Le double commencement de la Création, corps et âme
Le Rav Benharrouche montre que la Torah doit unir le sens extérieur et le secret intérieur, selon le Rav Kook.
Rav Yoël Benharrouche
Début du cours (texte)
Lire le début du cours
Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Vous me voyez ? Vous voyez le texte ou pas encore ? On voit le texte. Ah, vous voyez le texte, donc vous voyez tout. Non, on ne me voit pas. Vous ne me voyez pas ? Non. Si on vous voit, on vous voit. Mais si. Tov, je m'inquiétais quelques instants. Tov, je suis très heureux de vous voir, même si nous clôturons aujourd'hui notre année d'études.
Je vous ai fait un petit résumé. D'abord, je veux vous remercier pour votre sérieux, pour votre participation à tout ce que nous essayons de faire et que nous faisons avec l'aide d'Hakadosh Baroukh Hou. Au début de l'année prochaine, il y aura une structure qui va un peu différer de ce qu'on connaît maintenant. On cherche toujours à améliorer.
Pour clôturer cette année, je vous propose un sikoum, une conclusion que j'ai préparée volontairement, pour ne pas tomber dans un détail de plus dans cette Torah de Kabbale. Ce résumé nous dit tout simplement que notre monde est double dans son fondement.
Hakadosh Baroukh Hou a créé en fait deux rechitot, deux primautés. Le mot Béréchit peut se lire béte rechit, comme s'il y avait deux commencements. Donc deux rechitot, deux commencements: rechit nishmatit raayonit, l'un des commencements, c'est un commencement d'âme, de l'ordre de l'âme, de la profondeur, donc de l'ordre des idéaux, des idées profondes, de la racine même, du but même de la création, du pourquoi de la création.
Et deuxième rechit, rechit chomrit mamachit, c'est-à-dire la première apparition de la matière en tant que telle, qui est là pour révéler en fait l'esprit de la création.
Nous avons donc ici deux approches: une approche profonde de la vie et une approche superficielle de la vie. En d'autres termes, une approche du haut vers le bas ou bien une approche du bas vers le haut. Quand je dis du bas vers le haut, c'est de ce que nous voyons, de ce qui nous apparaît. Quand je rencontre quelqu'un, je vois d'abord son aspect extérieur, son corps, et j'apprends à le connaître, c'est un deuxième degré. Mais au moment même où on le voit, son essence précède son apparition physique.
Donc, en réalité, les deux sont vrais. Cela dépend de l'angle de vision à partir duquel je commence à regarder les choses. Conclusion: Bekhol meïma de-Bria, dans chaque élément, dans chaque notion de la création du monde, il y a donc deux degrés en même temps, simultanément: un degré intérieur, qui est la vie de la chose en question, et en même temps une part qui est extérieure, de la même chose, du même élément.
La partie extérieure vient pour réaliser, pour cristalliser cette fameuse vie intérieure, qui a besoin d'un corps pour se manifester, pour se réaliser dans l'existence réelle de notre vie.
Il y avait une question ? Oui, oui, excusez-moi.
— Est-ce que dans Béréchit, on peut dire qu'il y a le 3 ? Ce serait quoi le troisième degré ?
Non, parce qu'en réalité, c'est le B de Réchit. Il est à l'intérieur de ce B. Et Réchit, c'est la Chochma, Réchit, Chochma, Hirat Hachem. Ce n'est pas B plus Réchit.
C'est dans cette Réchit, qui est la pensée divine, qu'on appelle Réchit, que se cachent les deux degrés que je viens d'énoncer.
— Ok, merci.
D'accord ? Il s'agit donc d'un monde où, effectivement, on peut dire que le Réchit est le troisième élément, si vous voulez: c'est le divin, mais qui se dévoile dans les deux degrés de ce monde. D'accord ? Mais ce monde dans lequel nous sommes est lui-même soutenu par le double, posé sur un double, posé sur un deux. Et le troisième élément, c'est celui qui fait l'équilibre.
Donc l'étude de la Torah, une véritable étude qui se veut sérieuse, doit porter sur les deux aspects que je viens d'énoncer. Je suis obligé de voir la première apparition de la chose: le texte, le contexte, l'histoire, le corps, et le secret, c'est-à-dire l'âme, le message qui circule à l'intérieur de ce corps. Je ne peux m'occuper ni de l'un ni de l'autre sans prendre en compte les deux parties de cette même réalité.
C'est très logique, c'est très simple. Morale: les gens qui n'étudieraient que le premier sens de la Torah ne font pas bien, parce qu'il leur manque l'âme, la direction, le pourquoi, le sens. Et ceux qui n'étudient que le secret des choses n'arrivent pas à vivre la chose en question dans la réalité de la vie, parce qu'ils ont négligé la partie superficielle.
Donc les deux sont la même maladie: la maladie de ne voir que le dedans, ou bien la maladie de ne voir que le dehors. La santé d'Israël, c'est de voir les deux. Et donc la Torah nous force, quelque part dans une éducation, à étudier les deux parties de la Torah, les deux approches de la Torah. On n'a jamais négligé le corps sans négliger non plus l'âme ou l'esprit: un esprit saint dans un corps saint. Voilà l'équilibre d'Israël.
Malheureusement, beaucoup dans le peuple d'Israël n'ont étudié que la partie superficielle, sans véritablement se donner au secret, au sens profond, au sens de la direction de la chose.
Un instant, il y a quelqu'un qui frappe, je dois ouvrir. Excusez-moi, j'avais une livraison, donc je n'ai pas pu faire autrement. Je vous demande pardon.
Malheureusement, la plupart d'entre nous, pendant des générations, des centaines d'années, des milliers d'années, n'ont fait que se préoccuper de la partie superficielle. Forcément, sont devenues problématiques toutes les compréhensions intérieures et profondes, comme s'il n'existait que ce que je vois ici concrètement.
C'est comme dans la médecine. On a développé pendant longtemps une médecine superficielle, corporelle, qui ne s'occupe que de l'apparence des choses, au lieu de s'occuper de la guérison de l'être intérieur. C'est exactement comme la Torah, qui comporte le pchat et le sod.
Dans l'art, c'est pareil. Si je prends le côté artistique, pendant beaucoup d'années, des milliers d'années, on ne s'est occupé que de l'apparence d'une œuvre: on dessinait comme une photographie. Et seuls les peintres qui ont compris qu'il y a un message à faire passer à l'intérieur même des êtres, à savoir raccourcir peut-être les traits pour donner aussi une essence, ont donné naissance à une abstraction qui, au départ, n'était pas comprise.
Mais c'est exactement la même chose dans tous les domaines de notre vie. Il y avait donc un problème de compréhension des choses secrètes. Ce qui faisait que les gens voyaient l'histoire biblique comme une histoire, comme toutes les histoires: il y a eu des êtres qui ont fait telle et telle chose, et ça a évolué. Et le peuple d'Israël était un peuple d'esclaves en Égypte, il est sorti d'Égypte, et Dieu l'a conduit dans un désert.
Vous comprenez que rester dans ce degré de l'histoire, c'est en réalité occulter le sens même de tout ce programme divin. Vous croyez qu'Hakadosh Baroukh Hou est venu pour nous raconter des histoires ? Il y a un problème, tout simplement: quand je vous le dis, vous entendez que ce n'est pas normal.
Cours de la chaîne YouTube du Rav Yoël Benharrouche
Dans la même série
- 18
La kabala de א a ת partie 18 - 19
Rav Benharrouche La kabala de א a ת partie 19 - 20
La brisure des kelim et la place du receveurPourquoi l'orgueil brise les ustensiles, et comment le shalom passe par la complémentarité des points de vue. - 21
Le fils du roi et la Torah des secrets, Rabbi Shimon Bar YochaiPourquoi l'étude de la Kabbale libère la vérité et met fin à la mort, le jour de Lag BaOmer. - 22
Le double commencement de la Création, corps et âmeLe Rav Benharrouche montre que la Torah doit unir le sens extérieur et le secret intérieur, selon le Rav Kook.
Ce cours fait aussi partie de la série « Toutes les vidéos, Rav Yoël Benharrouche ».
— un nom de Rav à ajouter, un problème de son ou d'image ?
Une question sur ce cours ?
La réponse s'appuie d'abord sur ce cours, puis sur les autres cours des Rabbanim, avec le passage exact à écouter.
Commentaires et questions au Rav