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Pourim, le printemps de la Gueoula et l'aube qui précède le soleil

Pourim précède Pessa'h comme l'aube précède le soleil : remercier dès maintenant pour une délivrance déjà commencée.

1 h 03

Rav Élie Kling

Ensuite : Le petit homme aux cuisses brûlées dans le Talmud, 1 h 23

Début du cours (texte)

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Bonjour à toutes et à tous, on est très contents de se retrouver sur l'île mode pour un cours exceptionnel avec le Rav Élie Kling. On va parler de Pourim, mais attention, c'est un titre qui décoiffe: « Le printemps, une valse à trois temps ». Pas une valise, une valse. Pas une valse, une valse, mais je suis fatigué, moi. Le printemps, une valse à trois temps.

Hashtag Vivaldi. Vous allez voir comment c'est relié à Vivaldi, je suis sûr qu'il va trouver le lien. En tout cas, tout ça, en plus, c'est relié à Pourim. Donc on va voir de quoi il s'agit. Békhava d'Arafli.

Donc il ne faut pas s'attendre à ce qu'il y ait obligatoirement un rapport. Mais enfin, on va y aller quand même. Oui, parce que le printemps, figurez-vous, il a trois temps, comme la valse. Il a trois temps parce qu'il y a le vrai printemps, il y a le faux printemps, et il y a celui qui est encore plus annonciateur mais qui n'est pas vraiment un printemps. De quoi je parle ?

Je parle, vous le savez, je crois qu'on en avait déjà parlé un petit peu. Il y a en fait trois fêtes qui se suivent dans le calendrier, avec un mois d'intervalle à chaque fois. Le dernier étant le 15 du mois de Nissan, c'est-à-dire Pessa'h. Pessa'h, c'est vraiment le printemps. Tu sors dans la rue, tu vois le printemps. Tu entends les oiseaux gazouiller, tu vois les fleurs fleurir. Enfin, tu vois que c'est le printemps, quoi.

Mais ça, c'est Pessa'h. Et Pessa'h, c'est un printemps qui est écrit dans la nature. Pas besoin de commentateur, pas besoin de… Pardon ? Quelqu'un a parlé ? Quelqu'un a dit quelque chose ?

— On a dit qu'en ce moment, on ne sait pas si c'est le printemps ou si c'est l'hiver à Yerouchalaïm. Tous les jours, ça change.

— Ah oui, oui. Bah oui, parce qu'on n'est pas encore à Pessa'h. À Pessa'h, il n'y aura plus du tout d'hésitation ni de questions, justement. C'est exactement ce que je suis en train de dire: quand tu sors à Pessa'h dans les rues, tu vois bien que c'est le printemps. Le printemps est écrit dans la nature elle-même. Il n'y a pas de nécessité d'avoir une deuxième lecture, d'essayer de comprendre des allusions. Non. Tu vois que c'est le printemps. Et d'ailleurs, ceux qui sont allergiques au printemps le sentent bien, chaque année, au 15 du mois de Nissan. Moi, j'étais allergique aussi au pollen, vous savez, pendant longtemps. Et c'est marrant: depuis que j'ai fait mon Aliyah, c'est parti. C'est très intéressant.

C'est-à-dire que j'ai fait mon Aliyah dans un petit village en pleine nature, où le printemps est encore plus tangible qu'en ville, et au bout de deux ans, je n'avais plus d'allergies du tout. Sans doute que notre nature elle-même s'habitue à la nature, tout simplement. En tout cas, c'est le cas d'Israël. Et d'ailleurs, le cas d'Israël: que ce soit le printemps, c'est écrit non seulement dans la nature, mais c'est écrit également dans la Torah, puisque, comme vous le savez, la Torah précise non seulement la date de Pessa'h, le 15 Nissan, mais elle nous dit B'chodesh Aviv, c'est le mois du printemps.

Et c'est important, évidemment, pour la Torah de préciser que c'est le mois du printemps, puisque notre calendrier est avant tout lunaire. Si on n'avait pas précisé que Pessa'h doit être au printemps, on aurait très bien pu se retrouver comme nos voisins musulmans, qui ont également un calendrier lunaire et qui, par définition, ne sont pas du tout liés aux saisons, ce qui fait que le Ramadan peut tomber une fois au printemps, une fois en été, une fois en hiver. Ça n'a absolument aucune espèce d'importance, puisque c'est en fonction de la lune et pas en fonction du soleil.

Alors, si nous qui avons un calendrier lunaire, on nous dit: attention, il ne faut pas que la fête de Pessa'h quitte le printemps, ça veut dire qu'on est obligé de faire les pieds et les mains pour que ce soit juste. Et ce qu'on fait, comme vous le savez, c'est qu'on ajoute de temps en temps un treizième mois, afin de rattraper l'année solaire par rapport à l'année lunaire, qui a, comme vous le savez, onze jours de moins. C'est-à-dire que l'année solaire, le temps que met la Terre

à tourner autour du Soleil, c'est trois cent soixante-cinq jours. Et douze lunaisons, ça fait trois cent cinquante-quatre jours, donc onze jours de moins. C'est justement ça qui fait que, si on n'ajoutait pas un mois régulièrement, chaque année Pessa'h serait onze jours plus tôt que l'année précédente. Au bout de deux ans, on aurait déjà vingt-deux jours de décalage. Au bout de trois ans, trente-trois jours, donc déjà un mois, ce qui fait qu'on ne serait déjà plus au printemps, on serait un petit peu avant. Au bout de

quelque temps, on se retrouverait en plein hiver, etc.

Donc on est obligé de rajouter. On a fait des calculs savants pour savoir combien il faut rajouter. On ne peut pas rajouter tous les deux ans, parce que ça ferait trop, mais on ne peut pas non plus rajouter tous les trois ans, parce que ça ferait trop peu. Finalement, on s'est aperçu qu'en rajoutant sept fois un mois en plus tous les cycles de dix-neuf ans, on arrive plus ou moins à régler le problème. Pas exactement, mais grâce au fait que chez nous, des mois sont parfois pleins et parfois, qu'on appelle pas pleins, c'est-à-dire avec un jour de moins, on arrange les choses: de temps en temps, quand il faut, on rajoute une journée à un des mois, pas chaque année, et finalement on s'en sort. Et Pessa'h ne tombe ni en hiver ni en été, il reste au printemps.

Vous voyez que c'est un peu compliqué. C'est pour ça que notre calendrier est un peu compliqué, en effet. Mais si vous demandez à un goy combien il y a de jours dans l'année, il vous dira 365 jours. Si vous demandez à un Juif combien il y a de jours dans l'année, il vous donnera six réponses différentes, et toutes les six seront justes, parce qu'on a justement ce décalage à rattraper, ce qui fait que nos années n'ont pas toutes, loin de là, le même nombre de jours.

Bref, tout ça pour vous dire que le 15 Nissan, c'est non seulement l'anniversaire de la sortie d'Égypte, mais c'est également le printemps. Il fallait que ce soit au printemps, parce qu'il fallait que l'histoire d'Israël corresponde à la nature. Nous sommes ancrés dans la nature, nous ne sommes pas séparés de la nature. Il fallait absolument que le printemps, avec le renouveau du peuple hébreu, tombe au moment du renouveau de la nature. Tout ça, vous le savez: c'est le 15 Nissan.

Et un mois avant le 15 Nissan, nous avons le 15 Adar. Et le 15 Adar, c'est Pourim. Oui, parce que le 14 Adar, c'est vrai qu'on célèbre Pourim un peu partout dans le monde, mais, …

Cours de la chaîne YouTube du Rav Élie Kling

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