Messilat Yecharim chapitre 19 : la hassidout dans la vie concrète
Faire plus que la halakha exige : le repas pour sa femme, le prêt plutôt que le don, et le souci du bien-être de l'autre.
Rav Eytan Fiszon
Ensuite : Les trois parties de la Hassidout selon Mesilat Yécharim, 17 min
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Bonjour à tous. Et on revient dans notre étude de Messilat Yécharim. Nous sommes arrivés au chapitre 19, et le chapitre 9, c'est. Nous sommes donc entrés dans cette dimension qui s'appelle la hassidout. On y est rentrés depuis longtemps, puisque le Ramhal, comme on s'en souvient, a plusieurs dimensions dans son livre de Messilat Yécharim. Les douze premiers chapitres pourraient être
Et ensuite, à partir du chapitre 13, nous rentrons dans la dimension de la hassidout. Pour la hassidout, il y avait d'abord la dimension de perichout, ensuite de tahara, et maintenant la hassidout. Nous avions expliqué dans le chapitre 18 quelles étaient, on va dire, les bases de ce que représente la hassidout, à savoir qu'on pourrait la résumer en disant: faire plus que ce qui nous a été demandé, plus que ce qui nous a été ordonné.
Mais la hassidout est quelque chose de très, très compliqué, parce que, dans la mesure où je n'ai pas de Choulhan Aroukh de la hassidout, je peux me tromper et décider de faire des choses en plus qui ne sont pas bonnes. C'est pour cela que la dimension de hassidout est une dimension qu'il va falloir expliquer longuement. Et le chapitre 19 est peut-être l'un des plus longs chapitres, si ce n'est le plus long chapitre du livre de Messilat Yécharim. Allons-y.
Alors voilà, on apprend tout de suite que, maintenant, être hassid, cela se passe sur trois niveaux, trois plans. Il y a d'abord le niveau de l'action: comment j'agis. Non seulement j'agis, mais, j'allais dire, comment j'agis, c'est-à-dire quelles sont les intentions et comment je le fais concrètement. Et enfin.
Je vais prendre un exemple tout simple. Je suis en train de faire un dîner pour ma femme. L'idée, c'est de faire un dîner pour elle. Elle ne me l'a pas demandé. Ça peut lui faire du bien: elle a une grande journée, et d'habitude, c'est elle qui me fait à manger. Je me suis dit: tiens, je vais lui faire plaisir. Donc, ça va assez loin.
C'est-à-dire qu'elle va arriver à la maison et elle va voir le plat dressé, la table dressée, tout ça. Voilà, pied sous la table. Oh, il a fait ! Il a fait un meurtre. C'est ofen assia, c'est-à-dire que je lui ai amené un plat sur la table, mais peut-être que je l'ai commandé. Je n'ai rien fait: j'ai juste déposé le plat sur la table. En fait, ce n'est pas moi qui l'ai cuisiné. Donc il y a aussi une hassidout dans ofen assia.
Et enfin, la kavana. Disons que je n'ai pas commandé, c'est moi qui ai fait. Mais est-ce que j'ai fait pour me faire plaisir, et j'ai cuisiné des choses que moi j'aime, ou des choses qu'elle aime ? Et ainsi de suite. Donc il y a trois dimensions: la façon dont on le fait. Le simple fait de faire des choses en plus. Il est lui aussi divisé, séparé en deux parties.
Il y a deux dimensions: ma relation avec Dieu et ma relation avec les hommes, avec mon prochain. Donc, on a dit: pour bien comprendre la hassidout, il faut rentrer en profondeur. Allons-y. La partie…
…qu'il y a dans le maassé atsmo. La partie première, c'est le maassé que l'homme a à faire. Et l'idée, c'est qu'il y a toutes les mitsvot, dans tous les petits morceaux, jusqu'à ce qu'il y ait la main de l'homme. Et celles-ci, que nos maîtres ont appelées. Et ils nous ont dit, à partir de la Soucca, que les mitsvot suivent.
La première dimension de la hassidout, dans le maassé de l'homme, c'est de faire ce qu'on appelle chiare mitsvot.
Mais qu'est-ce que chiare mitsvot ? Il est évident qu'on ne parle pas ici de ha-choulhan aroukh et de la mitsva elle-même. Faire ce que la mitsva demande dans tous les détails pratiques de la halakha, ce n'est pas la hassidout. C'est la nekiout, c'est-à-dire, pour être tsadik, faire ce qu'il faut faire. Donc, quelqu'un qui fait tous les détails pratiques de la halakha pour être quitte de la mitsva, il n'y a rien de hassid là-dedans. Et il n'y a rien de facultatif non plus là-dedans. Faire tous les détails pratiques de la halakha, c'est obligatoire.
C'est-à-dire ? Le Ramhal nous dit: ce n'est pas de cela qu'on parle. Moi, je te parle de chiare mitsvot. Une fois que j'ai fait toutes les dimensions de la halakha, j'ai fait, alors arrive la hassidout, qui est chiare mitsvot. C'est-à-dire que, si je ne fais pas ces chiare mitsvot, j'ai quand même la mitsva à 100 %. Mais j'ai envie d'aller à 120 %, à 150 %.
Alors, qu'est-ce que ça pourrait être ? On a donné un exemple la dernière fois, je reprends le même exemple parce que, à mon avis, il est bien. Là, la halakha m'a permis, dans le choix de mon étrog, d'avoir, allez, deux taches, trois taches. On ne va pas entrer dans le débat halakhique. Eh bien, moi, je n'ai pas été prendre un étrog à quatre taches, parce qu'à ce moment-là il n'est pas casher. Mais je ne me suis pas contenté d'un étrog à trois taches ou à deux taches casher: j'ai été chercher un étrog qui n'a pas du tout de taches. Ça m'a pris trois jours en plus. J'ai fait tous les magasins de étrogim. Et au final, j'ai mon étrog qui n'a pas de taches du tout. Parce que je ne suis pas obligé de le faire, mais je le fais quand même.
C'est-à-dire que, et nos sages nous l'ont dit dans le traité de Soucca, la halakha: c'est ce qu'on demande au peuple juif. On ne peut pas imposer au peuple juif de faire chiare mitsvot. C'est caché. Mais celui qui est à ce niveau-là, il a passé trois jours pour s'en être heureux. Il aurait pu en passer cinq. Donc ça, c'est la première dimension de la hassidout.
La deuxième dimension, c'est bein adam lé-havéro, c'est-à-dire la relation entre l'homme et son prochain, au niveau du maassé. Là aussi, cela se subdivise en plein de catégories. Qu'est-ce que la hassidout au niveau du maassé ? Eh bien, on va quantifier, entre guillemets, combien je lui fais du bien, et surtout: est-ce que j'ai été capable de ne pas lui faire du mal ? Et ça, on va pouvoir le vérifier dans trois domaines.
Dans son corps, dans sa vitalité physique; dans son gagne-pain, au niveau de sa parnassa; et dans son esprit, au niveau de sa spiritualité.
Donc ça, c'est la hassidout au niveau de bein adam lé-havéro. Autant que possible, être capable non seulement de ne pas lui porter atteinte, mais de l'aider s'il a besoin. Alors là, attention, comprenons bien: il ne s'agit pas, là encore une fois, de ce que je suis obligé de faire. Prenons par exemple ce verset que nous connaissons bien.
Si je me retrouve devant une situation où je vois mon prochain dans le besoin, ce n'est pas de la hassidout que d'aller …
Cours de la chaîne YouTube d'Orot veKelim
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