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Introduction au Rambam : l'ordre Nachim et la place de Pirké Avot

Pourquoi Yevamot ouvre l'ordre Nachim, puis Ketubot, Nedarim, Askara et Baba Batra, et où s'insère Pirké Avot.

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Ensuite : Pirké Avot, les obligations du cœur et la pensée juive, 58 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Shalom à tous, shalom à toutes. Alors, on continue notre promenade dans tous les traités de la Torah. La dernière fois, on a fini les deux premiers ordres: le premier ordre, Moed, donc les fêtes juives, et l'ordre de Zeraïm, donc tout ce qui touche à l'agriculture. Aujourd'hui, on commence le troisième ordre, qui s'appelle l'ordre de Nachim, c'est-à-dire les femmes, tout ce qui concerne le mariage et tout ce qui s'ensuit. Je suis à la page 21 de notre texte, et ça commence ici.

Il a donc commencé à exposer les différents traités de l'ordre de Nachim, et il a ouvert cet ordre avec un traité qui s'appelle Yevamot. Qu'est-ce que Yevamot ? C'est le yibboum. Lorsqu'il y a un couple qui n'a pas encore d'enfant et que le mari décède, il y a une mitsva pour le frère de ce mari de se marier avec sa belle-sœur veuve, afin qu'elle ait des enfants, et que ces enfants comptent aussi pour son frère défunt. C'est la mitsva du yibboum, qui n'est plus tellement pratiquée aujourd'hui. Il existe une manière de ne pas la faire, et c'est pour cela qu'il est question de halitsa.

Il dit donc qu'il a commencé cet ordre par Yevamot, qui est déjà un petit peu une question de complications. Avant même de parler du mariage, on parle déjà des complications qui pourraient survenir. Pourquoi dit-il que c'est selon une certaine logique ? Quelle est cette logique ?

Il dit cela parce que le mariage dépend, au fond, de la volonté de la personne. Un tribunal ne peut pas forcer deux personnes à se marier. En revanche, un tribunal force le frère du défunt à faire le yibboum, soit à faire le yibboum, soit à faire la halitsa, c'est-à-dire une sorte de cérémonie qui montre qu'il ne veut pas. En tout cas, il est forcé de faire quelque chose. Et le Rambam nous dit que, lorsqu'on commence l'ordre de Nachim, on commence d'abord par ce qui est obligatoire, ce qui ne laisse pas de choix à la personne, et ensuite on parle de ce qui relève du choix.

On pourrait penser que ce qui relève du choix, ce qui relève du libre arbitre, est plus élevé. Mais en vérité, pour beaucoup, beaucoup de choses, ce qui ne relève pas du libre arbitre, ce qui est d'obligation, dans le langage ici, c'est-à-dire ce qui ne laisse pas de part au choix, a aussi quelque chose de très grand. Cela revient à se demander: qu'est-ce qui nous définit le plus, nos choix ou notre nature ? Bien sûr, les deux ensemble. Mais ce qui relève de l'obligation a une certaine importance: je n'ai pas forcément choisi d'être un homme, par exemple, je n'ai pas forcément choisi de naître dans telle famille, etc. C'est pour cela que le Rambam nous dit qu'on commence par Yevamot, qui ne relève pas du choix, et qu'ensuite on va parler de Ketouvot.

Ketouvot, c'est le fameux contrat entre l'homme et la femme, le contrat de mariage, qui fixe les obligations de l'un envers l'autre. Ce sera donc le deuxième traité de cet ordre. C'est ce qui est écrit ici: « Véacharéa Ketouvot ». Après Yevamot, on parle de Ketouvot.

« Véacharé Ketouvot, Nedarim ». Nedarim, ce sont les vœux. La Torah donne la possibilité de prendre sur soi des obligations qui ne relèvent pas de la Torah elle-même. On a tout à fait le droit, par exemple, de manger du chocolat, et quelqu'un peut dire: « Moi, je sens que j'ai besoin de renforcer mon envie de ne pas en manger, donc j'ai le droit d'inventer, de me créer une nouvelle mitsva. » Quelqu'un pourrait faire le vœu de ne plus manger de chocolat de sa vie, et dans ce cas cela aurait pour lui une valeur comparable à celle d'une autre faute de la Torah, comme par exemple de manger non casher alors que c'est un chocolat casher, parce qu'il s'est créé une nouvelle obligation. C'est le principe du neder.

C'est pour cela qu'il existe aujourd'hui une expression: quand on dit « je m'engage à faire ça », beaucoup de religieux disent « bli neder », ce qui veut dire « sans vœux, sans s'engager, sans prendre sur moi une nouvelle mitsva ». C'est intéressant, car dans la Guemara, dans le traité Nedarim, il y a deux rapports à cela. D'un côté, on dit que les nedarim sont quelque chose de négatif; de l'autre, on dit que c'est quelque chose de positif. Dans quel cas est-ce négatif, et dans quel

cas est-ce positif ? Lorsque ce sont des nedarim qui ne sont pas réfléchis. On peut aussi faire des nedarim concernant les autres: par exemple, quelqu'un s'est énervé contre une personne et lui dit: « Je fais le vœu que tu ne viennes plus jamais manger chez moi. » Et cela marche: cette personne n'a plus le droit d'être invitée chez lui. Le problème, c'est que ce vœu a été prononcé sous l'emprise de l'émotion, sous l'emprise du regech, comme on dit, de la sentimentalité. Ce n'est donc pas forcément

quelque chose de réfléchi, et là-dessus on dit que les nedarim ne sont pas quelque chose de positif.

En revanche, il existe des nedarim positifs, comme ceux de quelqu'un qui souhaite s'élever spirituellement et qui ressent que, pour se doter d'une sorte d'échelle d'élévation, il a besoin de se créer toutes sortes d'obligations qui ne sont pas obligatoires selon la Torah, afin de s'élever lui-même. Dans ce cas, les nedarim sont quelque chose de positif.

Mais alors, quel rapport tout cela a-t-il avec l'ordre de Nachim ? Pourquoi parle-t-on des nedarim dans l'ordre de Nachim, nous dit le Rambam ? Car dans la Torah, lorsqu'il est question de vœux, les exemples que donne la Torah sont toujours ceux du mari et de la femme, ou de la fille et du père. Cela vient nous apprendre que le mari est responsable des vœux de sa femme. C'est-à-dire que si une femme fait un vœu, et que le mari l'entend et se dit que ce n'est pas

bien pour elle, que ce n'est pas quelque chose qui va l'aider, il a le droit, dans un certain laps de temps, d'annuler son vœu. Ainsi, lorsqu'elle se marie, lui aussi a une part à ses nedarim. C'est pour cela qu'on a placé le traité de Nedarim juste après le traité de Ketouvot: le mariage implique des responsabilités, implique des droits. On devient en quelque sorte une seule entité; le mari et la femme ne sont plus deux personnes totalement séparées, il existe une interaction entre elles. La meilleure manière

de le montrer, c'est précisément le principe des nedarim: le mari peut intervenir et se mêler de la vie des vœux de sa femme, s'il le souhaite.

Donc, on a mis Nedarim juste après Ketouvot. « Véharé Nedarim, Nezirout ». Nazir, c'est celui qui a fait un vœu un peu particulier: pendant trente jours, il laisse pousser ses cheveux, sa barbe, etc. Il s'interdit tout ce qui vient de la vigne, que ce soit le vin ou même les raisins secs.

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