoin de se rapprocher de la kedoucha. La famille Goren, avant de décider d'aller habiter à Yerouchalayim, fait d'abord un petit tour à Yerouchalayim.
Alors, le Rav Goren est né en 1918. On est donc dans les années 30, juste avant, peut-être, sous mandat britannique. La famille arrive à Jérusalem, et Shlomké arrive au Kotel. Pas le Kotel que nous connaissons aujourd'hui, pas la grande esplanade, le petit Kotel, les images que nous connaissons. Il arrive là-bas, et c'est le chamboulement dans sa vie. Il pose les mains sur les pierres du Kotel, il connaît toutes les histoires qu'il y a à connaître, et à ce moment-là, il prend une décision: c'est à lui, désormais, qu'incombe la responsabilité de continuer l'histoire de ce mur. À partir de ce moment-là, il décide de mettre toutes ces forces d'hyperactif à un seul service: continuer l'histoire de ce mur. C'est ce qui va amener le Rav Goren à devenir qui il est.
Il change donc de Talmud Torah. Imaginez-vous, c'est complètement incroyable: le Rav Goren est peut-être le rav le plus sioniste de l'univers, et il a commencé à Jérusalem au Talmud Torah de Neturei Karta. Ce n'est pas mal. Tu ne l'as pas vu venir celui-là. Mais très vite, une fois qu'il a décidé de continuer à écrire l'histoire du mur, il change et vient au Talmud Torah d'Etz'raïm. Le Talmud Torah d'Etz'raïm, c'est là où se trouve aujourd'hui le souk de Mahané Yehouda.
Quand on parle de Talmud Torah et d'Israël, il y a forcément un rabbin dont le nom nous vient tout de suite à l'esprit. Et effectivement, il va devenir le premier maître de Rav Shlomo Goren: Rav Aryeh Levin. Il devient l'un des élèves de Rav Aryeh Levin. On a beaucoup parlé de Rav Aryeh ensemble.
— Tu nous as emmenés là-bas. D'accord, on a été là-bas, on a été sur place. On n'avait pas parlé du Rav Goren à ce moment-là, mais…
Vous comprenez dans quelle ambiance il grandit. Tout de suite, il est repéré comme un illouï, comme un géant, un truc de fou. À chaque fois qu'on parlera des grands du peuple juif — je ne sais pas si on va continuer notre série sur les Guedolé HaDor, mais si on en parle, on dira à chaque fois: celui-là, quand il était petit, c'était un énorme. D'accord ? Sauf que là, en l'occurrence, il est repéré. Il est repéré par qui ? Très rapidement par celui qui est le grand: le Rav Avraham Its'hak HaCohen Kook. Il va devenir l'élève du Rav Kook. Il a été l'élève de Rav Zalman Meltzer, donc il est passé chez de très, très grands de la Torah, mais finalement, Kshoura ben Nafcho chez le Rav Kook.
Il prend le Rav Kook comme maître et devient son mechamesh. Il est tout le temps avec lui, il l'accompagne dans tous ses déplacements officiels. Il devient le ozer du Rav Kook. Dans son livre Be'oz uVe'eta Hatsoumot, il raconte une rencontre — enfin, pas …
Cours d'Orot veKelim
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La réponse s'appuie d'abord sur ce cours, puis sur les autres cours des Rabbanim, avec le passage exact à écouter.
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