Hanouka : allumer ou poser la hanoukia, quand la lumière manque
Le cas d'un homme sans feu : peut-il allumer sa hanoukia à la bougie d'un voisin ?
Rav Élie Kling
Ensuite : Hanouka : l'allumage, et la petite fiole d'huile, 8 min
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Alors, on va faire juste un petit… La Masséret Tramouka n'existe pas, mais il y a quelques passages du traité Chabbat qui sont consacrés à ça. On ne va pas faire ces sougyot habituelles et classiques. Je pense que vous les avez étudiées à l'éthique. Vous vouliez vous parler de Atta Khaos Hamisa, vous avez étudié cette sougya ? Oui ? Alors je vous rappelle de quoi il s'agit. En fait, ça a commencé comme ça: on a posé la question à Rabbénou.
Ça veut dire quoi ? Ça veut dire imaginer quelqu'un… Écoutez, c'est un truc vraiment intéressant. Imaginez quelqu'un qui n'a pas de feu. Il veut faire la mitsva, mais il n'a pas de feu. Il n'y a plus de gaz, il n'y a plus d'allumettes, tout est fermé, le chamach est éteint, enfin il n'y a pas de feu. Et il a besoin d'allumer sa bougie de Hanouka. La seule possibilité qu'il a, c'est d'aller voir son voisin, qui lui non plus n'a pas de feu, il n'a plus d'allumettes non plus, mais il a encore…
Une bougie de Hanouka qui brûle. Par contre, le chamach, lui, il est déjà éteint. Et alors, il voudrait pouvoir allumer sa bougie de Hanouka à la bougie de son voisin. Ce qu'on appelle madlikin ner ner. Alors, on a demandé à Rabbénou si c'est possible ou pas. Pourquoi est-ce que ce ne serait pas possible ? Parce qu'il n'y a pas de lumière. Parce qu'il n'y a pas de lumière. Alors, d'un autre côté, pourquoi est-ce que ce serait possible quand même ?
Ouais, c'est pour faire une mitsva… c'est pas pour faire une mitsva, c'est pour faire une mitsva. C'est bon, ok ? Alors, la lecture de Mahaïti dépend. Je ne sais pas, il faut d'abord résoudre un problème plus important, qui est à quel moment exactement on accomplit la mitsva. Alors je vais essayer de vous expliquer de quoi il s'agit. Il y a, si vous voulez, un principe dans la halakha, pas seulement pour Hanouka, qu'on ne peut pas utiliser une mitsva pour une autre… Par exemple, quand on fait une mitsva, un loulav, même après la fête.
Est-ce que j'ai le droit de m'en servir pour balayer la chambre ? Non, parce que c'est un objet sacré. Ouais, c'est une mitsva, on n'a pas le droit de faire ça, c'est un mépris pour la mitsva. C'est pour ça qu'il y a un joli minim, je ne sais pas si vous le faites chez vous. Qu'est-ce qu'on fait avec le minim ? On les garde jusqu'à Pessa'h. C'est un objet qu'on ne jette pas, mais on ne va pas l'utiliser pour autre chose. On les garde jusqu'à Pessa'h et après, avec ça, on fait le Mioukhamets. Parce que ça, ce n'est pas un mépris de la mitsva, car tu te sers de la mitsva pour une autre mitsva.
On peut le jeter, on ne peut pas s'en servir. On peut le jeter, mais il vaut mieux le garder et s'en servir. On ne peut pas en tout cas le manipuler en s'en servant. On s'en sert pour brûler la plaque. On le jette dans le combustible. Ok ? Alors je vous pose la question suivante. Est-ce que j'ai le droit… Imaginez qu'il y a un pauvre qui frappe à ma porte, il y a le tsedaka en ce moment.
Alors moi, disons que les petites monnaies que je réserve pour la tsedaka, comme je ne veux pas que les enfants jouent avec, je les mets au-dessus d'une armoire très haute. Est-ce que j'ai le droit de dire au pauvre: ne bouge pas, je prends mon goulas et je fais tomber les pièces dans la main, pour pouvoir ensuite faire la tsedaka ? Est-ce que j'ai le droit de faire ça ?
— Oui. Oui.
— A priori, pourquoi ?
— Parce que j'utilise un tsadik pour une mitsva.
— Pourquoi un tsadik ? Parce que tu n'es pas directement en train de faire la mitsva, ce n'est pas comme pour le loulav. Tu utilises le bâton pour faire quelque chose qui va te servir à faire une mitsva, mais c'est indirect.
Et pourquoi c'est interdit ? Parce que c'est d'abord sauf. Ça veut dire quoi, « d'abord sauf » ? Ça veut dire que si tu commences à faire une mitsva, tu peux à chaque fois dire que c'est indirectement. « Je balaye la chambre avec mon loulav, c'est pour Chabbat, pour que ce soit beau pour Chabbat. » Donc on va essayer de dire: on a le droit d'utiliser une mitsva pour faire directement une mitsva, mais on n'a pas le droit d'utiliser une mitsva pour faire indirectement une mitsva.
Alors, par exemple, théoriquement: si j'ai besoin de descendre quelque chose de l'armoire, je mets les mains comme ça. Et je vais descendre avec mon loulav le truc, là, ça, j'aurais le droit. Parce que je fais directement une mitsva avec la mitsva. Alors maintenant, on revient à madlikin ner ner. Rav Ola dit: madlikin ner ner ou ner ner madlikin ? Il dit que ça dépend. Chazina. Si la mitsva, c'est l'allumage, alors madlikin ner ner. Mais si la mitsva n'est pas l'allumage mais la halakha…
Alors, il faut donc dire: il faut d'abord savoir si c'est la halakha, ou si c'est la halakha qui fait la mitsva. C'est-à-dire, à quel moment exactement je fais la mitsva. À quel moment exactement je fais la mitsva ? La halakha, ça veut dire que la halakha n'est qu'une préparation, l'ultime préparation.
De la même façon que vous achetez une hanoukia, est-ce que c'est une mitsva d'acheter la hanoukia ? Non, ce n'est pas une mitsva. C'est une préparation à la mitsva. Nettoyer la hanoukia, c'est une préparation. Placer les bougies ou mettre de l'huile, c'est une préparation, ce n'est pas la mitsva. C'est comme construire une soukka. Est-ce que c'est une mitsva de construire une soukka ? Non, c'est une préparation à la mitsva. La mitsva, c'est de manger dedans. Ce n'est pas de la construire.
Si quelqu'un se fait inviter pendant huit jours chez un copain et qu'il fait la fête de Souccot chez le copain, il a fait exactement la même mitsva que celui qui a construit la soukka. C'est-à-dire qu'il n'y a pas de mitsva de construire la soukka. Il y a une mitsva de manger dans la soukka. La même chose pour la halakha. Donc la question est de savoir: est-ce que la halakha est le stade ultime de la préparation, et que la vraie mitsva, c'est une fois qu'elle est allumée ? La hanoukia, c'est de la regarder brûler en la posant, en la posant devant la fenêtre, enfin en tout cas là où il faut la poser, en général dehors. C'est bien. Mais la halakha elle-même n'est donc pas une mitsva. Ou alors on dit non: la halakha, c'est la mitsva.
— Oui, il pose ses bénédictions.
— Ouais, pourquoi pas. C'est-à-dire qu'une fois qu'on a allumé la hanoukia, on n'a pas encore fait la mitsva. Après il faut prendre la hanoukia qui brûle et …
Cours de la chaîne YouTube du Rav Élie Kling
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— un nom de Rav à ajouter, un problème de son ou d'image ?
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La réponse s'appuie d'abord sur ce cours, puis sur les autres cours des Rabbanim, avec le passage exact à écouter.
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