La sainteté cachée dans la nature et le libre choix
Pourquoi la sainteté se cache dans le monde, et comment l'homme libre la dévoile par ses choix et ses mitzvot.
Rav Yoël Benharrouche
Ensuite : La délivrance divine selon le Peri Haaretz et le Tehillim 85, 1 h 12
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
On continue notre développement concernant la sainteté de la nature. Nous avons expliqué que la sainteté de la nature a une particularité: elle s'habille, donc elle se cache. Elle n'est pas directement dévoilée, et il faut faire un travail pour dévoiler cette sainteté. La sainteté miraculeuse, qui est en dehors de la nature, est elle visible, et il n'y a pas d'effort à fournir pour la trouver.
Plus la chose est grande, plus elle est capable de descendre plus bas. Nous avons expliqué que la Nechama d'Israël, étant très grande, arrive à descendre dans ce monde et à s'habiller dans nos corps. Les anges, eux, ne peuvent pas descendre dans ce monde; ils restent dans leur monde de spiritualité, justement parce qu'ils risquent de ne plus pouvoir remonter. De plus, lorsque la sainteté descend dans ce monde et se cache dans le corps, elle apporte à l'homme la possibilité de choisir, ce qui n'est pas le cas lorsque la sainteté est totalement dévoilée. Quelque chose qui est dévoilé ne laisse pas le choix. Quelque chose qui est caché laisse le choix, et donc l'homme devient associé au dévoilement de cette sainteté.
Le monde tout entier, c'est-à-dire la création tout entière, s'appelle Olam. En hébreu, la racine est Ayin Lamed Mem, qui veut dire caché. Toute la création du monde est donc un jeu de dévoilement de ce qui est caché. Et pour cela, il faut un libre choix: que l'homme soit libre, totalement libre, pour pouvoir choisir. Quelqu'un qui ne joue pas le jeu de la liberté, qui reste en fait esclave de quelque chose, est déjà dans la faute. On n'a pas le droit d'être esclave.
C'est pourquoi, dans la paracha de Mishpatim, la première chose est de sortir de l'esclavage. La première loi que la Torah nous donne, c'est que l'esclave doit se libérer, c'est-à-dire que sa seule pensée doit être un jour de devenir libre. C'est à cette seule condition qu'il peut commencer à jouer son rôle. Quelqu'un qui n'est pas libre ne peut même pas servir Kadosh Baruch Hou. La liberté de choix est donc donnée, et ce sont les mitsvot que nous appliquons.
Ces mitsvot ne sont données, en réalité, qu'aux êtres qui ont le choix. J'ai le choix de ne pas faire la mitsva, c'est pour cela que je la reçois. Je ne peux pas recevoir une mitsva si je n'ai pas le choix de la faire ou de ne pas la faire. Toutes les créatures n'ont donc pas de choix tant qu'elles n'ont pas de mitsvot. L'homme d'Israël a le choix, donc il a des mitsvot. On ne peut pas donner une mitsva à quelqu'un qui ne peut pas choisir. Ça ne s'appelle pas une mitsva.
— À l'homme ?
Non. Il y a en fait l'homme qui évolue, mais c'est toujours un homme. Il devient, au maximum, ce qu'il est au niveau homme. Après lui, il y a Elohim. C'est ce qui est dit dans le pasouk: « Tu l'as fait, tu l'as fabriqué, moins que Elohim ». Mais c'est l'étape suivante, on va dire. Cela veut dire que l'homme a été doté de qualités intérieures très, très proches du divin. C'est le divin qui nous a placés en nous. Bien entendu, on ne sera jamais Lui. Si on
était Lui, cela changerait complètement les paramètres. Le Rambam dit: si je le savais, si je le connaissais réellement, j'aurais été Lui. Mais comme je suis incapable de le connaître, je ne suis pas Lui, et je ne pourrai jamais l'être. Je suis moi, Il m'a créé, et Lui est le Créateur. Cette différence restera toujours. On ne sera jamais autre chose que des créatures. On ne peut pas nous-mêmes devenir Lui.
Ainsi, de la matière elle-même va se réveiller la volonté, le désir. Mais c'est par choix que je suis libre. Tant que je ne suis pas libre, je ne peux pas choisir. Le Matan Torah, le don de la Torah, c'est donner à l'homme la possibilité d'être libre dans ses choix. C'est pour cela que les sages jouent avec les mots. Il est écrit harout, « gravé », sur les Tables. Les sages, dans la Guemara, nous disent: ne lis pas harout, gravé, mais herout, libre. Tant que tu n'es pas libre, tu ne peux pas recevoir la parole divine.
C'est un paradoxe. Apparemment, on est obligé de faire certaines choses, mais c'est faux. Si tu ne peux pas dire non, tu ne peux pas non plus dire oui. C'est pouvoir dire non, et donc choisir son oui et prendre ses responsabilités dans le oui, parce qu'il aurait pu dire non. Je ne parle pas encore de cela; je parle de l'homme. S'il n'avait pas de choix, il n'aurait pas eu de mitsvot. Dans sa fabrication, cela va plus loin encore: si je ne suis pas doté d'un choix, si Kadosh Baruch Hou ne m'a pas fabriqué avec la possibilité de choisir, de le rejeter, je ne peux pas non plus choisir de l'accepter. Notre acceptation est donc réelle, elle est vraie. C'est pour cela que Kadosh Baruch Hou nous a laissés réellement libres de pouvoir dire non.
C'est la différence entre une mère et son fils, entre un père et son fils, et un homme avec sa femme. D'accord ? Un fils ne peut jamais dire à sa mère: tu n'es plus ma mère. Cela ne veut rien dire. Mais un homme peut dire à sa femme: tu n'es plus ma femme. Et elle peut lui dire: je ne veux plus rester avec toi. Autrement dit, leur union est un maintien de tous les jours. À chaque fois qu'il est avec elle, ou qu'elle est avec lui, c'est un choix de rester, puisqu'au même moment elle aurait pu choisir de repartir. On est d'accord ? Donc cela change tout. C'est beaucoup plus élevé que quelque chose de naturel. Je ne peux pas dire à ma mère: maman, tu n'es pas maman. Cela fait partie de moi, donc je n'ai pas le choix.
Il y a donc des degrés dans lesquels nous n'avons pas le choix. Par exemple, le fait que je sois Israël: je suis né avec cette Ségoula, je suis né avec cette qualité. Mais j'ai la possibilité de choisir de vivre selon cette qualité ou de l'étouffer. Cela, c'est déjà mon choix. À chaque degré, il y a donc deux étages. Un étage est forcé, c'est ce qu'on appelle la Ségoula, et là je n'y peux rien. On m'a fabriqué ainsi. On m'a fabriqué homme, je suis né homme. Mon choix, où est-il ? Seulement de vivre selon l'homme ou de vivre comme un animal. Là, j'ai le choix. Vous comprenez ? Notre choix est donc tout simplement de réaliser ce qu'on a déjà reçu de manière naturelle. Non ?
— Non. Je ne peux pas changer mon état d'être l'enfant de… Donc je ne peux pas changer, donc je n'ai pas le choix. Donc ce n'est pas moussar.
— Pardon ? Il n'y a pas de liberté ?
C'est pour cela que je dis que ce n'est pas le lien père-fils.
Cours de la chaîne YouTube du Rav Yoël Benharrouche
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