Déverser son cœur devant le talmid hakham
Pourquoi confier ses fautes à son maître aide à se relever, selon le Likouté Moharan 19.
Rav Yoël Benharrouche
Ensuite : Anokhi : la verticale qui descend vers Israël à Pessah, 1 h 07
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On est dans la Prinache Nia, dans le Likouté Moharan, la clé c'est Anokhi. Nous avons dit que donner de la tsedaka, un Talmid Hakham, cela évite à l'homme deux fondements négatifs, qui peuvent être négatifs, c'est-à-dire le côté du vivant et le côté de celui qui parle.
La correspondance négative de ces deux degrés, ce sont des animaux sauvages, des mauvais animaux, c'est-à-dire des perturbations de choses futiles. Et des voleurs. L'istime, c'est la deuxième chose, c'est ce qu'on appelle la gaava, l'orgueil, et tout ça. Ces deux degrés sont donc très, très négatifs, parce qu'ils amènent à la pauvreté.
On continue le texte. En donnant de la tsedaka au tsadik, la personne est sauvée de ces deux midot ra'ot qui correspondent à ces deux fondements. C'est ce qu'on a dit tout à l'heure: mauvais animaux et voleurs. Troisième élément que l'homme doit faire:
c'est lorsque l'homme déverse, ouvre tout ce qu'il a comme chose négative, face à un Talmid Hakham, face à son Rav, face à quelqu'un qui est capable de l'entendre. Et il est bien de faire cela devant le Talmid Hakham, parce qu'il peut aiguiller la personne
vers un chemin plus convenable, selon ce qu'il est lui. C'est très, très important ce que dit ici le Rav: il n'y a pas un chemin convenable, il y a un chemin convenable qui correspond à la méchama de la personne. On ne peut donc pas donner à tout le monde les mêmes réponses tout le temps. Il faut savoir. C'est une intelligence et une segoula que Hakadosh Baroukh Hou donne à un tsadik, à un Talmid Hakham: ce Talmid Hakham est capable
de savoir quelle est la racine de l'âme de celui qui est en train de lui parler de ses problèmes. Et lorsqu'il le sait, il peut aiguiller selon cette direction-là.
C'est comme si, en réalité, la personne se trouvait devant la mort, et qu'au moment de mourir, elle dirait des vérités, des choses très, très sérieuses sur sa vie et sur les fondements mêmes de sa vie. C'est donc en fait comme un aboutissement, le fait de pouvoir ouvrir sa bouche
et dire les choses. En réalité, c'est comme un grand tikkoun, même au dernier moment de la vie, c'est-à-dire face à la mort, où la personne va toucher des points essentiels de sa vie. Cela s'appelle un croisement des chemins: à partir de ce moment-là, il est impossible de continuer comme avant, parce qu'il y a quelque chose de nouveau qui vient de s'ouvrir.
En faisant cette chose-là, en ouvrant son cœur devant le Talmid Hakham, la personne arrive en réalité à une extrémité, et de là, elle est obligée de grandir. Même si la personne est chez le Talmid Hakham et qu'il lui a donné de la tsedaka, comme nous l'avons dit tout à l'heure, cet élève, cette personne-là, ne sait pas encore
par où et par quel chemin emprunter dans sa vie. Le roi Salomon nous dit dans Michlé qu'il y a des chemins qui paraissent droits devant l'homme, mais qui en réalité mènent vers la mort. Mais lorsque l'homme
se tient face à ce Talmid Hakham, il est en fait face à la représentation de la lumière divine, revêtue d'un homme. C'est l'idée qui se cache à l'intérieur. Qu'a donc ce Talmid Hakham de spécial par rapport à quelqu'un d'autre ? Pourquoi faut-il aller déverser ce que l'on a dans le cœur devant un Talmid Hakham ? Parce que ce Talmid Hakham est censé représenter, en fait, Hakadosh Baroukh Hou dans ce monde. Et donc, étant donné qu'il est porteur de la Torah,
la personne qui est en face de lui, lorsqu'elle dit ce qu'elle a à dire et qu'elle le dit à haute voix, se place en fait face à un étalon, à une mesure étalon. Et lorsqu'elle est face à cette mesure étalon, elle peut comparer où elle est aujourd'hui par rapport à où elle devrait être. Quand elle voit cette lumière qui est normalement censée émaner de ce Talmid Hakham,
et qu'elle voit la situation dans laquelle elle se trouve, il se fait comme une comparaison. Et de cette comparaison, l'élève ne peut que monter, parce qu'il va aspirer à trouver un nouveau chemin, à revenir à ce nouveau chemin. On lui demande donc d'ouvrir, de dire, parce que, quand tu verbalises la chose, toi-même tu l'entends. Et quand tu l'entends, en réalité, et que...
il y a peut-être une certaine honte, parce que tu es devant le Talmid Hakham et tu lui dis ce que tu viens de dire. D'un côté, tu te dégages, cela t'enlève un poids que tu avais dans le cœur; mais d'un autre côté, cela t'ajoute aussi une capacité de grandir, parce que tu t'es dit: ça y est, maintenant c'est sorti, donc je me suis rendu disponible pour recevoir une nouvelle lumière. D'accord ? C'est donc très, très important. Bien entendu, tu ne peux pas faire cela avec quelqu'un en qui tu n'as pas confiance,
parce que ne serait-ce que le manque de confiance quant à la manière dont il te juge, ou dont il te voit différemment, ou au risque qu'il aille le dire à quelqu'un d'autre, peu importe. Il faut vraiment que celui à qui tu parles de cette manière-là soit complètement dans la tsniout d'abord, et en plus de cela, dans une intelligence de savoir se taire, et de faire les choses pour aider l'autre,
et non pour s'en servir ensuite, hass véchalom, comme une arme, contre lui. Tête. Tu avais une question ? Ok. Donc, tout ce qu'on vient de dire, c'est chaque fois que la personne vient devant un Talmid Hakham et lui raconte tout ce qu'elle a dans le cœur. Et ce Talmid Hakham, comme je te l'ai dit tout à l'heure, représente donc Hakadosh Baroukh Hou
dans notre monde. C'est Moché Rabbenou, puisque chaque fois qu'un Talmid Hakham dit quelque chose, on l'appelle Moché: Moché, yafé ké'amarta, c'est une expression, c'est-à-dire: Moché, tu as bien parlé, même s'il s'appelle David. Comme Chabbat. Donc, Talmid Hakham ouprinat Moché, shou prinat. Et qu'est-ce que ce Talmid Hakham ? Baroukh shekivanou. Hakadosh Baroukh Hou nous a dit des choses qui sont dans le Emet, puisqu'il dit: voilà, c'est-à-dire que ce Talmid Hakham doit se considérer comme étant le néant. Il n'est rien par lui-même. C'est aussi cela sa grandeur. Le Talmid Hakham sait qu'il n'est pas, alors que l'ignorant pense qu'il est. D'accord ? Et plus on grandit en Hokhma, moins on agit pour soi-même, et l'on devient vecteur des valeurs de Hakadosh Baroukh Hou.
D'accord ? Donc ce Talmid Hakham a la Hokhma. C'est pour cela qu'on l'appelle Hakham, parce que la Hokhma, d'où vient-elle ? D'un degré supérieur. Or le degré qui dépasse la Hokhma, qui est avant elle, c'est la Kéter. Dans les séfirot, il y a Kéter, et après, il y a Hokhma. Donc la Hokhma, d'où sort-elle ? De Kéter. Or Kéter, comment s'appelle-t-il ? Il s'appelle le Ayin. Pas parce qu'il n'y a rien, mais parce que tu ne peux rien savoir.
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