Orot veKelimאורות וכלים
Se connecter

Le Rav Arie Bina, bâtisseur du yichouv

De l'enfant prodige de Myr au pionnier agriculteur qui choisit la terre d'Israël.

11 min

Rav Eytan Fiszon

Ensuite : Le Rav Chmouel Moaliver, précurseur du retour en Erets Israël, 53 min

En bref

Ce cours retrace la vie du Rav Arie Bina, né Leibele Binossovski en 1913 à Slonim, qui part à dix ans étudier à la yeshiva de Mir malgré son jeune âge et y reste dix ans. Il montre comment cet élève, arrivé en Israël par amour de la terre plus que par projet rabbinique, choisit d'abord l'agriculture et les travaux manuels avant de bâtir. Le cours insiste sur son action constante et sur un sionisme qui découle pour lui de l'étude de la Torah.

Début du cours (texte)

Lire le début du cours

Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Yovi, El Tov, les Koulams, et on revient pour notre étude hebdomadaire sur les grands personnages de notre histoire. Je suis très content quand je traite ce genre de personnages, des personnages que, pour le coup, personne ne connaît. Ça fait plaisir, parce que non seulement on découvre des gens extraordinaires, mais on se rend compte à quel point il y a des personnages qui ont laissé des choses que nous connaissons, sans que nous connaissions les personnes elles-mêmes.

La personne dont nous allons parler ce soir, le Rav Arie Bina, c'est exactement cela. Soyons très honnêtes: les gens ne le connaissent pas. Et nous allons voir ensemble que c'est un personnage extraordinaire. Comme tous les personnages que nous avons évoqués ensemble, il est hyperactif. C'est un bulldozer qui ne recule devant rien, c'est le grand bâtisseur d'Israël. On va voir de quoi on parle, mais c'est surtout quelqu'un qui ne savait pas ce que voulait dire « abandonner ». Il faut être constamment en action, il faut constamment construire, c'est son leitmotiv.

Alors, qui est le Rav Arie Bina ? Quelle est la particularité du personnage ? Quelle a été sa vie ?

Il faut tout d'abord comprendre qu'il ne commence pas en tant que Rav Arie Bina. Il commence en tant que Leïbele Binossovski. Il n'est ni Arie ni Bina, il est Leïbele. Leïbe, c'est Leibish, c'est Léon en français, et c'est Arie en hébreu. Mais il a un nom en yiddish, Leïbele, et son nom de famille est Binossovski. Ce Leïbele Binossovski est le fils du Rav Binossovski, qui est le responsable du Talmud Torah de la ville de Slonim.

Slonim, on la connaît aujourd'hui grâce au Baal HaNetivot Shalom, à Ad Mourmi Slonim. Mais Slonim se situe à l'origine dans la Biélorussie actuelle, dans l'empire russe de l'époque, et c'est une petite ville juive. Il y a une chassidout là-bas, et le Rav Binossovski y est le melamed de la communauté, le rav du beit midrach et du Talmud Torah.

Leïbele apprend évidemment d'abord chez son père. Mais à l'âge de dix ans, et j'aimerais qu'on fasse très attention aux âges, il n'est plus à sa place à Slonim. Il connaît déjà tout ce que son père enseigne au Talmud Torah. Il a besoin de grandir.

Les parents de l'époque ne sont pas les parents d'aujourd'hui. Je ne sais pas comment les parents l'ont laissé faire. Moi, je dois avouer que si mon fils de dix ans me demandait ce qu'a demandé le petit Leïbele, je lui dirais non. J'ai une grande confiance en mon fils, mais je sais qu'il peut parfois faire des choses qui ne sont pas forcément les plus responsables du monde. Le petit Leïbele a dix ans et il veut grandir. Où grandit-on quand on habite en Russie, à ce moment-là ? Pas à Slonim. Il faut aller à Mir, parce que là-bas se trouve la grande yeshiva de Mir.

Et donc, à dix ans, il part. Il part à Mir. Il part en stop. Une charrette passe, des marchands passent, et il s'en sert. Il prend d'abord le chemin de la gare, il prend le train tout seul, à dix ans, avec une petite valise, pour arriver dans la ville de Mir. De là, il trouve une autre charrette qui l'amène jusqu'à la yeshiva. Vous comprenez de quoi on parle ? Il a dix ans, le môme.

Lorsqu'il arrive à la yeshiva de Mir, il essaie de rentrer. On parle d'un gosse de dix ans. Je pense que vous comprenez la particularité de la chose: à la yeshiva de Mir, on n'est accepté qu'à partir de quinze ans, c'est là qu'on peut commencer à être intégré. Mais lui a dix ans. Il rencontre l'un des responsables de la yeshiva, le Rav Weinberg, qui lui demande ce qu'il fait là. Il répond qu'il est venu pour étudier. Le Rav lui pose la première question: dis-moi ce que tu es en train d'étudier.

Et le petit Leïbele, à dix ans, se lance dans un pilpoul pour essayer de comprendre quelle est la différence entre la nezirout de Shimshon et la nezirout de Shmuel. Est-ce qu'il y a une différence entre nezirout, tsimchon, tsmouen, alpirashi et vetosvot ? Il a dix ans. Lorsque les rabbanim de Mir voient cela, ils lui disent que c'est un grand lamdan, qu'il n'y a pas de secret, mais que chez eux on ne commence qu'à quinze ans. Leïbele répond: « Je n'ai pas compris. Le tana'i, c'est quoi ? Il y a des tana'im de la Kabbale. »

Le Rav lui explique qu'il faut avoir quinze ans au minimum, et qu'il faut pouvoir être au niveau. Leïbele répond: « Pour ce qui est du niveau, le Rav me dit quand et où, et sur quoi il veut m'interroger, et je serai prêt. Et pour ce qui est de l'âge, eh bien, dites-vous que c'est un problème qui va s'amoindrir de jour en jour. Plus les jours passeront, moins il y aura de problème avec l'âge. »

Il propose donc de passer un examen pour voir s'il est au niveau, et pour l'âge, il demande à être accepté sous condition, jusqu'à ses quinze ans, date à laquelle il sera accepté officiellement. Le Rav est conquis par le pilpoul de l'enfant. Le petit Leïbele va donc étudier avec les grands à Mir, et il y restera dix ans. De dix à vingt ans, il devient l'un des élèves les plus remarqués de la yeshiva.

Il faut ici préciser les dates. Le Rav Arie Bina naît en 1913. Il est donc à Mir entre 1923 et 1933. Le problème, c'est qu'à cette époque le sionisme existe déjà, mais Mir n'est certainement pas la yeshiva qui va le faire connaître. Mir n'est pas une yeshiva connue pour sa capacité à être sioniste. Et pourtant, il va grandir, grandir, grandir. Dans la Torah, il sera reconnu par tous ses maîtres, et il reçoit son askama de rabbanout à vingt ans, en sortant de Mir. Et en plus de cela, il a une attirance profonde pour Erets Israël.

Le Rav Arie Bina n'a pas écrit de livre. Il existe aujourd'hui des livres rédigés à partir de ses enseignements, mais il n'a pas laissé d'écrits. Ses écrits, ce sont ses élèves.

Quand on lui a demandé pourquoi il était venu en Israël, il a répondu: « Mais parce que cela me paraissait évident: un Juif qui a étudié la Torah doit être en Erets Israël. » Je ne l'ai lu nulle part. C'était pour lui une évidence. Il avait donc un sionisme qui allait de soi, qui coulait de source, et qui allait l'animer. Lorsqu'il arrive en Israël, pour lui, c'est l'évidence même. C'est un talmid hakham de grande valeur, mais il n'a absolument pas l'intention de devenir rabbin. Il a bien reçu son askama de rabbanout avant de quitter Mir, mais à aucun moment il n'a prévu de devenir rabbin.

Avant de monter en Israël, il suit une formation pour le métier qu'il souhaite exercer une fois sur place: l'agriculture. Il veut devenir agriculteur. Lorsqu'il arrive en …

Cours d'Orot veKelim

Dans la même série

Portraits des géants d'Israël : Rav Goren, Rav Mordekhaï Eliyahou, Rav Aryeh Levin. Leur vision, leur courage.

  1. 10
    Rav Tzvi Yehouda Kook et la Torah de la Gueoula
    Comment le fils du Rav Kook a traduit l'idéal de son père en réalité concrète : la Judée-Samarie et l'installation en Erets Israël.
    56 min
  2. 11
    Le Rav Moshe Tzvi Neria, éducateur et bâtisseur
    De Lodz à Jérusalem : comment un jeune prodige devient le guide du Bnei Akiva et de la kippa tricotée.
    49 min
  3. 12
    Le rabbi Yishayahou Shapira, de Hadmour à Erets Israël
    Comment un admour polonais renonce à sa dynastie pour bâtir la Terre d'Israël et rêver l'esplanade du Kotel.
    1 h 02
  4. 13
    Rabbi Yoël Moshe Salomon, le père des Moshavot
    Comment un juif ashkénaze devint séfarade pour habiter Jérusalem, puis fonda la première colonie juive en Erets Israël.
    43 min
  5. 14
    Le Rav Arie Bina, bâtisseur du yichouv
    De l'enfant prodige de Myr au pionnier agriculteur qui choisit la terre d'Israël.
    En cours de lecture
  6. 15
    Le Rav Chmouel Moaliver, précurseur du retour en Erets Israël
    Comment un rabbin lituanien a convaincu le baron Rothschild de financer les premiers pionniers juifs.
    53 min
  7. 16
    Rabbi Moshe HaKohen, le Tunisien qui a fait de l'achat de terre une mitsva
    Sa droiture face aux nazis à Djerba, et son appel à acheter une terre en Erets Israël.
    33 min
  8. 17
    Rav Zeev Yavetz, l'homme est un arbre
    Qui était le Rav Zeev Yavetz, pionnier de l'enseignement mixte et promoteur de la plantation des arbres à Tou BiShvat.
    54 min
  9. 18
    Rav Shlomo Zalman Auerbach, le sabbat et le sourire
    Le parcours d'un décisionnaire de Jérusalem, entre pauvreté d'enfance, respect de l'armée et halakha du chabbat.
    46 min
  10. 19
    Le Rav Shlomo Goren, de Kfar Chassidim au Kotel
    Le parcours du Rav Goren, de son enfance en Pologne à la libération de Jérusalem et de Hébron en 1967.
    55 min

— un nom de Rav à ajouter, un problème de son ou d'image ?

Une question sur ce cours ?

La réponse s'appuie d'abord sur ce cours, puis sur les autres cours des Rabbanim, avec le passage exact à écouter.

Commentaires et questions au Rav