La Ségoula et la Bekhira, le choix de revenir à soi
Le Rav Yoël explique, selon le Rav Kook, la différence entre la Ségoula reçue et le choix de la vivre.
Rav Yoël Benharrouche
Ensuite : La Gueoula, cycle 5773 : cours 1, 55 min
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Nous allons continuer notre développement concernant les deux niveaux qui apparaissent dans la construction du peuple d'Israël, de la kedoucha d'Israël. Je vous rappelle ce que nous avons dit par rapport au Rav Kook, la 555, qui dit que deux degrés essentiels se trouvent dans la sainteté d'Israël.
Le premier degré, c'est ce qu'on appelle la ségoula, rappelez-vous. Le monde supérieur, le monde où la nature même de la sainteté d'Israël a été introduite, cette sainteté dans sa neshama. Comme il est écrit: Véhyitem li ségoula mikol haamim, vous serez pour moi un peuple particulier, une possession que j'ai choisie pour vous. Cette ségoula, c'est un degré qui est placé comme la nature de chaque chose. C'est-à-dire que c'est la volonté d'HaKadosh Baroukh Hou qui a été placée dans notre être, du fait que nous soyons le peuple d'Israël.
De la même manière qu'HaKadosh Baroukh Hou place des degrés naturels dans les êtres qu'il crée, il l'a placé dans l'être créé, Israël, dans cette neshama qu'il a créée aussi: une capacité spéciale de dévoiler son nom dans le monde, c'est-à-dire d'être l'intermédiaire entre lui et le monde matériel. Israël a donc un rôle à jouer, qui lui a été donné depuis la pensée divine quand il a voulu créer ce peuple. C'est là qu'il nous a choisis, pour faire ce travail. Ce degré-là ne change jamais, il ne peut pas changer.
Ce qui peut changer, c'est ce que toi, en tant qu'homme individuel, tu fais de ce degré. Nous sommes dans un monde de temps et d'espace, c'est-à-dire en bas. Dès que nous sommes créés, on peut choisir ou ne pas choisir de vivre selon ce degré qui a été placé en nous par nature. La ségoula, nous n'avons aucun choix, on ne peut pas y échapper. Alors que le deuxième degré, la bekhira, le choix, il est donné à chacun d'entre nous: choisir de vivre selon cette capacité qu'il a reçue naturellement, en cadeau, ou bien éviter de vivre selon cette ségoula.
Est-ce que les choses sont claires pour l'instant ? La bekhira, c'est le choix. Bakhour, bakhoura. Quand tu choisis une fille, pourquoi tu l'appelles bakhoura ? Mais justement parce que tu l'as choisie. C'est-à-dire que le lien entre l'homme et la femme, c'est un lien de bien-vouloir. Tu ne peux pas… Deux forces. Quel ? Nakhon. Il est à choisir. C'est-à-dire que s'il n'est pas choisi, lui-même non plus ne peut pas choisir, parce qu'elle, elle s'appelle aussi bakhoura.
— Sliha ? — Non. Bakhour, c'est avec un taf. Alors que bekhira, c'est avec un khet. Oui, ça veut dire « dans le trou ». Aucun rapport. Ok ? Donc là, bekhira, c'est avec un khet. Bahar banou mikol amim, c'est avec un khet. Bekhor, avec un khaf, le premier-né.
Donc nous avons en réalité un choix dans la vie: vivre ou ne pas vivre selon ce que nous avons reçu. Nous avons une boîte, un papier cadeau, une boîte fermée, et à nous de l'ouvrir ou de la laisser fermée toute notre vie. Celui qui est capable d'ouvrir son cadeau va vivre selon lui, va l'utiliser. Celui qui ne veut pas ouvrir son cadeau le laissera avec l'enveloppe, la ficelle qui l'attache, bien scellé, bien fermé. Il aura donc toute sa vie vécue en dehors de lui-même, parce que ce cadeau, c'est lui.
À chaque fois que l'homme doit choisir, il ne va choisir que quelque chose qu'il a déjà, mais qu'il va en réalité sortir du potentiel pour le rendre manifeste. Si vous ne comprenez pas ce que je dis, dites-le.
C'est-à-dire qu'on n'a aucun intérêt à aller chercher ailleurs, ça ne sert à rien. Il faut chercher en réalité ce que nous sommes. Et dans ce que nous sommes, nous avons déjà tout. Dans ce tout-là, tu choisis en réalité de vivre une partie de ce tout. Et si tu peux vivre le tout, c'est encore mieux: tu deviens un tsadik. Tu peux, de temps en temps, chercher en croyant chercher ailleurs, mais en réalité tu te trouves toi-même, c'est-à-dire que tu reviens vers toi. Tout ce que je suis en train de vous dire, c'est dit en deux mots.
Lekh Lekha. Quand Abraham reçoit l'ordre d'HaKadosh Baroukh Hou, Lekh Lekha, c'est quoi ? C'est un conseil: je te conseille d'aller vers toi. Car la traduction de Lekh Lekha, c'est « va pour toi », « va vers toi ». Lekha, bah lekha, va pour toi. Et Abraham, parce que tu n'entends pas la parole de Dieu en toi. Alors qu'Abraham était assez disponible pour écouter et pour entendre la voix divine qui parlait en lui. D'accord ?
Oui, mais il faut arriver à ce niveau. Le Navi, nous sommes tous des Nevi'im, en potentiel. Voilà aussi la ségoula: nous avons reçu une capacité à être prophète. Donc tu es en train de toucher un point, mais tu ne l'as pas encore développé. Israël a reçu une prophétie au niveau de la nation. Toute la nation d'Israël, nous sommes tous prophètes, en potentiel.
Si tu travailles cette prophétie-là par ton étude de la Torah, une étude approfondie de la Torah, il y avait des écoles de prophétie, pour t'apprendre tout simplement à gérer ce que tu as reçu en cadeau. Donc c'est à toi de devenir, de redevenir prophète. C'est un degré qui t'appartient. Tu es prophète. Ta nature, c'est d'être prophète. La nature d'Israël, c'est d'être prophète. Vous comprenez ça ?
Et pourquoi nous ne le sommes pas aujourd'hui ? Parce que nous n'avons pas la capacité ? Nous avons cette capacité, mais nous ne voulons pas, nous n'arrivons pas, on se fait un petit peu plus bas que ce que nous sommes réellement. On a l'impression qu'on n'arrivera jamais. Mais c'est faux. Ça fait partie de toi. Tu as reçu cela quand tu es né, de la même manière que tu as reçu le don de la parole quand tu es né, donc tu apprendras pendant ta vie à parler. Au début, ça te paraît impossible qu'un bébé puisse parler, mais avec des efforts, il y arrive. C'est la même chose: tu as reçu la ségoula d'être prophète, et avec beaucoup d'efforts, tu arriveras. Abraham a fait l'effort, il est arrivé. C'est tout. Ce qu'Abraham a entendu, tu es capable de l'entendre toi aussi.
C'est la question que chaque homme doit se poser: quand est-ce que mes actions arriveront au degré d'Abraham, Yitzhak et Yaakov ? Autrement dit, je peux. Non, ça veut dire Abraham, Yitzhak et Yaakov: c'est-à-dire que chacun a trouvé sa spécificité. Ce n'est pas devenir Abraham lui-même. Abraham a trouvé sa spécificité. D'accord ? Donc j'ai le devoir de retrouver ma spécificité. Pas d'être Abraham, mais d'être Yoël. Et chacun de nous doit être celui qu'il doit être, comme il a été prévu à la source, comme le modèle initial qu'HaKadosh Baroukh Hou avait prévu avant de le créer.
Est-ce qu'il y a un modèle humain qu'HaKadosh Baroukh Hou a prévu pour créer l'homme ? Est-ce qu'il a pris quelqu'un en modèle ? Qui l'a pris comme modèle quand il a dit « faisons l'homme à …
Cours de la chaîne YouTube du Rav Yoël Benharrouche
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