L'humilité véritable selon Moshé Rabbeinou
Reconnaître ses qualités sans orgueil, et comprendre pourquoi la faute du Veau d'or est réparée par l'humilité de Moshé.
Rav Yoël Benharrouche
Ensuite : Israël, canal de la volonté divine dans le monde, 57 min
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Alors, nous étions à la page 6, dans le Likouté Moharan. C'est ça, Péreq Dalet ? Dalet, voilà. C'est-à-dire qu'il faut arriver à un degré où l'on te dit tes qualités, mais cela ne te rend pas orgueilleux.
On pouvait lui dire sa grandeur, il le savait lui-même, il le disait lui-même, sa propre grandeur, alors qu'il était le plus humble des hommes. Ça nous apprend quelque chose de très important. Quand tu as des qualités, ce n'est pas parce que tu les caches en disant « je ne suis rien » que tu es humble. C'est faux. Tu dois pouvoir dire tes qualités, les reconnaître.
Mais rester dans l'humilité en sachant que toutes ces qualités, c'est en réalité Hakadosh Baroukh Hou qui te les donne, et que ça ne vient pas de toi. Ça, c'est la vraie humilité, pas comme la plupart des gens le pensent. « Je suis zéro, je suis nul, qui je suis, je suis le plus petit, je suis le plus nase. » C'est faux. Ça, c'est au contraire cracher sur les qualités que Hakadosh Baroukh Hou t'a données, et donc les négliger. Il faut reconnaître les qualités que Hakadosh Baroukh Hou t'a données,
en disant que de toute façon, c'est de Lui que tu les as, ces qualités, mais tu les reconnais. Sinon, Il ne te les aurait pas données. Donc si tu négliges ces qualités, c'est comme si tu les repoussais. Au moment où tu dis « je suis zéro », c'est comme si quelqu'un, une force ou un ange, passait et disait: toi, tu es zéro, moi je t'ai fait un beau cadeau et tu dis que c'est zéro. Imagine que je t'offre un cadeau maintenant. Je t'offre une œuvre d'art.
Et toi, qu'est-ce que tu dis ? « Ouais, c'est zut, il m'a donné un truc, mais c'est bidon, ça ne vaut rien », et tout ça. Comment je réagis ? C'est exactement la même chose. Les gens qui se rabaissent en croyant que c'est de l'humilité, c'est de la fausse humilité, c'est du grand n'importe quoi. Ça, c'est autre chose. Tu n'as pas besoin d'aller crier ça à tout le monde, mais toi, tu dois le reconnaître. Tu dois savoir que Hakadosh Baroukh Hou t'a donné certaines qualités, tu dois les reconnaître. D'accord ?
C'est Dieu qui dicte la Torah à Moshé Rabbénou. Comment se fait-il que Moshé Rabbénou puisse écrire que Dieu lui parle ? Tu comprends ce que je suis en train de te dire ? C'est quoi, c'est de l'orgueil ? « Dieu m'a parlé hier, il est venu me dire que… » Les gens qui le voient, qu'est-ce qu'ils se disent ? « Mais il se prend pour qui ? » Eh bien, il ne s'est pas gêné, Moshé Rabbénou, d'écrire ça. Pourquoi ? Parce que c'est la vérité absolue. Exactement.
Donc, il y a une différence entre quelqu'un qui reçoit des messages et quelqu'un qui reçoit des messages pour les transmettre. Moshé, c'est un chali'ah, c'est-à-dire qu'il reçoit pour donner. Non, non, il y a des choses que tu dois garder, il y a des choses que tu ne dois pas dire, sauf si on te dit de les dire. D'accord ? Alors non seulement Moshé Rabbénou a reçu le texte de la Torah, que Dieu lui parle, mais en plus de cela, tous les enfants d'Israël, toute la journée, à toutes les générations, répètent sans cesse que Dieu parle à Moshé.
Et lui, il raconte tout ce que Dieu lui a donné. Et la clé de tout ça, c'est que Moshé Rabbénou est resté humble. Il n'avait pas d'orgueil, même quand il racontait ce genre d'histoire. Que Moshé, katouv, puisque nous avons la preuve aussi. Et l'homme, Moshé, était très humble.
C'est qu'elle était contente.
Ce n'est pas seulement que tu as cette qualité, c'est que tu vis puisqu'il passe par toi. Quand Hakadosh Baroukh Hou passe par un homme, ce n'est pas seulement la qualité qu'Il lui donne qui compte, c'est le fait qu'Il passe déjà par lui, avant la qualité. Parce qu'en passant par lui, Il lui génère la vie. Donc l'homme est régénéré automatiquement à chaque passage. Comme c'est constant, il faut qu'il prenne conscience que son vécu tout entier n'est que par le flux de l'infini qui le traverse.
Si tu as conscience de ça, eh bien, tout ce que tu reçois dans ta vie, c'est aussi parce que le flux de l'infini est en train de te traverser. Sauf si tu commences à mettre ton intellect et ta personne à toi au milieu, donc tu vas faire en fait un écran entre l'infini qui te traverse et le canal que tu devrais représenter. Et c'est ça, en réalité, la klipa.
Donc, reconnaître tes qualités, mais savoir qu'en réalité, c'est parce que tu es traversé par l'infini. Ne jamais mettre ton ego et commencer à le servir, parce que ça, c'est de la Vodazara.
Alors, Vayédaber, c'est un langage beaucoup plus fort, et Vayomer, c'est un langage beaucoup plus sensible. Généralement, le Zohar nous dit qu'à chaque fois que l'on dit Amira, Amar, c'est en silence, c'est en douceur. Tu entends la force dans le Bèt. C'est la lettre la plus forte, c'est le Bèt. Ça veut dire qu'il y a ici une force. Ça s'habille dans des vecteurs naturels. D'accord ? Par exemple, dans la création du monde, Hakadosh Baroukh Hou n'a pas besoin de crier. Il parle donc en silence. Pas comme dans les films que tu as vus, il n'y a rien de tout ça. C'est un grand silence.
L'infini, béni soit-Il, se parle en silence, et la création se fait. Et quand Moshé Rabbénou a atteint ce degré d'humilité, il est arrivé à une force de pouvoir réparer la faute du veau d'or. Grâce à l'humilité, on peut réparer la faute du veau d'or. Pourquoi ? Parce que la faute du veau d'or, finalement, d'après ça, c'est quoi ? C'est l'orgueil. Ça commence par l'orgueil.
Et comment peut-on expliquer ça réellement ? Qu'ont-ils fait pendant la faute du veau d'or ? Ils voulaient toucher quelque chose. Ils voulaient appréhender quelque chose. Tant que je ne vois pas, tant que je ne comprends pas, tant que ce n'est pas palpable, je ne crois pas. C'est ça, en fait. Si Moshé ne redescend pas, s'il ne m'apporte pas quelque chose de matériel, pour moi ce n'est pas Dieu. Donc en réalité, il n'y a pas de véritable émouna. La véritable émouna, c'est de savoir qu'il y a des choses que tu ne peux pas voir.
Hakadosh Baroukh Hou n'a pas de forme, n'a pas de corps. Eux voulaient avoir un corps intermédiaire entre l'infini et eux. Donc, à partir du moment où tu veux quelque chose de concret, c'est que cette abstraction de l'Absolu, béni soit-Il, ne te convient pas. Avec des mots d'aujourd'hui: tu as besoin de comprendre, tu as besoin de toucher, tu as besoin de ton cerveau, tu as besoin de ton cérébral, tu as besoin de ta logique pour croire. Si ce n'est pas logique, tu coupes.
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