Yosef et Yehouda : deux chemins vers la Gueoula
Rachel et Léa, le monde visible et le monde caché, et comment Yosef et Yehouda conduisent ensemble vers la Gueoula.
Rav Yoël Benharrouche
Ensuite : Les plaies d'Égypte et la précision divine, 29 min
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Bonjour à tous. Aujourd'hui, Bézrat Hachem, nous allons parler d'un sujet qui est en fait la base de la maison d'Israël. Il est écrit dans Ruth, au chapitre 4, que nous avons deux matriarches, deux mères, qui à elles deux ont construit la maison d'Israël. Ces deux matriarches, ces deux mères, sont ni plus ni moins que Rachel et Léa, les deux mamans de Yosef et de Yehouda.
Ici se cache quelque chose de très important à comprendre: ces deux mères, ces deux mamans, sont la matrice, la racine d'un homme qui s'appelle Yehouda, avec tout ce qu'il représente, et d'un homme qui s'appelle Yosef, avec tout ce qu'il représente. Et nous savons très bien que dans les parchiotes que nous venons de lire, et alors que nous sommes en plein dans la descente en Égypte, il y a un problème entre Yosef et Yehouda. Ce problème est en fait un problème d'angle de vision de la vie. Il y a une vie qui est vue à travers le prisme de Yosef, et il y a une vie qui est vue à travers le prisme de Yehouda.
Nous devons comprendre que ce n'est pas seulement une dispute simple entre deux frères, mais quelque chose de beaucoup plus compliqué, beaucoup plus complexe: c'est-à-dire une force qui réunit les deux étapes, l'étape de l'intériorité et l'étape de l'extériorité. Je veux dire par là que Rachel représente le monde visible.
Le langage que les sages nous donnent dans la partie secrète de la Torah, concernant Rachel, c'est Alma Deit Galia, le monde visible, le monde qui se dévoile, le monde qui sort du potentiel vers le manifesté. Alors que Léa est appelée par nos sages Alma Deit Kassia, le monde caché, le monde d'en haut, le monde du potentiel qui n'est pas encore abouti, qui n'est pas encore sorti. Ces deux terminologies sont données par le Zohar HaKadosh.
Le Rav Harlap nous explique que de Yehouda vont sortir tous les rois, tous les princes et tous les dirigeants du peuple d'Israël, c'est-à-dire la royauté. La royauté ne peut pas sortir si ce n'est de Yehouda. Autrement dit, Yehouda est la force elle-même de la royauté d'Israël. C'est par Yehouda que la royauté d'Israël se dévoile.
Et donc, qui dit royauté d'Israël dit roi de la maison de David. Et qui dit roi de la maison de David dit, en avançant un tout petit peu plus loin, Melekh HaMachiah, le Roi Machiah, le messianisme dans son état de dévoilement. Il sort, il est issu donc des fils de Léa. Nous devons comprendre quel est le message qui se cache à l'intérieur de ces données.
Nous avons dit tout à l'heure que le Zohar définit Léa comme étant le monde de l'intériorité, Alma Deit Kassia. Léa est le monde qui n'est pas visible. D'ailleurs, la Torah, lorsqu'elle veut décrire Léa, diminue le texte. Elle ne parle que de ses yeux: « Les yeux de Léa étaient tendres. » Je nous explique que puisque Léa est un monde révélateur du monde caché, la Torah elle-même va être avare, et ne va pas dévoiler tout ce que représente Léa, parce qu'elle est justement le monde caché. Donc on ne parlera que de ses yeux, les yeux étant un domaine, un degré très profond, très secret, qu'on appelle le miroir de la neshama. Ça, c'est le monde de Léa.
Alors que Rachel, dans la Torah, est définie comme Vrachel hayta yefat to'ar ve'yefat mar'e. « Rachel est belle », belle d'aspect, dit la Torah. Lorsqu'on la voit, on voit une femme qui est belle. Par conséquent, Rachel, à l'inverse de Léa, va représenter le monde visible, le monde qui se voit, le monde qui se cristallise et qui va montrer l'intériorité, mais cette fois-ci aboutie, cette fois-ci réalisée. Une intériorité réalisée, voici notre Rachel.
Le royaume d'Israël va sortir justement de Léa, du monde caché. Donc les rois d'Israël sont issus de la maman cachée, donc du monde caché, donc du monde secret. Et la royauté d'Israël, la maison de David, vient dans sa source tirer sa puissance dans un monde qui est profond, dans un monde qui est potentiel. Et lorsque ça va se dévoiler dans le roi, ça va se dévoiler dans l'inverse, c'est-à-dire dans un monde dévoilé, puisque le roi, c'est le dévoilement même.
Nous avons donc ici un accouplement, un couplage des formes. La maman très cachée va donner le roi, qui est en fait le dévoilement d'Israël, donc un roi visible. Et paradoxalement, la maman qui est elle dévoilée, donc Rachel, va donner naissance au fils qui est le tsadik caché, c'est-à-dire Yosef.
Lorsqu'on voit Yosef dans la Torah, on le voit comme un Égyptien. Il est habillé en Égyptien, il est déguisé en Égyptien. On ne peut pas reconnaître Israël en ce Yosef-là, en tout cas pas à première vue. Lorsqu'il commence à parler, il dévoile son intériorité. Mais celui qui le voit le définit comme étant Ish Mitzri, un homme égyptien. Alors que lui, dans son état profond, dans son identité, est un Naar Ivri, un enfant hébreu, celui qui sait faire passer. Ivri, en hébreu, veut dire celui qui passe.
Nous avons ici un paradoxe. La maman cachée va donner le royaume dévoilé, Yehouda, donc Léa engendre Yehouda. Alors que la maman dévoilée, Rachel, va donner le fils caché, Yosef. Apparemment, il y a une inversion des forces, et nous devons comprendre comment ce dévoilement se fait.
En réalité, ce que je viens de dire n'est pas tout à fait vrai, puisque lorsque nous parlons de Yosef, qui est une force cachée, certes c'est une force cachée, mais c'est une force qui se dévoile dans la réalité de la vie. Elle est cachée, elle est tellement bien cachée qu'on ne la voit pas au niveau de l'intériorité des choses, mais Yosef est un homme qui agit. C'est un homme qui est là, c'est un homme qui est l'homme de la situation. Il va nourrir l'Égypte, il va nourrir ses frères, il va devenir celui par qui tout passe.
Donc en réalité, Rachel, c'est la kedoucha, la sainteté divine, habillée dans un Yosef. Et la force de protection sur la kedoucha intérieure, c'est Yehouda. Yehouda, c'est la protection de la valeur intérieure de la vie, donc du Yod Hé Vav Hé, du tétragramme, qui, vous le voyez très bien, apparaît clairement dans le nom de Yehouda. Lorsque vous écrivez Yehouda, vous avez le tétragramme qui apparaît devant vos yeux, les quatre lettres du Nom divin, ce qui montre qu'en réalité Yehouda est le protecteur de ce Nom, de cette force intérieure, issue de sa maman intérieure, Léa.
Et le peuple d'Israël, lui, est formé des deux. Comme cela est écrit dans Megillat Rout, au chapitre 4, lorsqu'un homme se marie, il se marie avec une femme, et on lui souhaite que cette femme soit comme deux femmes: Vaécha azot kera khel ve Léa, hacher banou chenayim et bet Israël, qui, à elles deux, ont construit la maison d'Israël. Il y a donc ici un souhait: que l'homme d'Israël se marie avec deux formes, l'une qui va s'appeler Léa et l'autre qui va s'appeler Rachel, et à …
Cours de la chaîne YouTube du Rav Yoël Benharrouche
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