La notion de Kodesh : être saint par essence
Kedoshim Tihiyou n'est pas un ordre mais une annonce : la sainteté d'Israël est en sommeil en nous.
Rav Yoël Benharrouche
Ensuite : La Gueoula d'Israël et la question des chemins divins, 1 h 00
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Avec votre permission, Béezrat Hachem, on va commencer. Je vous prie d'excuser d'abord cette hafsaka, qui était assez longue. Béezrat Hachem, on va essayer de rattraper le retard. Nous allons parler aujourd'hui de ce couple de paracha'ot Aharé Mot et Kédoshim, que nous venons de lire pendant le Chabbat, et plus précisément de la paracha de Kédoshim, pour essayer de comprendre la place qu'occupe la nation d'Israël dans ce monde.
Les élèves de Rabbi Chimon bar Yo'haï, salam wa shalom, lorsqu'ils arrivaient à cette paracha, se remplissaient de grandes simha. La raison, c'est que, tout simplement, dans cette paracha on révèle la source du peuple d'Israël au niveau le plus haut. Et lorsqu'ils voyaient cela, notre appartenance au Kodesh, aux valeurs du Kodesh, à quel niveau cela arrivait, ils se remplissaient de joie, de savoir qu'en réalité le peuple d'Israël est Kodesh par essence, et non pas par acquisition. Je veux dire par là qu'on n'acquiert pas le Kodesh. On l'a ou on ne l'a pas.
Moralité, Kédoshim Tihiyou ne veut pas dire « soyez saints ». Ça ne veut rien dire. Je sais que c'est comme cela que c'est traduit dans vos livres. Malheureusement, ce sont des gens qui ne savent pas parler l'hébreu. Parce qu'en hébreu, si on veut exprimer un impératif, un ordre, on devrait dire KédoshimIhiyou. Et s'il est écrit Kédoshim Tihiyou, c'est juste une annonce: « Vous serez saints. » Je vous le dis, c'est un axiome de base. Vous savez pourquoi ? Parce que moi je suis saint, vous serez toujours saints.
Donc il ne s'agit en aucun cas de devenir quelque chose, mais, comme nous l'avons déjà expliqué à plusieurs reprises, de révéler ce que nous sommes déjà. C'est-à-dire que nous avons reçu par naissance, par nature, dans la nation d'Israël, Hakadoch Baroukh Hou, cette sainteté qui nous remplit. Nous avons été fabriqués avec cette sainteté, seulement elle est en sommeil à l'intérieur de nous, et tout ce qu'on nous demande, c'est de l'activer. De la même manière que lorsque vous recevez une carte, vous devez l'activer pour qu'elle marche, nous avons reçu dans notre être profond, au niveau de notre valeur globale, qu'on appelle la nation, cette grande Nechama divine, le degré de sainteté qui nous permettra de révéler le Saint, béni soit-Il, dans ce monde.
Encore une erreur que beaucoup d'entre nous font, et on la fait tous, mais parce qu'on ne connaît pas la source, on l'appelle Hakadoch Baroukh Hou. Or, Kadoch, c'est quelque chose qui a subi le Kodesh. Donc, si tu l'appelles Kadoch, ça veut dire qu'il y a quelqu'un au-dessus de lui. Donc il ne peut pas être Kadoch. Il se révèle à nous en tant que Kadoch, mais lui-même est Kodesh, il est la source. Il est le Saint, béni soit-Il, et non pas la sainteté. Comprenez bien la différence. Lorsque nous disons Atta Kadoch, c'est-à-dire: tu te révèles à nous par cette Kedoucha, mais en réalité il s'appelle Koudcha Brikh Hou, comme le dit le Zohar, c'est-à-dire le Saint, béni soit-Il. Et donc nous parlons sa langue, et non pas la langue sainte.
Puisque l'hébreu s'appelle Lachon HaKodesh, et non pas Lachon HaKdoucha: la langue du Saint, béni soit-Il. Nous habitons Yerouchalayim, Ir HaKodesh, la ville du Saint, béni soit-Il, et non pas la ville sainte. Et nous vivons en Erets Israël, qui est Erets HaKodesh, la terre du Saint, béni soit-Il, et non pas Holy Land, la terre sainte. Ça ne veut rien dire, tout ça. On sait parler l'hébreu. Et si on voulait dire qu'on habite la terre sainte, on aurait dû dire Anachnou garim ba'aretzaq kadosha. Ce n'est pas le cas. On dit Anachnou garim be'aretzaq Kodesh. Donc c'est une appartenance.
Après cette mise en place de certaines choses qui sont nécessaires, on va commencer, on va essayer de comprendre. « Bechelka harishon shel parachat Aharé Mot »: la première partie de la paracha d'Aharé Mot… Il est écrit là-bas…
Kapara, c'est tout simplement nettoyer une salissure superficielle. Sous-entendu: le peuple d'Israël n'est jamais sale dans son essence. Il se salit par ses fautes, d'une manière superficielle seulement. C'est pour cela qu'il existe une journée telle que Kippour, qui vient laver cette salissure qui n'a pas atteint l'essence même. Car si elle avait atteint l'essence, aucune journée ne pourrait la nettoyer. Donc le fait même qu'il existe dans notre calendrier une journée qui s'appelle Kippour sous-entend que le peuple d'Israël ne fautit jamais dans son essence, et que toutes ses fautes ne sont que superficielles, donc nettoyables. Et effectivement, cette journée a la capacité de nettoyer toute déviation.
Le mot ḥèt ici, on l'a déjà appris: le ratage. Tout ce que vous avez raté dans votre vie, tout ce qui vous a éloigné du chemin qui vous incombe, qui vous correspond par nature, eh bien on peut le rattraper. Pourquoi ? Parce que vous êtes à un degré qui s'appelle Ifné Hachem. Nous avons dans la Kabbale que Hachem, le tétragramme, se trouve dans les sphères avec lesquelles le monde dans lequel nous sommes a été créé, c'est-à-dire ces six sphères: la sphère de Chessed, la sphère de
Guevourah, la sphère de Tiféret, de Nétsa'h, de Hod et de Yessod. Difficile à expliquer en une fois, mais sachez que c'est ce qui est appelé, nommé, considéré comme Hachem, et non pas l'Infini, béni soit-Il. Car il y a des degrés. Dès que vous donnez un nom, on ne parle pas de l'Infini; on parle toujours de l'Infini, mais déjà habillé. Car lui, dans son essence, on ne peut pas en parler, on ne peut même pas le définir. Il est donc l'Infini, Ein Sof, béni soit-Il.
Donc, Ifné Hachem, qui peut nous nettoyer ? Un degré qui est avant ce degré qu'on appelle Hé-Nun… C'est-à-dire le degré suivant, c'est celui-ci. En comptant du bas vers le haut: 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8. C'est le huitième degré qui peut nettoyer nos fautes. C'est ce qu'on appelle Binah. Le monde que nous appelons Olam Abba: Olam Abba, c'est le monde du discernement. À partir de cette sphère et vers le bas, c'est déjà Olam Hazé. Autrement dit, les sept sphères inférieures correspondent aux sept jours de la semaine. Le dimanche, Chessed; le lundi, Guevourah; le mardi, Tiféret;
le mercredi, Nétsa'h; le jeudi, Hod; le vendredi, Yessod; et le septième jour, Chabbat, c'est déjà le huitième degré. Attention: Chabbat a un chiffre et des lettres. Le chiffre sept, c'est le septième jour, Yom HaChvi, mais ce n'est pas Chabbat. Comment est-ce qu'il l'a sanctifié ? En le rendant huit. C'est-à-dire, ne confondez jamais le septième jour avec le Chabbat. Dans le septième jour, il faut trouver le Chabbat qui s'y cache, et le Chabbat est le huitième degré du septième jour. Est-ce que c'est clair ? Vous avez six jours dans la semaine et Chabbat est un sept. Donc c'est encore un jour de la semaine. Ce n'est pas possible.
Est-ce que le dimanche a un nom en hébreu ? Il n'a pas de nom, c'est un chiffre: Richon. Le lundi, Chéni; mardi, …
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