Le but de l'homme selon le Rambam
Le Rambam établit que tout existe pour une fin, et que la fin de l'homme est la connaissance intellectuelle.
Rav Raphaël Kohane
Ensuite : Le Machia, un roi qui réussit selon le Rambam, 58 min
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Il y a beaucoup, il y a beaucoup de bonheur.
Il parle de la transmission de la Torah orale, il a passé sur tous les traités, sur toutes les massekhtot, etc. Et ensuite, il veut vraiment nous faire comprendre que cette partie-là, donc la partie des agadot du Talmud, n'est pas une partie sans importance. Au contraire, tous les secrets de la Torah, les questions existentielles, etc., s'y trouvent. Il a donc passé beaucoup de temps à nous le décrire.
Et à la fin du chapitre, il nous donne un exemple. Il nous dit: je vais te donner, par exemple, une agada qui se trouve écrite dans Massekhet Berakhot. La vérité, c'est qu'il est intéressant que le Rambam ne cite pas le début de la phrase. Le début de la phrase, c'est: « Depuis que le Beit HaMikdash a été détruit, Dieu n'a dans ce monde que quatre coudées de halakha ».
Seulement, c'est curieux, et je ne sais pas tellement pourquoi, le Rambam n'amène pas le début de la citation, il n'amène qu'à partir de « Dieu n'a dans ce monde que quatre coudées de halakha ». Alors qu'il est intéressant de savoir que c'est depuis que le Beit HaMikdash a été détruit. Bon, peut-être qu'on en reparlera. En tout cas, il amène cette agada et il nous dit: si on la prend selon le pchat, alors c'est impossible. C'est impossible, parce que ça veut dire quoi ? Ça veut dire que du temps de Chem, de Ever, où il n'y avait pas encore de halakha, puisque la halakha, on va dire qu'elle commence à partir du mont Sinaï, eh bien...
Alors quoi ? Dieu n'avait rien dans son monde ? Et donc, il est impossible de comprendre cette agada dans son sens simple. Et il dit: pour comprendre cette agada, il faut que je te fasse des introductions. Et une fois que tu auras compris cela, ce sera pour toi une clé de compréhension pour d'autres agadot du Talmud. Lorsque tu rencontreras d'autres récits comme celui-là, qui ne sont pas tellement compréhensibles selon leur sens simple, tu sauras les décoder.
Seulement, le Rambam va mettre deux chapitres à nous faire ces introductions, d'accord ? C'est énorme, parce que dans toute la préface, il y a en tout huit chapitres. Il va donc consacrer deux chapitres à faire ces introductions, qui sont extrêmement importantes et profondes, à tel point qu'on va complètement oublier que le but, c'était d'expliquer cette agada. C'est-à-dire que c'est moi qui vais, c'est mon rôle, de vous le rappeler.
À la fin du chapitre,... mais cela veut dire qu'en attendant il va partir sur d'autres questions. C'est une énorme sortie, il va sortir complètement du fil de sa préface. D'ailleurs, à la fin du chapitre Zayin, donc là, en fait, on va commencer le chapitre Vav et le chapitre Zayin, le 6 et le 7, et à la fin du chapitre 7 seulement, on aura une réponse sur cette agada. Et d'ailleurs, juste après avoir donné la réponse, il va dire: « Nous sommes déjà trop sortis de notre sujet. »
Il le dit lui-même: c'est vraiment une grosse sortie. On va voir tout de suite de quoi vont parler ces chapitres. Ce sont les questions les plus basiques, en vérité, c'est-à-dire: quel est le but de l'homme ?
Finalement, c'est de cela qu'il va parler tout de suite. Et en fait, il va répondre à cette question. Et à la fin de toute sa présentation un peu philosophique, il va dire: « Et donc, c'est pour cela que lorsqu'on dit que Dieu n'a dans son monde que quatre coudées de halakha, c'est ce que cela veut dire. » Je vous fais un partage d'écran tout de suite. Donc, on commence le Pérek Vav. Il dit ceci.
Donc, sache que les Kadmonim, c'est-à-dire ceux qui nous ont précédés, alors ici, ce ne sont pas seulement les sages d'Israël, ce sont aussi les philosophes des nations, qui sont aussi bien les philosophes comme Aristote que les philosophes arabes du temps du Rambam. Ils ont donc cherché une question niflaa. Niflaa, on le traduit en hébreu moderne par « magnifique », mais ici, c'est dans le sens d'une grande question existentielle.
Ils sont arrivés à la conclusion, donc ces Kadmonim, ces philosophes, ces penseurs, que chaque chose qui existe a forcément un but, un but à son existence. Et « ein davar she-ein lo tachlit »... « Shumdavar Shemiti Uto Lebatala »: il n'y a rien qui existe pour rien. C'est un axiome de base que le rabbin prend ici, et qu'il ne va pas lui-même prouver. En vérité, il accepte les preuves, on va dire les réflexions des philosophes qui l'ont précédé, pour arriver à la conclusion qu'il n'y a rien dans ce monde qui soit créé, alors on va dire par la nature si on n'est pas croyant, ou par Dieu si on est croyant. Mais en tout cas, il n'y a rien qui existe sans aucun but: il y a forcément un but à l'existence de quelque chose.
Donc, une fois qu'ils sont arrivés à cet axiome-là, qu'il n'y a rien qui existe pour rien, ils ont naturellement voulu connaître le but de chaque chose. Donc ils ont demandé, par exemple: quel est le but de l'herbe ? Quel est le but de cet arbre ? Quel est le but du bois ? Etc. Bien entendu, pour arriver à la fin: quel est le but de l'homme ?
Alors bien entendu, on ne parle pas ici des choses qui sont... Mais l'achouti, cela veut dire artificiel, c'est-à-dire construit par la main de l'homme. Pourquoi ? Parce que quelque chose qui est construit par la main de l'homme, forcément celui qui l'a construit, le concepteur de cette chose-là, avait un but dans la tête. Et donc ce but-là, il n'y a pas besoin de commencer à réfléchir et à calculer pour connaître son but. Il suffit de demander à celui qui l'a construit, à celui qui l'a conçu: pourquoi as-tu fait cela ? Quel est le rôle de cette chose ? Et on le saura.
Il donne tout de suite un exemple: le Massor. Le Massor, c'est une scie. Pourquoi celui qui a inventé la scie, qu'avait-il dans la tête ? Il s'est dit: j'ai envie de couper des arbres. Comment est-ce que je peux scier des arbres ? Et donc il a réfléchi, il a inventé un outil qui s'appelle la scie. Au début, il s'est dit: j'ai envie de couper des arbres. Il a commencé à réfléchir à quel genre d'outil pouvait lui servir à faire cela, et il a commencé à le fabriquer concrètement pour pouvoir...
Et donc on sait tout de suite que le but, le tachlit, on va utiliser le mot tachlit, qui veut dire, c'est un peu plus que le but, on va dire. C'est peut-être le sens de l'existence. En tout cas, le tachlit de la scie, c'est de scier. Très bien.
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Ce cours fait aussi partie des séries « Introduction au Rambam (Rav Raphaël Kohane, 2020-2021) », « Toutes les vidéos d'Orot veKelim ».
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