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Le cœur qui voit : sagesse, discernement et équilibre intérieur

Comment relier la Chokhmah au cœur (la Binah) pour voir la Terre d'Israël et se construire, selon la pensée kabbalistique.

54 min

Rav Yoël Benharrouche

Ensuite : Les secrets de la terre d'Israël : voir au-delà de la matière, 50 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Nous sommes dans la suite de notre développement concernant le sens de la vision, le regard intérieur que nous devons développer sur la terre d'Israël afin de nous permettre de vivre cette terre à sa véritable hauteur, à sa véritable grandeur. Nous avons vu donc que tout ce qui a trait à la terre d'Israël passe par ce sens-là de la vision.

Et donc, nous sommes arrivés vers le milieu du paragraphe. C'est en gras. Ce sont les paroles de Shlomo HaMelekh: « Mon cœur a vu beaucoup de Chokhmah, beaucoup de sagesse. » Nous comprenons donc qu'il ne s'agit pas d'une vision avec les yeux, mais d'une vision intérieure.

C'est-à-dire que lorsqu'on nous demande de visualiser, de voir, ou de monter au niveau de la véritable vision de la terre d'Israël, on parle ici d'une vision du cœur et non pas d'une vision des yeux. Comme si je vous disais: concentrez-vous, et vous fermez les yeux. Au moment où je te dis « concentre-toi », tu fermes les yeux. C'est donc paradoxal. Pourquoi fermes-tu les yeux ? Parce que tu comprends que je te demande de regarder à partir de maintenant avec des yeux intérieurs, et non pas avec les yeux superficiels avec lesquels tu regardes tout ce que tu vois dans ta vie.

Ce qui veut dire que la terre d'Israël a, possède en elle, un secret. C'est une terre secrète. On l'appelle Erets HaRazim, la terre des secrets. Elle ne se donne qu'à ceux qui ont le regard nécessaire pour arriver à la voir telle qu'elle est réellement. Si tu ne développes pas en toi ce regard intérieur, cette vision du cœur, tu ne pourras pas atteindre le véritable niveau de cette terre. Tu vas passer à côté, tu vas rater ce que cette terre a à t'offrir, parce que tu n'as pas fait le travail nécessaire pour augmenter ton regard intérieur, le véritable regard, la véritable vision, celle du cœur.

Shlomo HaMelekh nous enseigne donc ici que le Lev, qui est en réalité la Binah, le discernement, a reçu la Chokhmah, la sagesse. Nous avons ici un mariage entre la Chokhmah et la Binah. Et dans les références kabbalistiques, cela veut dire que nous avons un lien entre le cerveau droit et le cerveau gauche. Le cerveau droit, c'est la Chokhmah; le cerveau gauche, c'est la Binah. Or, ici, le cerveau gauche ne reste pas seulement au niveau du cerveau gauche, il descend au niveau du cœur. Il y a donc un lien intérieur entre le cerveau gauche et le cœur. Et lorsque Shlomo HaMelekh dit « Velibi ra'a harbe chokhmah », cela veut dire que mon cœur est relié au cerveau droit.

Le cerveau droit donne la pulsion de départ, et mon cœur va développer, va donner en réalité un volume à cette idée première qui est au niveau du cerveau. Le cerveau joue donc le rôle de l'idée, donc du masculin, du potentiel, et le cœur joue le rôle du féminin, donc du développement de ce potentiel. C'est le point de rencontre entre la Chokhmah et la Binah. C'est là que la Chokhmah se dévoile: elle se dévoile dans le cœur.

Maintenant vous comprenez pourquoi, pour créer quelque chose, pour faire quelque chose, il faut être un Hakham Lev. Comme Betzalel dans la paracha. Betzalel est appelé, nommé, surnommé Hakham Lev, un sage cœur. Qu'est-ce que cela veut dire, un sage cœur ? Quelqu'un qui a fait le lien, le mariage entre sa sagesse, donc son cerveau droit, et son cerveau gauche, qui se dévoilent dans le cœur. À cette seule condition, tu peux faire sortir des choses qui relèvent de l'au-delà et leur donner une forme physique. Comme, par exemple, créer le Mishkan. Comment peux-tu savoir la forme du Mishkan ? Tout simplement, tu as pris la sagesse et tu l'as reliée au discernement, avec le cœur.

Donc, la sagesse et le cœur, au niveau le plus physiologique: le cerveau est froid, le cœur est chaud. Autrement dit, tu dois réchauffer ce qui est froid. Pourquoi est-il froid ? Parce qu'il est congelé, c'est-à-dire qu'il est encore au niveau de son potentiel. Dégèle, décongèle ton cerveau droit pour en faire quelque chose de chaud, de chaleureux, de vivant, avec ton cœur. C'est d'ailleurs l'esprit de la techouva. Ve-hayah hayom… va-hashavota el levavekha: tu dois ramener ta pensée vers le cœur. Il ne s'agit donc pas seulement de penser, de réfléchir. La Torah, ce n'est pas un cerveau pensant, c'est un cœur qui pense. Vous comprenez ça ?

Dans le langage de nos sages, dans le monde intérieur, cela s'appelle la Chokhmah et la Binah, et cela a aussi un autre surnom: Papa et Maman. Les kabbalistes utilisent des métaphores qui existent dans notre monde, comme le papa et la maman. Le papa, c'est le cerveau droit, et la maman, c'est le cerveau gauche, comme je l'ai dit tout à l'heure, ou bien le cœur, là où cela se dévoile réellement.

Ce n'est pas par hasard que nous posons nos lanières de téphiline à la fois sur le cerveau droit et sur le cerveau gauche. Les deux lanières doivent toucher les deux cerveaux pour se réunir et descendre au niveau du cœur. Cela veut dire que la lanière droite et la lanière gauche doivent se réunir en un point commun qui les marie entre elles et qui va donner une réalité. Le point commun commence, mais son but n'est pas de se réunir: son but est de descendre. Il doit descendre vers les sentiments et vers l'action, encore plus bas. C'est ce qu'on appelle Da'at. Le Da'at, c'est la conjugaison des deux, entre la Hokhma et la Binah. C'est ça, ce regard intérieur.

Donc, quand je demande au HaKadosh Baroukh Hou dans la Amida, tu dois en réalité faire la kavana de développer ton regard. D'ailleurs, les sages nous disent qu'avant de commencer ta Amida, il faut que tu visualises dans ton monde intérieur la Ménorah. C'est-à-dire que tu dois avoir la forme de la Ménorah devant tes yeux, intérieurement parlant. Tu fermes les yeux et tu vois la Ménorah.

La Ménorah, c'est en fait ce degré-là du dévoilement de la lumière. C'est donc une vision. Dans le mot or, il y a la racine ra'a, voir: voir et lumière, c'est pareil. Si tu n'as pas de lumière, tu ne vois rien. Êtes-vous d'accord ? Quelle est la couleur d'une pastèque avant qu'on l'ouvre, à l'intérieur ? Il n'y a pas de couleur. La pastèque n'est pas rouge. Vous comprenez ça ? Elle est rouge parce que c'est seulement le reflet de la lumière qui te fait voir le rouge. En réalité, à l'intérieur, elle n'est pas rouge. La couleur n'est pas une matière. Ce n'est pas bleu, ce n'est pas la couleur bleue: il y a un reflet, toutes les couleurs sont gardées sauf le bleu qui est rejeté, et donc tu vois le bleu. C'est un phénomène connu.

Moralité: il n'y a rien. Il n'y a pas de couleur. La couleur est fonction de la lumière. Pas de lumière, pas de couleur. La lumière donne la couleur. Plus tu as …

Cours de la chaîne YouTube du Rav Yoël Benharrouche

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Ce cours fait aussi partie de la série « Toutes les vidéos, Rav Yoël Benharrouche ».

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